Partagez | 
 

 ANIMATION ▬ Commémoration.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
- NO DATA -
avatar Masculin Messages : 220
Coincé depuis le : 12/09/2011



DOSSIER
Nombre de décès  :
Circonstances des décès  :
Métier  :

MessageSujet: ANIMATION ▬ Commémoration.   Sam 17 Jan 2015, 00:06

Animation
Alors que tout le monde descend peu à peu du train, la marche tranquille et relativement courte vers le Champ des Lamentations commence. Les murmures de la foule vous bercent de droite comme de gauche, ponctuant de rires ou de sanglots le début de cette veillée. Parmi les Âmes présentes, l'on peut apercevoir quelques Daemon ayant décidé de suivre la marche ; plutôt rares, ce sont pour une fois eux qui se dissimulent dans la masse compacte d'uniformes et de silhouettes parfaitement banales.
La tête de file, menée par Kharon et Styx, arrive enfin en vue des puits. Ce jour-là, silence ; pas un bruit n'en provient. Ça parait presque irréel pour quiconque a déjà visité l'endroit.

Mais trêve de bavardages. Il est temps de faire ses hommages, à présent.

• Formalités

▬ Vous êtes libres de faire le nombre de mots que vous souhaitez.

▬ Si vous avez la moindre question sur l'environnement ou le décor, n'hésitez pas à MP Aether pour plus de précisions.

▬ Vous pouvez ne faire qu'un unique RP décrivant ce que votre personnage pense et/ou fait tout comme les faire interagir entre eux ; le choix reste le vôtre.

▬ Vous pouvez commencer les deux parties de l'Animation en même temps, mais veillez à rester cohérent.

▬ Les Daemon ne sont pas obligés de poster ici.

▬ Tous les Gardes sont présents. Personne ne peut repartir en train avant que le signal du départ n'ait été donné. Avant de venir ici, il y a eu un rassemblement devant les quais pour faire embarquer tout le monde.

▬ Amusez vous bien ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beforeisleep.forumactif.fr
- C 02 061968 30 04 C -
avatar Masculin Pseudo : Dayday

Messages : 400
Coincé depuis le : 14/06/2014



DOSSIER
Nombre de décès  :
Circonstances des décès  :
Métier  : Aventurier.

MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Sam 17 Jan 2015, 12:34

[ HRP : J'ouvre avec un post moche, hohoho. /pleure/ ]

Guidé par les Gardes, les âmes se pressèrent en écumes bien sages à travers le Champ des Lamentations, lieu de rendez-vous premier des « festivités ». Macario avait la boule au ventre, et les fleurs en mains. Seul, s’étant obligé à ne pas faire subir sa mauvaise humeur à ses proches connaissances, il l’avait été toute la journée jusqu’alors. Errant, perdu dans ses pensées sombres et inatteignables. Mais il fallait qu’il se ressaisisse. Qu’il retrouve cette bonne humeur et chasse les trous de ses souvenirs qui l’embêtaient tant. Au moins pour la suite de la fête, à la soirée où il ferait des échanges de cadeaux … Dont le sien se trouvait d’ailleurs dans son sac en toile.
Ses yeux marron suivant le mouvement, marchant lentement à la suite de quelques personnes qu’il ne connaissait pas, Macario prit une grande inspiration. Allez, allez … Rester comme ça ne le ressemblait pas, il n’y tenait pas … Surtout que, les fêtes des morts, ça le connaissait ; faisant bouillonner en lui le sang de ses ancêtres, et ce même s’il était incapable de leur mettre nom ou visage. Día de los Muertos. Ses traditions étaient ancrées en lui, c’était bien la seule chose à laquelle il pouvait se raccrocher sans crainte. Certes, le déroulement de la soirée était relativement différent des idées du mexicain, plus axée vers la mélancolie que les réjouissances mais … Bah ! C’était mieux que rien. Voilà, il faut s’accrocher.

Cela ne faisait pas si longtemps que Macario avait atterri à Asphodèle. Qu’on lui avait appris qu’il était mort. Comme tous ces gens autour de lui, dans leurs uniformes noir et blanc. Est-ce qu’il s’était habitué à l’idée et était prêt à embrasser sa nouvelle existence ? Pas vraiment. Le jeune homme était perdu, au fond, totalement désarmé. Comment réagir ? Que penser ? Est-ce que tout cela pouvait juste être vrai ?
Arrivé à destination, chacun bifurqua et se choisit un puits où il alla se recueillir, poser ses fleurs, rejoindre des amis. Macario décida de continuer un peu plus loin, où il y aurait moins de monde (de toute façon, il y aurait bien assez de puits pour tout le monde), jetant de temps en temps quelques coups d’œil au cas où il reconnaitrait la chevelure de quelqu’un … Mais non.
Le jeune homme s’arrêta finalement devant une structure où trônaient déjà quelques bouquets, entouré de quelques individus les mains jointes et les yeux clos. Il les avisa un instant, les saluant poliment de la tête alors même qu’il savait qu’ils ne le regardaient pas, puis déposa ses propres fleurs aux côtés des autres.

Et maintenant ? Macario ôta sa casquette et la posa contre sa poitrine.
A qui devait-il adresser des pensées ? Sa famille oubliée ? Ceux dont les noms s’imposaient en lui ? Coraline ?

___________________________________________________

• • • #820F02
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Jeu 22 Jan 2015, 16:44


Au sortir du train, Aaron Welle, une jeune femme anonyme de tous et même presque d'elle-même, fit un arrêt et un point sur sa situation. Sans poser de question, elle avait suivi le mouvement et était montée dans une locomotive étrange qui la menait Dieu savait où. Ou pas : un quelconque Dieu n'en savait rien, en fait. Elle avait quitté son logement, vêtue de son uniforme et portant un petit sac où se trouvaient un cadeau joliment emballé et un bouquet d'iris blancs. Et elle avait suivi.

Bof, au point où nous en sommes, continuons à faire comme si tout était normal, se dit-elle avant d’emboîter le pas à la foule. Elle avisa un jeune homme, grand, à la peau basanée, aux cheveux noirs sous une casquette verte ; il semblait lui aussi un peu perdu. La femme rousse le suivit et arriva à son tour dans un vaste champ où des puits semblaient avoir poussé comme des champignons. C'était donc cela, le Champ des Lamentations. Elle avait cru comprendre que les morts venaient ici rendre hommage aux vivants, comme une parodie lugubre de la fête de la Toussaint sur terre.

Là, ça se compliquait. Vers qui diriger ses pensées quand on a oublié jusqu'à son nom? Perdue dans ses pensées, Aaron sursauta quand une silhouette passa à droite de son champ de vision : un homme grand au cheveux ébouriffés, en costard chiffonné. Elle se lança aussitôt à la poursuite de l'ombre connue, bousculant quelques personnes, mais bientôt elle perdit de vue sa proie. Ses pas l'avait menée devant un puits où se recueillaient déjà quelques Âmes défuntes. Aaron prit son bouquet de fleurs, se demandant quelle expression il convenait d'afficher... Sur terre, la mort c'est triste, on pleure parce que les gens meurent. Mais là, c'est eux qui étaient morts... Fallait-il se réjouir pour ceux qui étaient encore en-bas ?

- Ça dépend si les vivants te manquent... lança une voix goguenarde près de son oreille. "Mais même quand tu étais vivante, je doute que quiconque t'ai manqué..."

Il était là, le gars fantôme que personne ne voyait à part elle, ce gars insupportable à la fois là et pas là, à la fois familier et inconnu, à la fois rassurant et troublant. Ses yeux bleus paraissaient se moquer de la pauvre femme.

- Dégage de là, Abel, répondit Aaron dans un murmure pour que personne ne l'entendît parler seule. Je ne sais pas comment tu es arrivé là, mais laisse-moi.

- Allons, ma chère. C'est à cause de toi que je suis là. Vas-y, penses aux vivants, pour voir, toi qui n'a pas été fichue de leur prêter attention avant de mourir. A part moi, à qui as-tu jamais été attachée ? Enlil, peut-être. Madeleine ? Michael ?

Avec un coup au cœur, Aaron se rendit compte que ce type, en l'état actuel des choses, en savait plus qu'elle de son passé. Elle prit peur. Fermant les yeux avec fureur, elle se fit violence pour penser à autre chose. Alors, pour fuir, elle se récita des vers comme venus d'une autre réalité. « La chair est triste, hélas ! Et j'ai lu tous les livres... »
Revenir en haut Aller en bas
- A 10 102004 74 00 A -
avatar Féminin Pseudo : Never.

Messages : 128
Coincé depuis le : 15/07/2014



DOSSIER
Nombre de décès  : 0.
Circonstances des décès  :
Métier  : Chômeuse hardcore.

MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Lun 26 Jan 2015, 20:41

Amal l'avait voulue, cette veillée ; mais maintenant qu'elle se penchait par-dessus le puits, fleurs en mains, cherchant quelque chose qu'elle ne connaissait pas et qu'elle ne risquait pas de trouver, elle se demandait si ça avait été une si bonne idée que ça, en fin de compte.
Ses phalanges se contractèrent, blanchirent, et relâchèrent les tiges avec un discret soupir.

L'idée de mort la mettait toujours mal à l'aise, et pourtant elle ne l'avait plus rejetée depuis qu'on l'avait confortée, assurée de la véracité de sa situation. Qu'importe ses protestations auxquels les gardes restaient désespérément sourds, sortir d'ici n'était pas non plus une option – elle avait la désagréable impression d'être retenue en otage contre son gré. D'ordinaire, l'étau n'était pas assez fort pour l'empêcher de déglutir, mais , il l'était. Même ses bras, comme faits de pierre, refusaient de déposer ces satanées fleurs sur ce maudit puits. Elle en avait vu certains émietter des pétales pour pouvoir les lancer à travers le grillage, et l'envie féroce de forcer son propre bouquet à travers les trous la prit un bref instant. Tout autour d'elle, on se recueillait et fermait les yeux, mains jointes ou posée contre le cœur, certains dans des positions qu'elle n'avait jamais vu de son vivant. Combien de prières pour autant de morts ? Amal fit la grimace, hésita, puis posa finalement son bouquet sur le puits. Sans un mot, ni un bruit, sage comme ils voulaient certainement qu'elle le soit. Allez, pour une fois.

Ses doigts s'emmêlèrent piteusement et elle souffla une imprécation étouffée. Puisque que quelques bribes de conversation lui parvenaient, elle se permit de détourner la tête pour chercher un visage connu. La pauvre n'arrivait pas à savoir si le voile qui recouvrait ses cheveux la cachait ou, au contraire, la rendait visible à ses connaissances. Il lui sembla apercevoir des traits familiers à quelques pas de là, mais ses jambes ne suivirent pas ses pensées. Recueille-toi d'abord, tu pourras parler ensuite. Avait-elle seulement le droit de parler, ici ?
Et par-dessus tout, à qui adresser ses pensées ?  Elle en avait tant, et pas une seule ne lui semblait appropriée. Coupable, elle poussa le bouquet vers le côté, yeux clôt, et balbutia quelques phrases sans sens ni importance.

Un j'espère que vous allez bien n'avait jamais sonné aussi hypocrite sur sa langue.

___________________________________________________


A part ça la vie est belle, je n'y comprends rien:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
- S 31 092285 74 16 C -
avatar Masculin Pseudo : Sköll.

Messages : 217
Coincé depuis le : 05/08/2014



DOSSIER
Nombre de décès  : 0
Circonstances des décès  :
Métier  : Technicien au théâtre.

MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Mar 27 Jan 2015, 10:58

Une coulée de gravier sous ses pieds émit un crissement désagréable.
Delhan grimaça, plongea une main dans sa poche et jeta un regard noir au clown cornu le plus proche. N’eût été le gros machin qu’il tenait dans les mains et qui, s’il n’avait pas l’air capable de cracher une volée de plombs fumants, paraissait en revanche tout à fait disposé à sectionner tout protestataire en deux d’un coup sec, il se serait fait la malle depuis longtemps.
Notamment parce qu’il ne savait pas bien ce qu’il foutait là, à vrai dire. A traîner les pieds dans la poussière sur une lande aussi plate que grise, avec sur le dos ces fripes froides et impersonnelles et ce gros blanc dans son cerveau, comme si l’une des erreurs de la nature multicolores s’était amusée à lui balancer un marteau dans la figure dans son sommeil. Il n’avait pas eu l’occasion de réfléchir à grand-chose depuis que l’autre cinglé l’avait tiré sans ménagement de la pièce blanche et jeté dans les mains des bureaucrates qui s’étaient scrupuleusement appliqués à lui balancer un numéro quelconque à la gueule, avant de se rappeler que oh, c’est la fête aujourd’hui, on est en retard !
Et pour cause. C’était la fête internationale de l’auto-apitoiement et des lamentations.
S’il avait pu rassembler ses idées un instant, peut-être aurait-il trouvé quelque chose d’intelligent à faire. Balancer une pierre dans la tête d’un de ces fantômes larmoyants, juste pour voir. Par exemple. Mais à priori, c’était le stade où il fallait la fermer, marcher droit et apprivoiser la situation. La faux qui se balançait innocemment derrière lui n’avait pas l’air disposée à discuter sur ce point.
Soit. Fermons-la et marchons.
Réfléchir plus tard lui paraissait plus que jamais une foutue bonne idée. Bienvenue, messieurs les décédés.

Alors que la file encadrée par les plantons à cornes s’éparpillait dans ce qui paraissait être un potager que quelqu’un avait eu la flemme de terminer, Delhan resta sur place. Les yeux mi-clos, il promena un regard indolent sur ceux qui fondaient en larmes dans un coin ou échangeaient des murmures affligés. C’était décidément plus gai dans un cimetière.
Oh, une minute. Cet humour.
Avec un haussement d’épaules sans but, le jeune homme tenta vaguement de faire le tri entre ceux qui sanglotaient sur leur sort, ceux qui suppliaient qu’on les laisse partir et ceux qui préféraient croiser les doigts pour que leurs proches les rejoignent vite – de préférence par l’opération rapide et efficace d’une soirée trop arrosée ou d’une cellule cancéreuse en quête d’aventure. Sans compter la proportion non négligeable de ceux qui entamaient le lent et infini décompte de tout ce en quoi la vie allait leur manquer ; ou faisaient le noble choix de prier pour autrui, à défaut de pouvoir faire quoi que ce soit pour eux-mêmes. A vue d’œil, c’était difficile de les distinguer les uns des autres. Sans doute parce que la plupart s’appliquaient à faire tout ça en même temps.
Delhan nota que personne n’avait pensé à amener de mouchoirs. Comme quoi la mort n’améliorait pas le potentiel intellectuel des gens.
Un soupir franchit ses lèvres gercées, dirigé vers le ciel tout gris. Il aurait tué pour une cigarette. Ou un manteau. Il ne parvenait plus à se faire au froid.
Et là, tout en lui lui semblait geler.

___________________________________________________


#3B4C4E
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Mer 28 Jan 2015, 02:25

Il avance. Bottines lustrées et uniforme soigneusement repassé. Le voyage en train avait été rapide. Il était resté droit Milo. Droit dans ses bottes jusqu'à la descente. Et même quand ça tanguait. Même quand ça tremblait. Il était resté droit. Fier. Solennel. Il avait pas pipé un mot Milo. Même pas une phrase. Rien. C'était inutile. Il préférait les garder pour ceux qui restes. Ceux qui sont encore là sur terre à pleurer. Ou à rire. Il sait plus trop Milo. Il sait pas si quelqu'un avait pu se recueillir. Pour lui. Pour Bill. Sa paupière vibre. Nerveusement. Bill sait. S'agite. Il tremble de fureur. C'est jour de fête au cimetière. On célèbre la vie comme les vivants ritualisent la mort. Deux bouquets dans ses bras. Un pour Milo. L'autre pour Bill. Ça lui parait important. Très important. Il avance lentement. Le coeur battant. Premier anniversaire sur Asphodèle. Souffle donc tes bougies. Ricane Bill. Il se pince les lèvres. Chasse le sarcasme. C'est son tour. Leur tour. Il fait claquer ses bottes. Kepi sous le bras. Pose l'index et le majeur contre sa poitrine. Le salut de la coalition.
- Courage.


Il ne sait pas à qui cela s'adresse. Et. Au fond. Peu importe. Il dépose ses bouquets et s'éloigne. Un sourire serein sur les lèvres.
Revenir en haut Aller en bas
- D 00 092012 36 04 D -
- D 00 092012 36 04 D -
avatar
Féminin Pseudo : Nii'

Messages : 86
Coincé depuis le : 15/07/2014



DOSSIER
Nombre de décès  : 0
Circonstances des décès  :
Métier  : Aucun

MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Mer 28 Jan 2015, 15:38

De mémoire – qu'elle avait mauvaise, depuis son... Malheureux et prématuré trépas – Hilde n'avait jamais été douée pour se tenir tranquille ou se recueillir en silence. Elle avait assisté à quelques enterrements, souvent pour des personnes qu'elle connaissait à peine, et à chaque fois ç'avait été la même mascarade ; qu'elle ait cinq ou quinze ans, il avait fallu qu'elle se fasse violence pour ne pas se mettre à rire nerveusement, essayer de changer de sujet ou faire l'imbécile. C'était uniquement pour alléger l'atmosphère, pourtant. Pour chasser de ses épaules le poids d'une réalité qu'elle n'arriverait jamais à porter. La mort lui avait toujours, toujours fait peur. C'était terrifiant, non ? De se dire qu'un jour tout serait fini, qu'il n'y aurait plus rien, plus de rires, plus de larmes, plus de plaisir et plus de drames – plus de Hilde. Le néant lui était impossible à appréhender. Elle ne comprenait la vie que par la vie ; l'absence de, ça n'avait aucun sens. C'était impossible. Et en cela, à Asphodèle, elle avait été servie : si on ne lui avait pas menti et qu'elle était bel et bien morte, alors cette façon d'exister dans l'après-vie lui convenait parfaitement. Ça se mariait à merveille avec ses croyances sur un autre monde quel qu'il soit, qu'elle avait toujours imaginé de façon extrêmement vague de toute façon.
Seulement là, debout au milieu des autres, un gros bouquet multicolore coincé dans sa main droite, elle ne savait plus trop où elle en était.
Il fallait dire que c'était la première fois qu'elle assistait à un tel événement : alors si ça paraissait aussi naturel que la fête des mères pour certains Commoti ou Quieti, pour elle, c'était la grande découverte. Elle qui n'avait que trop peu bougé de la ville en elle-même avait eu l'occasion de découvrir gaiement le train, ainsi que ce drôle de champ troué d'elle-ne-savait-combien de puits – ou du moins, si ça n'en était pas, ça y ressemblait drôlement. Loin de se douter que ce lieu était d'habitude évité parce que sérieusement glauque et inquiétant, elle tapa des pieds contre le sol avec l'impatience qui lui était propre. Fallait poser ses fleurs, non ?

Avisant une chevelure rougeoyante qui ne lui était à priori pas inconnue, elle avança rapidement jusqu'à l'avoir rejointe. Une fois près d'elle, elle prit un temps pour poser son bouquet correctement sur la grille ; joignit ses mains en signe de prière et, un bref instant, adressa à ses proches toutes les pensées qu'elle avait jusque là gardées pour elle. Des « est-ce que ça va » au « occupez vous bien de mon hamster », tout y passa en quelques secondes seulement. Comme un robinet qu'on ouvre et qu'on referme.
Une fois ses yeux rouverts et ses  bras tombés de chaque côté de son corps, elle se tourna vers sa voisine.

« Ça va ? »

Hors RP :
 

___________________________________________________


« There was something about you that sparked a tiny fire inside my heart ;
By the time it burst into flames, I knew my world was torn apart.
Trying to catch my thoughts but they flew from me just like a butterfly -
And when it finally settled, I saw it landed by your side. »

Going ‘round in circles ‘til my heart is lost :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
- D 00 071996 50 04 D -
avatar Féminin Pseudo : Ayu

Messages : 40
Coincé depuis le : 15/06/2014



MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Lun 02 Fév 2015, 00:13

Elle aurait du se sentir triste, peut-être, ou au moins un peu abattue, ou quelque chose de sentimental, au moins, mais tout ce à quoi Oriana pouvait bien penser, c’est qu’elle avait sacrément froid et que sa voisine avait un bouquet de fleurs énorme.
Elle-même s’était contentée d’un petit bouquet de fleurs blanches et roses, toutefois certains s’étaient franchement fait plaisir sur le coup, sans aucun doute. Tout était gratuit, certes, mais tout de même, Oriana aurait eu peur d’avoir l’air d’abuser sur la condition.

Ca avait un air vraiment macabre, tout cela. Honnêtement, elle ne saisit pas tout à fait la chose. Pour elle, la mort était juste… Voilà. Elle ne comprenait ceux qui sanglotaient, ni même ceux qui adressaient des prières à leur famille, les vivants, sur terre. Ne se souvenant plus de tout cela, elle se sentait peu concernée.
Elle marchait à la suite des autres, discrète et silencieuse, le regard vaguant sur ses voisins et voisines comme à la recherche d’une réaction à copier pour ne pas avoir l’air trop « out ». Enfin, elle ne pensait pas que qui que ce soit fasse même attention à elle, puisque, de toute manière, sa petite taille la faisait convenablement passer inaperçue.

Oriana se contenta d’une expression la plus neutre possible, mains enfoncées dans sa veste, nez dans son écharpe, bien heureuse d’avoir pensé à emmener ses protections, et pourtant, claquant des dents comme jamais. Et puis, finalement, après ce qui lui semblait une éternité, elle pu s’approcher d’un puit, assez pour y poser délicatement son bouquet sur le haut de la grille. Les gens restaient, ils pleuraient, ils priaient, ils parlaient à voix basse et elle…

Elle n’avait pas famille à laquelle penser, pas d’amis, pas une seule personne qui la raccrochait à la terre. Rien, juste une voix, juste de l’eau.

La petite blonde ferma les yeux une seconde avant de s’éloigner à grands pas du puit, rejoignant un groupe de gens ayant déjà terminé leurs prières en tout genre, en retrait.

Une bonne chose de faite, elle supposait, tentant vainement d’empêcher ses dents de claquer.

S’ils devaient attendre que tout le monde soit passé, elle allait surtout choper la mort.

Ahah.

___________________________________________________



#865FA4
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
- S 15 061928 25 06 C -
avatar Masculin Pseudo : Never.

Messages : 101
Coincé depuis le : 15/06/2014



DOSSIER
Nombre de décès  : 2.
Circonstances des décès  :
Métier  : Barman.

MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Lun 02 Fév 2015, 03:23

Le puits à la grille ébréchée ne déversa pas à sa figure son flot de plaintes habituel ; presque surpris, Callum en vint à regretter les lèvres résolument clauses qu'il adressait aux Daemon et aux gardes en particulier. Voilà pourquoi, à peine arrivé, l'atmosphère lui avait semblé si différente. Fleurs et murmures ne faisaient pas tout, ceux-ci étaient muets la pierre.
Comme une tombe, pensa-t-il sans se trouver drôle, les fleurs encore en mains. Impossible de trouver l'instant triste ou d'imiter les soupirs à fendre le cœur qui s'échappaient de temps à autre d'une bouche atterrée, mais le respect et l'impériosité de la tâche lui enlevaient toute force de protester. S'il avait suivi la file en silence et sans faire de vagues, il n'allait pas lutter contre la marée maintenant. Lui aussi aurait aimé, quelque part, qu'on pense à lui et lui offre quelques fleurs ; si les vivants s'affairaient à ne jamais oublier les morts, c'était pour une bonne raison. Lui qui n'avait jamais trouvé ça stupide se sentait encore moins enclin à s'en moquer : et si pour honorer la mémoire, il fallait un échange de fleurs, alors il le ferait. Pour qui ? Tous ceux auxquels il avait tenu, ceux qui n'avaient pas encore rejoint terre ou ciel. La mémoire ne lui faisait défaut qu'à trois ou quatre reprises, et il s'en estimait heureux. Qu'importe le malaise qui l'emportait parfois sur le soulagement, il préférait ça à un néant complet et total. Certains ne se souvenaient de rien, pas même du visage de leurs parents.
Et lui, il avait des traits à évoquer pour mille. Doucement, il posa les fleurs sur la grille, avant de se raviser et les ramener contre lui. Du plat de la main, il vint appuyer sur la fêlure jusqu'à créer un passage suffisamment large pour y passer son bouquet tout entier. Quelques pétales y restèrent, qu'il précipita tour à tour vers l'obscurité. L'absence de bruit continuait à l'intriguer et l'agacer. Il avait promis de se tenir sage pour honorer la mémoire de ceux qui vivaient encore : mais là, la curiosité l'emportait. Oh, je sais bien que c'est un défaut, mais...

Après tout, le respect pour Asphodèle, il ne l'avait pas. De quoi pouvait-il se repentir ? La blessure était là avant qu'il n'y pose les mains, avant même qu'il ne se penche au-dessus de ce puits, quelques jours après son arrivée. C'était il y avait un long moment maintenant, et même cette plaine, il l'avait passée au peigne fin à plusieurs reprises. Il y gargouillait tant de cris qu'il n'y restait jamais longtemps, d'ordinaire. Tous les jours et à toutes les heures, sauf ce soir-là.
Il appuya assez fort pour tenter de percer les entrailles noirâtres qui s'offraient à lui. Évidemment, il ne vit rien. Évidemment, il n'y avait rien.

Pourtant, ils criaient. S'il avait seulement eu le matériel nécessaire pour voir à travers.
Dis-moi, as-tu fait un bruit en touchant le fond ?

___________________________________________________


Yes, I am guilty, but don't misunderstand me:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Mar 03 Fév 2015, 00:54

Oh Bella cao Bella cao. Cao. Cao.

J'inspirais. J'expirais. Pas trop fort. Je retenais mon souffle. Entassée dans les wagons d'un train bondé. Nous y étions serrés. Comme des sardines. Sans raison. Je savais. Je savais pourtant qu'il y avait une sombre histoire de déportation derrière. Pour rien au monde je ne serais montée dans ce machin. RIEN. Autant crever tout de suite que monter là-dedans. C'était pleins d'humain. Et de germes. En plus. La perspective de finir dans un centre obscure et de finir gazé ou irradié ne me tentait pas non plus. Mais on m'avait forcé la main. Punaise. Est-ce que vous saviez que les nazis avaient saponifiés les peaux des cadavres des pauvres gens enfermé dans leur camps de l'enfer pour en faire des savons qu'ils refilaient à ceux encore apte à travailler???

OHC'ESTPASVRAI. MISÈRE DE MISÈRE.
. Nouvelle hyperventilation. Il fallait que je sorte de ce fichu train. Les mains posées devant la bouche pour réguler mon débit d'air je surveillais les portes. Yeux exorbités. J'avisais les gardes qui m'avaient envoyé de force de ce cercueil roulant. Si je n'avais pas autant peur qu'ils me transforment en emmental coeur de meule fruité je me serai jeté par une fenêtre. D'un train en marche. Parfaitement. Hélas. Je ne voulais pas mourir transpercée par une lame non stérilisée. Imaginez un peu que je n'attrape une Infection et qu'il faille amputer ?! J'écrasais régulièrement les pieds de mes camarades d'infortunes potentiellement porteur d'Ebolas tubérculosique gastroentérite. Histoire qu'ils n'empiètent pas dans mon espace vitale que j'avais obtenu en labourant avec application pieds et orteils et en envoyant mes coudes dans des côtes.

Le train s'est arrêté et les portes se sont ouvertes. Avec fracas. Tous s'engouffrèrent dehors. Alors que. Je refusais de sortir. Qu'ils s'amusent donc à balancer des bouquets. Je n'avais aucune envie de participer à cette mascarade. À la place. Je. ... Vais m'improviser révolutionnaire et me tirer de ce pays de timbré. Et prendre le contrôle du train pour le conduire jusqu'aux confins de cet endroit. Ça ne devait pas être compliqué. J'ai lu un article Wikipédia sur la Sncf. Ça fait de moi une presque conductrice experte de train eh.

Je rasais les murs. Avec application La tête coincée dans les cheveux. Ils pouvaient bien dire ce qu'ils voulaient. Je n'étais pas morte. Pas encore.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Ven 06 Fév 2015, 17:18


Inspiration, expiration. Tremblement. Brr, faisait pas chaud dans ce coin-là. Le silence autour d'elle n'était pas pour la réconforter. Inspiration, expiration. Ainsi debout devant son puits, seule, Aaron tentait de se calmer. Sa rencontre avec Abel l'avait passablement inquiétée, de même que la soudaine disparition de l'homme, ou plutôt du fantôme que nul sinon elle ne voyait. Même au royaume des morts, il y avait des fantômes, c'est quand même fort. A croire que lui n'était pas tout à fait mort. A moins qu'il n'ai jamais été tout à fait vivant.

Elle rejeta le souvenir du jeune homme aux yeux bleus-gris loin d'elle. Ne plus y penser. Elle cherchait des pensées à adresser à quelqu'un, mais il fallait bien reconnaître qu'aucun nom ne lui venait à l'esprit. Soudain, une voix la tira de sa torpeur.

- Ça va ?

Aaron leva les yeux vers la jeune fille aux cheveux courts et blonds qui lui avait parlé. Elle reconnut sa colocataire, Hilde était son nom il lui semblait. Elles n'avaient pas encore eu le temps de lier plus connaissance depuis leur arrivée, chose qu'Aaron regrettait car sans savoir pourquoi, cette fille lui plaisait. Ses cheveux courts, ses yeux bleus pleins de sympathie, cet air d'être autant perdue que l'était Aaron, tout cela lui plaisait et lui apportait un peu de chaleur dans ce lieu étrange et froid.

-Salut. Oui, ça va, » répondit la femme rousse en affichant un sourire sincère.

Elle hésita un peu, puis, se disant qu'ici son ignorance ne la ridiculiserait pas, elle demanda :

- Dis... Tu crois que c'est grave si on n'a personne... en-bas ? Je veux dire, pour adresser ses pensées...

Elle jeta un coup d’œil alentour, avisant la foule. Tous ces gens, autant de décédés, juste comme elle. Quelle avait été leur vie? Et quelle vie post mortem menaient-ils ici? A ce moment Aaron ressenti un fort besoin de nouer des liens, de rencontrer tous ces visages. Peut-être qu'avec eux, le froid et la solitude seraient plus supportables. Peut-être qu'ici la mort prendrait un autre sens.
Revenir en haut Aller en bas
- C 00 082034 21 06 D* -
avatar Masculin Pseudo : Dayday

Messages : 50
Coincé depuis le : 31/07/2014



DOSSIER
Nombre de décès  :
Circonstances des décès  :
Métier  :

MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Mar 10 Fév 2015, 15:31

… … … …
« Les puits du Champ des Lamentations, pour la première fois silencieux depuis que je suis ici. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas moins reposant. Ça fait même plutôt peur, de mon avis. »


Mattis cessa de murmurer à son écran, puis fit circuler l’engin tout doucement vers la droite avant de revenir vers la gauche ; qu’il prenne bien les gens, les puits et les tâches colorées des fleurs qui composaient le paysage.
Arrivé à destination, il avait tout de suite voulu capturer les premiers instants de la « cérémonie ». Ça lui semblait vraiment important. Ainsi posté en retrait de la foule, le jeune polonais observait donc, enregistrant le tout avec le mode caméra de son appareil photo. Fonction plutôt pratique, pour le coup, vu que l’ambiance sonore l’intéressait tout autant. Ça le prenait tellement aux tripes, c’était fou.

« De ce que j’ai compris, cette Commémoration des Morts est une fête annuelle … Ce monde doit posséder son propre système temporel ? Mais j’en découvrirai sans doute plus, plus tard. »

Après tout, cela ne faisait pas si longtemps qu’il avait accepté sa nouvelle condition … Même que « accepté » était encore un bien grand mot. Au moins, dirons nous, il consentait à sortir de sous "son" lit à présent. Et puis rien que d’être venu à ces festivités morbides était un immense pas en avant.
Mattis, considérant qu’il ne pourrait pas rester là à filmer tout le monde ad vitam eternam, termina l’enregistrement, éteignit son appareil et le laissa pendre sur son torse, comme à l’accoutumé. Il ramassa ensuite à deux mains le gros bouquet de fleurs aux multiples coloris qu’il avait laissé derrière lui et inspira un bon coup, humant leur parfum par la même occasion. Allez Mattis, du courage ! Quand il faut y aller …

Avec moins d’énergie qu’il ne l’aurait voulu, le garçon s’élança donc sans entrain, cherchant des yeux un endroit où il pourrait déposer ses fleurs … N’importe où aurait fait l’affaire, mais ce n’était vraiment pas facile, mine de rien. Même si tout se ressemblait … Même si … Bon allez, là ça fera bien l’affaire.
Mattis s’arrêta mais, lorsqu’il voulut tendre le bras, ses muscles se crispèrent en même temps qu’un truc vint lui serrer l’estomac. Sans pouvoir faire autrement, il s’accroupit, posant sa tête sur la bouquet pour essayer de calmer la douleur. Sérieusement … Comment il pouvait leur dire au revoir … Il ne pouvait pas être mort. Pas maintenant. C’était … Beaucoup trop brutal. Mattis Janow-Kielan avait encore tant à accomplir.

Ils avaient besoin de lui. Tellement besoin.

___________________________________________________

#447799
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
- S 18 092013 41 00 A -
- S 18 092013 41 00 A -
avatar
Masculin Pseudo : Nii'

Messages : 247
Coincé depuis le : 16/06/2014



DOSSIER
Nombre de décès  : 0
Circonstances des décès  :
Métier  : Réparateur.

MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Ven 29 Mai 2015, 19:58

« Maman, papa, je... »

Le cœur au bord des lèvres, Donnie s'élança hors du train avec l’empressement propre à celui qui veut s'éloigner à tout prix d'une mort imminente. S'il ne se souvenait pas avoir vécu le moindre événement traumatisant lié à ce type d'engin, il n'en restait pas moins qu'il semblait les détester – détail qu'il n'avait appris, bien à ses dépends, qu'une fois coincé à l'intérieur de l'habitacle. Le mouvement ne le gênait pas tant ; il ne craignait pas non plus de perdre une vie qui, quoi qu'il en soit, l'avait quitté depuis un moment déjà. C'était plutôt la perspective d'être coincé avec de nombreuses autres personnes dans un espace clos, terrifiante, qui le mettait dans tous ses états. Il ne se l'expliquait pas, vraiment. Les sueurs froides, la peur qui le prenait au ventre, la sensation prégnante d'être observé, jugé, pas à sa place. En danger. Il ne l'était pas ; il savait bien qu'il ne l'était pas. Personne n'avait la moindre raison de lui faire du mal, de lui reprocher quoi que ce soit.

N'est-ce pas ?

Le bouquet de fleurs rouges – il n'en connaissait pas le nom d'une seule ; seulement qu'elles formaient un beau camaïeu de rouges – qu'il tenait dans sa main droite fut déposé sans réelle douceur sur une grille rencontrée au hasard de ses pas. Son regard terne, un bref instant, chercha à discerner quoi que ce soit dans la profondeur du gouffre. Il ne savait pas ce qu'il espérait y voir au juste, ni même s'il espérait vraiment voir quelque chose se dessiner dans les abysses : il resta fixer le noir quelques secondes supplémentaires malgré tout.
Évidemment, rien ne se passa.
Le jeune homme n'était pas très sûr de ce qu'il était censé faire. L'annonce de sa mort, encore trop récente à son goût, était restée coincée en travers de sa gorge serrée. Impossible d'avaler. D'accepter. De passer à autre chose, de s'y faire ou au contraire de se rebeller, de tout tenter pour ne pas rester ici, comme ça, sans but, sans rien. Alors que devait-il faire, hein ? Adresser ses prières à ses proches ? Ses parents ? C'était censé être le contraire, non ? Et puis ils ne l'entendraient pas, de toute façon. Aussi sûr que les morts n'entendaient pas les vivants, les vivants ne pouvaient décemment pas entendre les morts. Il l'aurait su, dans le cas contraire. Tout le monde l'aurait su. Si ç'avait été si courant. Si facile. Si évident.
Ça ne l'était pas, alors à quoi bon y perdre la voix.
Mains jointes, triste comme les pierres, Donnie souffla doucement entre ses dents. « Papa, maman... » Il ne savait pas comment il était mort ; n'avait aucune idée de ce qui avait bien pu se passer, de comment il s'en était allé. « Je suis désolé. Je... » Ce n'était même pas flou, c'était tout simplement vide. Noir. Couvert d'un voile épais et rigide. Impossible à briser. « J'ai... » Devait-il s'excuser ou leur en vouloir ? Leur dire que personne n'y était pour rien ou leur glisser le nom du coupable au creux d'un mouchoir ?

« … Rien. »

Ce que ça pouvait être stupide.
Agacé, il appuya violemment sur les fleurs. Les pétales, volages, se détachèrent pour certains sous ses mains tremblantes ; il en vit quelques-uns s'échapper entre les fines barres grises, flottant un instant pour mieux disparaître dans l'abîme.

Ainsi soit-il.


Hors RP:
 

___________________________________________________


« I'm tired of all the drama that unravels in your head ;
Well, it's easy to get tangled up when your world is torn to shreds.
And every time you spit at me - some day, you will regret.
An ounce of insecurity is worth a pound of lead. »

It's hard to hold an olive branch with a gun against my head :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
- D 00 092012 36 04 D -
- D 00 092012 36 04 D -
avatar
Féminin Pseudo : Nii'

Messages : 86
Coincé depuis le : 15/07/2014



DOSSIER
Nombre de décès  : 0
Circonstances des décès  :
Métier  : Aucun

MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Ven 29 Mai 2015, 21:49

Sourire aux lèvres en réciproque à celui de la jeune femme, Hilde jeta un coup d’œil discret au puits sur lequel elle avait posé son bouquet. Elle pensait comprendre pourquoi les vivants fleurissaient les tombes ; c'était une façon comme une autre de montrer qu'on était là, de rendre hommage au disparu, d'embellir la dernière demeure d'un être cher. Offrir des fleurs restait une jolie manière de dire « tu me manques », que ce soit envers quelqu'un qui puisse l'entendre ou quelqu'un qui ne reviendrait jamais plus.
Seulement pour eux, dans leur situation, difficile de dire à quoi ça rimait exactement. Étaient-elles destinées à leurs proches ou à eux-mêmes ? Pourquoi ici et pas ailleurs ? Pour être honnête, elle ne tenait pas plus que ça à connaître les réponses à ces questions – elle les aurait oubliées bien assez tôt de toute façon. Ce n'étaient que des points d'interrogations passagers ; des doutes sans substance ni grand intérêt. Tant qu'elle avait l'impression de pouvoir rassurer ses proches, quand bien même elle se doutait que ses prières n'atteindraient probablement personne, alors ça lui allait. Comment savoir, après tout ? Peut-être ressentiraient-ils comme une présence diffuse près d'eux. Peut-être, c'était déjà mieux que rien. Ce peut-être était suffisant pour lui faire du bien.
Elle n'en demandait pas tant. Être simple avait ses avantages comme ses inconvénients.

« Dis... Tu crois que c'est grave si on n'a personne... en-bas ? Je veux dire, pour adresser ses pensées... »

Interloquée, Hilde regarda Aaron un bref instant avant de ne détourner son attention vers le puits de nouveau. Ahh. Elle n'y avait pas pensé. Vrai que si elle se souvenait de la majeure partie de sa vie – à priori, du moins ; comment savoir s'il ne lui manquait pas des pièces vitales du puzzle ? – ça ne devait pas être le cas de tout le monde. Elle se fichait bien de savoir pourquoi des trucs manquaient à l'appel sur la liste des souvenirs. Ça lui importait vraiment peu. Seulement, oui, évidemment que la plupart allaient courir après ce qui leur glissait entre les doigts. Ça devait être terriblement frustrant de ne plus se souvenir de qui était là, qui avait fait quoi, comment s’appelait untel et quel était le visage de celui que l'on serrait entre ses bras. Elle n'aurait pas aimé ça. Beaucoup devaient détester ce sentiment d'absence.
Maintenant, est-ce que c'était si important ?

Ils avaient l'éternité pour s'en rappeler et vraiment, rien ne pressait.

« Non, répondit-elle en adressant un sourire et un haussement d'épaule à la rouquine. Enfin, tu vois, s'ils t'entendent pas ben... C'est pas très grave que ça se perde. Et s'ils t'entendent, je suis sûre que penser à eux suffira ! T'es pas obligée d'avoir un numéro précis en tête. Le message devrait arriver quand même. »

Sauf si ce n'était pas ce qu'elle avait voulu dire.
Une moue gênée se dessina sur son visage. Il faudrait vraiment qu'elle apprenne à réfléchir avant de parler. Ça allait lui causer des ennuis, un jour. Et pas que des petits.
A moins que ce ne soit ça qui l'ait tuée, hein. Ça ne l'aurait pas tellement étonnée.

« Errhh bon si t'as genre aucun proche par contre... Ça fait toujours du bien de prier, je suppose ? »

Ça lui en faisait à elle, en tout cas.
Quoi qu'il en soit, elle avait du mal à imaginer qu'on puisse être si seul que personne n'en viendrait à remarquer notre absence. N'avoir personne sur qui compter devait être difficile. Terriblement difficile.

Elle ne l'aurait pas souhaité à son pire ennemi. Ni dans ce monde ni dans l'autre.

___________________________________________________


« There was something about you that sparked a tiny fire inside my heart ;
By the time it burst into flames, I knew my world was torn apart.
Trying to catch my thoughts but they flew from me just like a butterfly -
And when it finally settled, I saw it landed by your side. »

Going ‘round in circles ‘til my heart is lost :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
- C 02 061968 30 04 C -
avatar Masculin Pseudo : Dayday

Messages : 400
Coincé depuis le : 14/06/2014



DOSSIER
Nombre de décès  :
Circonstances des décès  :
Métier  : Aventurier.

MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   Sam 30 Mai 2015, 15:56

 

Vraiment, il ne savait pas. Il ne pouvait pas.
Honteux d’être aussi inutile, Macario laissa entendre un soupir d’exaspération avant d’enfoncer de nouveau sa casquette sur sa tête, cachant ses yeux. Il aurait bien reprit ses fleurs, par dépit, mais ça ne lui semblait vraiment pas un truc à faire. Ce serait comme piller une tombe, en quelque sorte, et puis qu’en aurait-il fait après ? Une couronne de fleurs ? Hm … Non, elles étaient bien là.
Tournant les talons, le jeune homme fit quelques pas en direction du train … Avant de se rendre compte qu’il était tout bonnement coincé. La machine ne partirait pas avant la fin de l’événement, il était donc obligé de rester là et d’attendre. Même si la patience n’était pas une qualité dont il manquait, Macario était obligé d’avouer que l’ambiance n’était ni festive ou agréable, ce qui ne serait malheureusement pas arrangé par l’arrivée de danseurs maquillés armés de maracas. Pas sûr que tout le monde aurait été réjoui par pareil cortège. C’était triste.
A part donc errer, ne tenant pas non plus à déranger ses connaissances potentiellement présentes … Et même ça, le mexicain ne pouvait le faire convenablement. Sa vue obstruée par sa casquette associé à son manque d’attention le fit bousculer une personne, à moitié trébucher et manquer d’encore une fois faire tomber quelqu’un … Heureusement, il réussit à la rattraper in extremis avant qu’elle n’aille dire bonjour au sol.


« Ah, pardon ! Pardon … … Amal ? Bonjour ! »

Et il fallut que ça tombe sur l’une de ses colocataires. Enfin, au diable les politesses, il valait peut être mieux se soucier d’autre chose, là.

« Tout va bien ? »

Sourire gêné. Quelle bonne journée.

___________________________________________________

• • • #820F02
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: ANIMATION ▬ Commémoration.   

Revenir en haut Aller en bas
 

ANIMATION ▬ Commémoration.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Histoires Histoire] la commémoration des 70 ans du Débarquement
» 3e marche commémorative de la Bataille de Bure (Belgique)
» Réunion pour 2011. XI ème centenaire.
» Il y a trente ans, disparaissait Claude François
» Un village Viking. Viking an 911. Ornavik.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Before I Sleep :: Zone 1 :: Champ des lamentations-