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 John Lester — « You've got a fire inside; »

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MessageSujet: John Lester — « You've got a fire inside; »   Mer 16 Déc 2015, 23:36


I burn, I freeze;
I am never warm.
I am rigid;
I forgot softness because it did not serve me.
Nom : Lester
Prénom : John
Surnom : Jo, Johnny
Âge effectif : 19 ans
Âge apparent : 19 ans
Date de naissance : 15/06/1917
Date de mort : 15/07/1936
Orientation sexuelle : Hétérosexuel
Groupe : Commotus
Nationalité : Angleterre
Langues parlées : Anglais.
Ancien métier : Il exerçait principalement la profession de mineur.
Métier actuel : Bûcheron.
Casier Judiciaire


▬ Crimes commis :
▬ Circonstances du décès :
▬ Péché capital principal :
▬ Péché capital secondaire :
▬ Votre rapport à l'alcool :
▬ Votre rapport aux drogues :
▬ Addictions :
▬ Avez vous eu de mauvaises attitudes récurrentes :
▬ Avez vous déjà été victime :

Physique


John, quand on le voit, on a envie de lui demander dans quelle salle de sport il va. Faute d’être spécialement beau ou grand, le garçon a une musculature développée qui semble impossible à camoufler, peu importe le nombre de draps sur son dos. Mais John n’a pas été en salle de sport - il ne comprendrait même pas le principe de la chose si on lui expliquait, parce que payer pour se muscler, ça lui semblerait absurde. John, il a été dans les mines, et mine de rien, ça forge le physique. On sous-estime souvent le travail manuel et ses effets positifs sur le physique, vraiment, surtout vu la difficulté de la tâche qu’il avait alors en main.
Si l’on met de côté sa plastique, John est un garçon au visage franchement banal, presque même grossier. Il n’est pas très beau, non, n’a jamais prétendu l’être. Parfois, peut-être, dans un moment d’égarement, il aurait souhaité être plus beau, mais en général ça ne lui a pas beaucoup peser sur les épaules. Il n’a jamais eu besoin d’être beau, et ça n’était certainement pas son principal soucis de ne pas l’être. John n’est pas non plus hideux, repoussant ou défiguré, c’est juste qu’il n’y a rien qui le sortirait de l’ordinaire ou lui donnerait un air plus raffiné, élégant. Son visage est comme un mur de mine difficilement sculpté dans le noir, angulaire et massif. Il est carré de visage comme d’épaule avec une mâchoire forte et imposante qui donne l’étrange impression d’avoir été cassée plusieurs fois. Ses yeux sont d’un marron profond, très foncés, petits et furtifs et ses gros sourcils sont courts sur son front, et le fait qu’ils les froncent en quasi-permanence n’arrange rien à cet effet. Son nez est légèrement recourbé quoi que droit dans l’ensemble et miraculeusement sans bosses et ses lèvres sont fines, peu présentes. Ses cheveux noirs sont épais, toujours hirsutes sur son crâne et couper courts, bien qu’il laissera toujours quelques centimètres dépasser, n’appréciant pas le sentiment d’un crâne nu. 
Dans son apparence, il ne semble avoir aucun choix stylistique, et c’est bien probablement le cas. John cherche le pratique et non pas l’esthétique, alors de la tête aux pieds, il n’y a rien de superflu ou de colorer qui sorte du lot. Il se font dans la masse, tout simplement, bien qu’étant lui-même quelque peu une masse avec ses 70 kg. Sa taille, à peine 1m70, pourrait sembler petite et dégradante, cependant John l’a toujours trouvé très pratique, surtout dans un métier où l’on vit constamment recroquevillé, alors il n’a jamais eu l’occasion de s’en plaindre - et en général, on évite de lui faire une remarque désobligeante sur quoi que ce soit qui le concerne.
Il faut dire qu’il fait plutôt peur, le mineur. Pas très grand, certes, mais très imposant de carrure mais également d’aura. Clairement, on n’a pas envie de le faire chier, John, et c’est tant mieux, parce qu’il aime pas ça, qu’on le fasse chier, John.


Caractère


Lorsque l’on parle de John, en général, ça n’est pas pour vanter son caractère. On parle de John parce qu’il est grognon, froid et brute. John n’a jamais été un papillon social de toute façon, mais les dernières années de sa vie l’ont considérablement durci et conforter dans son initial idée qu’être social, c’est chiant et inutile, surtout pour quelqu’un de son statut.
Tout comme il n’est pas social, il n’est pas bien bavard, même avec les personnes qu’il apprécie. Ca n’est juste vraiment pas son truc, parler. En revanche, il aime écouter, ça ne le dérange pas le moins du monde, que ce soit sa soeur qui blablate pendant des heures sur son fiancé ou son amie qui se plaint de tout et tout le monde, il est là pour tendre l’oreille. John peut passer des heures - voire des jours- sans décrocher un seul mot sans qu’il ne trouve cela pénalisant ou atroce et qu’il soit sur les nerfs. Et pourtant, pour que le garçon soit sur les nerfs, il faut très peu. Dire qu’il a le sang chaud est un euphémisme; la colère et la rage sont une seconde peau pour lui. Rancunier et particulièrement mauvais, il n’hésite pas à utiliser ses poings, puisqu’on le sait bien, parler, c’est pas son truc. Il ne pense pas particulièrement qu’il s’agit d’une manière meilleure qu’une autre de régler ses problèmes, c’est juste qu’il n’en connaît pas d’autres, de manières. De toute façon, en colère, réfléchir est un concept bien abstrait pour le garçon qui, d’origine, ne brille pas forcément pour son intelligence. Il est assez difficile de lui faire entendre raison lorsque les poings le chauffent, toutefois ça n’est pas chose impossible; préparez vous juste à des longues minutes d’explications.
Si John est un grand bougon, il est également quelqu’un de doux avec ses proches. On ne le croirait pas comme ça, mais il s’agit d’un véritable nounours, en particulier avec les filles, ayant été entouré de filles depuis toujours. Il est également loyal et suit toujours ses amis même dans d’énormes bêtises si c’est pour les aider, sans même hésiter. Il est un peu naïf, le John, et beaucoup plus facile à manipuler qu’on ne pourrait le penser. Altruiste, il donne aisément tout ce qu’il a aux personnes qu’il aime.
Le garçon a également sa fierté et a énormément de mal à accepter une main tendue. Aider, sans problème, se faire aider, beaucoup plus difficile. Ca vient probablement de son côté « mâle alpha et viril », toute cette fierté. Il peut tout faire tout seul et sans problème, même si ça signifie se casser la tête et le dos. Se reposer sur quelqu'un d’autre est quelque chose de peu naturel chez lui, alors il préférera tout régler de lui-même.


Histoire


John possède peu de souvenir de son enfance insouciante et heureuse passée à la campagne; quelques années, quelques souvenirs égarés d’une petite fille aux grands yeux bleus, un deuil accablant, sa soeur jumelle riant aux éclats tout en se laissant tomber dans l’herbe fraîche, et un déménagement bruyant. 

A partir de là, ses souvenirs ne sont que saleté, maisons dos-à-dos et ruelles sombres. Un garçon châtain, une petite fille châtain, et des parents qui parlent fort, souvenir récurrent, impeccablement habillés, un tel hors d’oeuvre au milieu de la petite maison moisie; sa petite maison moisie.

Il y a de nombreuses disputes dans sa mémoire, de nombreuses fois où lui et Jude se serrent fort l’un contre l’autre alors que la plus jeune pleure à l’autre bout du lit jusqu’à ce que l’un ou l’autre se décide à la prendre dans ses bras, la petite Lexy.
Il y a de la grande tristesse, des maladies, des grosses larmes qui roulent sur les joues de sa mère tandis que son père la presse fort contre lui, lui murmure des mots doux et embrasse son front.
Et puis il y a de grands éclats de rires, des poursuites dans les rues qui se finissent dans la boue, de l’amour, tant d’amour dans une si petite maison.

John ne se souvient pas avoir été malheureux étant jeune, même lorsque l’argent manquait, même lorsqu’il fallait réduire les portions ou partager son espace avec un autre.


La petite fille blonde s’appelle Hazel Bradford et elle est difficile à oublier; mais c’est tant mieux, parce que John ne veut pas l’oublier.

Hazel possède de grands yeux bleus, le plus adorable des sourires et les cheveux blonds les plus soyeux et brillants qu’ils soient. Lorsqu’il vivait encore à la campagne, ils étaient voisins, d’où les nombreux souvenirs la concernant pendant les 5 ou 6 premières années de sa vie; il ne s’attend pas à la revoir, surtout pas de son nouveau cadre de vie.
Et pourtant, elle se tient là, face à lui, large sourire étendu sur son visage alors même qu’elle vient de se prendre un caillou dans la tête. Elle semble si étrange au milieu des milieu des bâtiments noirs et délabrés que John aurait pu jurer qu’il s’agissait là d’un apparition. Longs cheveux blonds pâles retombant élégamment sur ses épaules, vêtue d’une sublime robe crème et bleu de dentelle,  elle ressemble à un ange tout droit descendue du ciel.

Son chapeau bleu, touché par le cailloux volant, avait atterri plus loin, toutefois cela ne semblait pas non plus beaucoup la perturbée. 

Jude se dépêche de jeter le blâme sur son frère jumeau, muet et immobile à ses côtés.

« Oh, désolée mademoiselle, fait-elle de sa plus jolie petite voix, ses mains s’agrippant à sa propre jupe grise et sale, mon frère ne fait jamais attention à rien ! Vous n’avez rien? »

Hazel a l’air tout sauf en colère, au contraire. Elle fond sur eux, s’empresse de prendre les mains sales de sa soeur dans les siennes, fines et blanches; elles ont l’air douces. 



« Oh non, non! Ne vous inquiétez pas! Rien de mal! »

Ses grands yeux bleus brillent intensément, pétillent de joie, de bonté et de malice et John, du haut de ses 9 ans, ne fait pas vraiment le malin. 
Jude ne semble pas l’avoir reconnue, mais, néanmoins, d’un naturel très avenant et social, elle serre un peu plus fort les mains de la petite blondes dans les siennes, puis lui adresse un large sourire. 
Bien que Jude était de loin beaucoup plus agréable à regarder avec ses grands yeux bruns et longs cheveux noirs ondulés, qu’il ne l’était lui, à côté d’Hazel elle semblait bien commune et quelconque. Mais John sait déjà qu’à côté d’elle, peu de filles brilleront. 


Il n’est pas certain que la petite blonde les aient reconnu, jusqu’à ce que son regard ne glisse sur lui et qu’elle lui adresse un de ses splendides sourires, un éclat de familiarité éclairant son visage.

« Vous êtes les Lester, non? Il me semble bien vous reconnaître. »



Il est flatté, honnêtement, et sa poitrine se gonfle un peu de fierté à l’idée que la jolie demoiselle se souvienne de lui. Il hoche la tête mais Jude mange ses mots et lui prend l’entière attention d’Hazel à nouveau.



« Oui! Je suis Jude, et c’est John! Tu es, euh…

-Hazel. »

Le nom sort de sa bouche sans qu’il n’ait eu l’intention de le laisser sortir, d’où le drôle de son étranglé qui lui vaut un regard amusé de sa soeur, et un nouveau sourire enchanté d’Hazel, visiblement réjouie qu’il se souvienne d’elle également.

« Hazel! Oui, je me souviens de toi aussi! Oooh, comme tu es devenue encore plus jolie! »

Jude, une fois lancée, n’arrête plus de parler, ce qui, aux yeux de John qui n’articule que difficilement quelques mots en face d’étrangers, un sacré atout. Hazel, bien trop polie et délicate pour se soustraire à la soudaine conversation même si elle l’aurait voulu, se contente de lui renvoyer le compliment avec un large sourire.
L’interaction se prolonge sous le regard ébahi et perdu de John jusqu’à ce qu’un garçon débarque sur la scène du crime en courant, haletant et visiblement inquiet. 
Il est grand, châtain, élégant et possède lui aussi des yeux bleus impressionnants. John se souvient de lui comme Riley Bradford, le demi-frère d’Hazel, d’au delà de 10 ans son aîné.

« Oh Dieu soit loué, Hazel! J’ai bien cru ne jamais te retrouver! Tu nous as fichu une de ses trouilles! »


Immédiatement, il encercle la fillette dans ses bras après avoir ramassé son chapeau, n’épargnant qu’à peine un regard méprisant aux deux Lester. Hazel rit aux éclats, douces et rassurante.

« J’étais avec John et Jude, rien ne peut m’arriver, ne t’inquiètes pas.

- C’est bien vrai; John fait toujours peur à tout le monde avec sa tête,» rajoute Jude en gloussant.

John roule des yeux à la pique de sa soeur, l’ignorant, peu affecté par ces remarques. De plus, il doit bien avouer qu’il n’a pas, à son inverse, un visage bien accueillant. 

Mais Hazel, douce Hazel, lui adresse un petit sourire et dit d’une petite voix:

« Il ne me fait pas peur, à moi, John. »




Les deux têtes châtains appartiennent à Neal et Amanda Anderson.

Les Anderson sont des amis de famille depuis longtemps déjà -John a entendu dire que sa mère et Andrew Anderson se connaissent depuis leur plus tendre enfance - alors leur présence dans sa vie n’a rien de surprenant. Même bien après la chute des Lester, les Anderson ont continué à les supporter. 

Il a cru comprendre que de nombreuses disputes venaient d’une aide financière dont Henry Lester refusait complètement l’existence même. John pense que ce refus est une bonne chose, et bien plus tard il le pensera encore contre vents et tempêtes.

Jane Lester lui a toujours dit qu’il était le portrait craché de son père. 

Neal est un garçon délicat, que ce soit de physique ou de mental et John a toujours eu du mal à s’entendre avec lui; Amanda, en revanche, bien que délicate de physique à l’image de sa mère et de son frère, possède le fort caractère de son père, et avec cela un mental d’acier et une bouche de mineur alcoolisé.


Forcément, ils s’entendent bien, si l’expression « s’entendre avec quelqu’un » signifie se crêper le chignon en permanence tout en s’insultant copieusement. John apprécie sa présence et son humour sec bien qu’elle puisse être une véritable chieuse par moment. 
Neal et Jude les observent parfois pendant des heures tandis qu’elle lui fait la conversation et que les deux se disputent pour savoir lequel aura la dernière part de tarte.

Lexy, lorsqu’elle ne boude pas ou ne cri pas, s’installe confortablement sur les genoux de Neal et écoute sa soeur parler, n’étant elle-même pas une très grande bavarde.

La différence de classe n’est qu’à peine ressentie entre eux, et ce malgré le fait qu’elle existe bel et bien. Ca se voit dans les habits, dans les habitudes, dans leurs physique, dans leurs actions, dans leurs mots. 

Mais eux, ce sont des gosses et peu leur importe tant qu’ils s’amusent.




Marvin, le dernier de la famille, est un curieux bébé auquel toute la famille s’attache très facilement. Peut être est-ce à cause de la grande différence d’âge entre les aînés et lui, mais Jane est bien heureuse d’avoir toujours quelqu’un qui peut s’en occuper tandis qu’elle va se reposer en attendant que son mari rentre d’une autre dure journée de travail.

Et les enfants sont heureux parce que Marvin est le gosse le plus adorable qui existe.

Non, il n’y a vraiment pas un seul moment de son enfance où John a l’impression d’être malheureux. Il a une famille aimante et de la nourriture sur la table et il est conscient que c’est bien plus que ce que certains ont.


Amanda connaît Hazel et ça n’aurait vraiment pas dû le surprendre. Amanda, aussi vulgaire et étrange qu’elle soit, était avant tout une jeune fille de bonne famille, et bien sûr, les bonnes familles ont toutes des relations entre elles.

« Et puis, franchement, John, tout le monde connaît Hazel, » lui fait-elle un jour, grimaçant sans qu’il ne sache si c’était de dédain ou à cause de vent, et il réalise que c’est vrai. Difficile de ne pas connaître Hazel et sa famille lorsque l’on vit dans le même périmètre qu’eux.

Amanda écrase son pied brutalement sur un escargot avant de grimacer à nouveau, de dégoût cette fois-ci. John se dit souvent que sa beauté est gâchée sur sa personne, puisqu’elle n’a l’air d’avoir aucune utilité de son beau visage et de ses beaux yeux verts lorsqu’elle fait ce genre de chose ou se met à insulter un pigeon. 

Du haut de ses 12 ans et son mètre 40, Amanda est déjà plus intimidante que la moitié des personnes que John rencontre et sachant que la plupart sont des mineurs, le constat est plutôt effarant.

« T’sais, elle est tellement super belle et super adorable et… »

Cette fois, il sait que la grimace est de dédain, la moquerie marquant profondément son discours. Ah, non, Amanda n’est pas non plus une fille qui apprécie les gens. Toute sorte de gens. La pauvre semble convaincue d’un complot mondial qui fait que tout les gens gentils sont forcément des hypocrites. 

D’où son affection pour John. Il ne sait vraiment pas comment le prendre. 



« Ugh, elle me donne la gerbe, Miss Parfaite. »



John la regarde buter dans un cailloux qui s’en va taper contre un lampadaire furieusement. Elle est en colère, il n’est pas bien certain pourquoi, mais Amanda a rarement  besoin de raisons pour être en colère.

« Mais j’imagine que tu l’adores, hein? pfff. »



Il ne répond rien, se contentant de buter dans un cailloux à son tour, sourcils froncés et coeur serré. Les mots d’Amanda n’ont pas vraiment d’importance pour lui; il la sait naturellement mauvaise et jalouse. De plus, il ne connait que trop bien Hazel pour s’inquiéter vraiment de ses paroles.

Hazel avait pris la mauvaise habitude d’échapper à la surveillance de se famille ou de sa garde du jour pour venir les dénicher dans les ruelles et ce serait un énorme mensonge que dire qu’il n’appréciait pas ces petits moments. Amanda, visiblement, était beaucoup plus critique sur la situation.



« Tu t’fais arnaquer mon vieux, elle en a rien à foutre de toi. »

Il ramasse un cailloux qu’il inspecte, enfouissant un peu plus son visage dans l’écharpe que Hazel lui a offert l’autre jour - noire, simple, et pas bien chose, mais sa simple odeur lui faisait si chaud au coeur que cela lui importait peu. 
Amanda lui tire l’oreille, comme mécontente de ne pas avoir sa pleine attention.



« Elle vous roule parce qu’elle se fait chier dans son château de verre là, mais elle en rien à faire de vous. Et toi. Surtout toi. »



Il jette le cailloux sans se soucier de sa trajectoire - il n’y a personne dans le coin de toute façon- afin de regarder Amanda droit dans les yeux. Elle est en colère, vraiment en colère. Ses yeux verts brillent de rage et de détermination. Il fronce un peu plus les sourcils, soudain irrité par l’insinuation.

« Où est-ce que tu veux en venir, Amanda? »

Il faut bien être Amanda pour ne pas avoir peur face à un John tout autant en colère, mais les deux se méritent, comme le dit si souvent Jude avec un soupir.

Elle ose rouler des yeux.

« T’as aucune chance, du con, alors arrête tout de suite de t’imaginer des trucs. »

Il le sait, mais il n’empêche que de l’entendre sortir de la bouche de quelqu’un d’autre le frustre, l’enrage, le blesse. John la pousse, loin de lui, furieux. Il sait bien qu’elle ne va pas perdre son équilibre pour cela.

« Ferme la, Amanda. »

Sa voix est ferme, tranchante, pourtant il sait qu’Amanda ne va pas la fermer, d’autant plus qu’à présent, il lui a donné une bonne raison de l’ouvrir.

Putain qu’il la déteste parfois.

« Bla, bla, bla ! Mais tu le sais en plus, hein John? Tu seras jamais rien qu’une distraction pour elle, et pas une très agréable de surcroît. Un jour, elle va juste pas revenir vous voir et tu pourras pas dire que j’t’aurais pas prévenu, connard. »

Il ne répond rien, yeux bruns, durs, rivés dans ceux incroyablement animés d’Amanda - un véritable livre ouvert. Elle s’approche à nouveau, idiote ou brave il n’aurait su trop dire - il ne saura jamais trop dire- et plante un doigt dans sa poitrine. 



« Tu ne vaux rien pour elle. T’es juste un mec, un gosse des rues qui l’amuse un peu, mais tu seras jamais rien. T’as pas de fric, t’as pas une belle tronche, t’as même pas un bon caractère! »

Il allait la frapper, il allait vraiment le faire. La colère, comme une seconde peau, ronronne tranquillement dans ses oreilles tandis qu’il la pousse à nouveau, plus violemment cette fois-ci; et pour une fois, Amanda a la décence d’avoir l’air inquiète alors qu’elle se retient de justesse sur un rebord de fenêtre avant qu’il ne l’attrape à nouveau par le col, la soulevant aisément au dessus du sol.

« Ferme ta putain de gueule. »

Cette fois-ci, elle secoue simplement la tête, les larmes lui montant aux yeux tandis que ses petites mains viennent se poser sur les siennes, froides et douces et légères.

« John, tu me fais mal, » fait sa petite voix étranglée - par la peur ou par lui, les deux sont pareils. Reprenant doucement contrôle, il la relâche doucement.

Il s’attend à la voir déguerpir, effrayée et en larme, mais au lieux de cela, elle ravale ses larmes et le regarde droit dans les yeux à nouveau. 


« Elle va être ta perte, John. »


Hazel apprécie beaucoup la compagnie de Lexy, John remarque. Elle la complimente, la prend dans ses bras, l’écoute patiemment et l’invite même à donner son avis à tout bout de champs, et en général, lui accorde énormément d’attention.

John comprend, bien entendu, cet engouement. Pour Hazel, Lexy est un peu une petite soeur qu’elle n’aura jamais, et Lexy, en matière de personne, est un véritable trésor. Agréable, douce et souriante, elle parle de manière polie, attend toujours son tour et ne se précipite pas sur les choses - à moins qu’elle soit vraiment très excitée, comme lorsque Hazel leur ramène des chocolats. Lexy n’a pas les défauts que John ou Jude peuvent avoir - pas assez ou trop parler, être trop familier ou pas assez, etc-, comme si d’instinct, elle savait juste ce qu’il fallait et ce qu’il ne fallait pas.

Des trois aînés, elle est également la plus jolie, il n’y avait pas de doutes. Elle a hérité des plus beaux traits de sa mère et des yeux bleu océan de son père ainsi qu’une grâce qui semblait venir d’une autre classe. Bien sûr, la présence d’Hazel pendant une grande partie de son enfance l’avait sûrement forgée plus qu’eux à l’aristocratie, cependant, à en voir certains aristocrates, ça ne pouvait pas venir que son éducation.

Amanda ne lui avait pas pardonné et le snobait plus qu’elle n’en avait l’habitude tout en lui envoyant de venimeux regards alors qu’elle s’occupait de Marvin dans son coin lorsqu’elle leur rendait visite.

Mais Amanda n’est pas la seule réticente à cette drôle de relation entre Hazel et les Lester, puisque Jane Lester elle-même semble regarder cela d’un drôle d’oeil, bien qu’elle n’en pipe mot, certainement de peur de vexer ou de faire plus de mal que de bien.

John n’est pas naïf, il ne se pense pas naïf du moins, et il sait très bien qu’un jour, Hazel pourrait juste décider de ne plus venir, de ne plus être amie avec eux, ou les blesser ou même pire; mais il n’est pas non plus insensé et il voit bien qui Hazel est. Hazel n’a pas le diable en elle comme Amanda semble le penser. Peut-être qu’il est influencé, puisqu’il ne nie pas que son estomac fait parfois quelques sauts périlleux lorsqu’elle lui sourit, mais parce qu’il la connaît depuis tant d’années, il pense pouvoir prétendre la comprendre un minimum.

Et Hazel, derrière ses visites, n’a rien que de la bonté et elle les apprécie vraiment.

Il s’imagine très mal la jolie blonde ne jamais plus donner signe à Lexy qu’elle aime si fort qu’elle lui offre parfois des délices démesurés et la couvre de bisous.

John refuse de voir du mal en elle, refuse de voir un motif ou un besoin personnel de charité.

Hazel est Hazel.

Et John sait qu’il l’aime. 



Travailler dans les mines, John découvre, est un travail incommensurablement fatiguant, d’où, il le sait, la nécessité d’offrir un peu de repos à son père, toujours en train de travailler pour eux.

Mais bien que le travail soit fatigant, pénible et douloureux, John ne le trouve pas pour autant si horrible. On lui dit, avec de grands sourires édentés, que c’est beau la jeunesse, qu’il est vraiment taillé pour le métier de toute façon, et son père lui tape fièrement sur ses épaules qui s’élargissent de jour en jour.

Il est heureux qu’on lui dise qu’il ressemble à son père. 

Henry n’est pas un homme très beau, certes, mais ses qualités sont ailleurs et tous les savent. C’est un homme loyal, de parole et d’un courage incroyable. C’est un garçon en or, comme beaucoup le disent, et certaines femmes disent même jalouser sa femme d’avoir épousé un homme aussi bon que lui.

Pour John comme pour de nombreux autres, Henry est un véritable modèle.

Il a su se redresser lorsque la pauvreté les a frappés, il a su élever ses enfants à merveille et travailler d’arrache pied en même temps pour réussir à leur offrir une vie correcte sans jamais se retourner un seul instant pour penser à lui-même. 
Mais malgré tout, Henry Lester n’est qu’un homme, et un homme qui fatigue qui plus est. La mine lui obscurcit la vision, son dos est de plus en plus mauvais et il fatigue de plus en plus vite. La relève est nécessaire pour, au moins, balancer la charge de travail.

John ne s’en plaint pas. Les autres mineurs semblent l’apprécier autant qu’ils apprécient son père et souvent il se prend à rire avec eux comme une bande de vieux potes; le travail est physique et dur, toutefois il a les ressources nécessaire. Il a toujours été un costaud, John, alors forcément, le travail physique lui va à merveille.

Vraiment à merveille à en juger par l’expression d’Amanda lorsqu’elle le voit pour la première fois depuis plusieurs mois, yeux écarquillés par la surprise.

Hazel se contente de poser sa main sur son bras comme pour attirer son attention avant de laisser glisser sa main tout le long d’un geste qu’il aurait qualifié de appréciateur s’il avait été assez audacieux.

Il n’y a pas que des inconvénients à la mine.



—

« Amanda ne m’aime pas, n’est-ce pas? »



Hazel cligne des ses longs cils bruns, un petit sourire attristé accroché à ses lèvres roses, tandis qu’il se bat pour trouver les mots.

« Elle… elle est juste… »

La blonde secoue simplement la tête avec un sourire avant de ramener son regard sur le ciel nuageux d’un beau jour de printemps. Marvin joue énergiquement avec Lexy à un drôle de jeu dont John a bien peur de ne jamais saisir les règles, juste en face d’eux. Perchée sur un muret à ses côtés, Hazel semble encore plus magnifique aujourd’hui encore, même dans une très sobre et simple robe bleue ciel.

« Ne te fatigue pas, John, je le sais bien. Elle est très habile pour faire comprendre ce genre de choses. »



John soupire. Amanda devait avoir une centaines de talents, mais de tous, celui qu’elle préférait montrer au monde c’était sa mauvaise foi permanente.

« Amanda est une personne compliquée. »

Hazel hoche simplement la tête en réponse à sa déclaration, l’air perdue dans ses pensées. Elle semble triste aujourd’hui; il espère qu’Amanda n’a pas été trop désagréable. Vain espoir. 



« Tu ne devrais pas t’embêter avec elle, Hazel; j’ai bien peur qu’Amanda n’aime que très peu de monde.

-Elle t’aime toi. »



La réponse est rapide, fluide, dure, comme une réplique de théâtre que l’on a répété des centaines et des centaines de fois. Le regard bleu est à nouveau rivé sur lui; il n’ose pas le soutenir.

« Amanda est une personne compliquée, » répète t-il, presque mécaniquement.

Clairement, il s’agit d’une sujet auquel Hazel a déjà beaucoup penser. Elle l’étudie dans le calme tandis qu’il chercher ses mots avec la ferme impression de nager dans son propre corps. Puis les mots lui viennent, pesés, mesurés. 



« Ca te dérange qu’elle ne t’aime pas? »

Il n’y a pas de réponse et il sent le regard glisser à nouveau jusqu’au ciel alors qu’elle s’agite sur place, comme brûlée par la question. La réponse est lente à venir, mais elle sort rapidement de la bouche de la jeune fille.

« Ca me dérange qu’elle t’aime.

- Oh. »



Ca n’est définitivement pas le type de réponse qu’il attendait, bien qu’il ne soit pas certain de quel type de réponse il attendait de toute manière.
Il reste parfaitement immobile et silencieux, incapable de trouver quoi répliquer. Hazel, elle, s’agite considérablement à côté de lui, mal à l’aise.



« Amanda t’a dit que de te méfier, n’est-ce pas? Elle t’a dit de faire attention. »

A nouveau, John hoche la tête sans mot dire, son regard brun cherchant avec grande difficulté à trouver celui d’Hazel.

« John, elle… Elle n’a pas tord. »



La phrase lui arrache une horrible grimace, comme si admettre qu’Amanda a raison lui arrachait le coeur - et peut-être bien que c’est exactement l’effet produit. Il fronce les sourcils, incroyablement confus alors qu’elle continue de fuir son regard. 



« Qu’est-ce que tu veux dire par là, Hazel? »



Elle ne répond pas, se mordillant la lèvre inférieure, habitude nerveuse qu’il n’avait pas eu beaucoup l’occasion de voir.

« Hazel? »

Il pose une main doucement sur la joue de son amie afin qu’elle le regarde dans le yeux et il surprit de constater qu’elle presse un peu plus fort sa joue contre celle-ci.
Ses yeux bleus, incroyablement tristes et agités, se posent enfin dans les siens.

« John, j’ai… J’ai un motif. Pendant tout ce temps. Je suis une terrible personne et-…

-Hazel, qu’est-ce que tu racontes? »



Tout n’est que bruit dans les oreilles de John, une explosion de bourdonnements et de battements de coeurs alors que les yeux montent aux yeux d’Hazel.



« John, je ne fais que prétendre et prétendre, et c’est juste si dur et… »

Son coeur s’arrête de battre, tout son corps se rigidifie.

elle en rien à faire de vous

Elle n’a pas tord.

John sent la colère monter. Il laisse retomber sa main sur ses genoux, fronce les sourcils, froisse tout son visage et Hazel a l’audace d’avoir l’air d’être celle avec le coeur brisé. 



« John, écoute-moi, s’il te plaît… »



Une main blanche, fine, douce et élégante se pose sur sa joue à son tour et John se sent bouillir.

« Je crois que j’en ai assez entendu, Hazel. »



L’expression brisée sur le si beau visage de la jeune fille est comme un coup de poignard dans son coeur meurtri. Un poignard que l’on tourne, et tourne, et retourne. Il est incapable de partir. 



« John, je suis désolée… Je sais que ça n’est pas une bonne chose, et je sais, je pensais que ça allait s’arranger mais je voulais… Je voulais juste être avec toi et… »

Incapable de comprendre.



« Toutes ces années, je n’ai fait que te mentir et j’en suis tellement, tellement désolée, et je sais que ça n’est pas possible entre nous et que tu aimes Amanda et… »



Oh. Hazel est en larmes à présent, reniflant à tout bout de champs et John vient de comprendre, il vient enfin de comprendre ce qu’elle veut vraiment lui dire, de la manière la plus maladroite possible.



« Hazel, attends, calme toi. »

Ses grands bleus sont honteux, rivés sur le sol tandis que son corps est secoué de sanglots silencieux et John a vraiment l’impression d’être le pire des hommes pour ce sentir fier en ce moment même.



« Hazel, je n’aime pas Amanda. Pas comme ça. »



Un reniflement; ses épaules se redressent un peu.

« Regarde moi, Hazel. »

Et elle le fait, ses deux magnifiques yeux se plongent dans les siens et son coeur se serre de lui avoir fait verser des larmes si inutiles.

« J’ai cru que… Je ne pensais pas que tu avais ce genre de sentiments. En mon égard. Jamais je n’en aurais même rêvé, parce que tu es Hazel Bradford, et tu es magnifique, gentille et géniale, et je suis juste John, et… »

Hazel renifle un peu plus fort, essuyant ses larmes d’un révère de main particulièrement violent, sourcils froncés. 



« Juste John? Tu es fantastique, fort, aimant, adorable et… Et j’en passe! J’avais l’impression de ne jamais être à la hauteur! »

Aussi perturbant et étrange que c’était d’entendre quelqu’un le complimenter de la sorte, John se sent tellement bête et abasourdi qu’il s’en met rire.

« Oh mon Dieu, Hazel. »



La jeune femme se joint à lui, riant doucement entre deux sanglots étouffés, posant sa tête tremblante contre son épaule alors que tout son coeur tremble.

« On est juste tellement, tellement idiots, John. »



Il trouve sa main, lace ses fins doigts entre les siens tout en essayant d’étouffer son rire. 



« On fait vraiment une bonne paire. »



—

La mine s’est effondrée et leurs coeurs avec.

Les funérailles d’Henry Lester sont sobres bien que les Anderson ont insisté lourdement pour les payer et que personne n’a vraiment le coeur au refus.
Hazel reste derrière, sortant du lot même habillée de noir de la tête aux pieds, accompagnée de son frère et de sa mère qui ne bougeront pas de toute la cérémonie.

Amanda et Neal se tiennent droit, respectueux et silencieux, mais Amanda ne peut pas le tromper; il voit les cernes gigantesques et gonflées sous ses yeux.
Neal glisse un baiser sur le coin des lèvres de Jude lorsqu’il pense que personne ne regarde avant de la serrer fort contre lui.

Jane est inconsolable et Mavin pleure tout le long de la cérémonie dans les bras de Rosalyn Anderson qui ne semble pas beaucoup plus mieux en point que la veuve.
John se tient aux côtés de sa mère, le bras lié au sien pour faire en sorte qu’elle ne tombe après ces nuits à passer à pleurer; Lexy s’agrippe à lui tandis qu’il caresse ses longs cheveux noirs droit comme un piquet, l’air incroyablement sobre et sérieux au milieu de cet océan de larmes. 

Henry Lester était un homme très aimé à en juger par le nombres de personnes qui viennent déposer des fleurs et offrir leurs condoléances à sa famille.

John ne trouve pas en lui la force de pleurer, pas même lorsque Hazel le prend dans ses bras et dépose un doux baiser ses lèvres, l’air tout aussi dévastée que lui - et pourtant toujours si radieuse.


Un accord est conclu; les fiançailles entre Neal et Jude font d’eux une famille, alors l’aide des Anderson est acceptée - au seuil le plus minime possible, Jane et John sont très clairs.

Les Lester n’ont pas besoin de charité, ils travaillent dur. 

John travaille dur.


C’est un emploi du temps très chargé que d’alterner entre la mine, sa famille et Hazel.

L’aime des Anderson, bien que controversée au sein de la famille, est une véritable bénédiction, et l’aide d’Hazel avec Lexy et Mavin en est une toute autre. 

Ca fonctionne bien malgré tout, entre le deuil et les difficultés d’organisation, et plus que jamais John comprend le sentiment qu’avait Henry en rentrant d’une longue journée de travail chez lui, dans sa petite maison moisie.


Il remarque tardivement que quelque chose cloche avec Lexy - en réalité, c’est même plutôt Hazel qui le remarque. Elle lui avait murmuré son inquiétude un soir avant de rentrer chez elle et de déposer un chaste baiser sur les lèvres, peu préoccupée par les difficultés qu’on relation comme la leur pourrait provoquer.

Alors il observe, il lui parle, il prend ses mains et ils se roulent en boule sur le lit, et enfin, au bout de longues heures, il entend des sanglots étranglés, et une petite voix, toute petite, toute brisée. 



« John, je crois… Je crois que j’ai fait une bêtise et… »

John caresse les longs cheveux noirs comme il l’a fait tant de fois auparavant alors que Jude lui apporte une tasse de lait chaud. Ils se serrent ensemble tous les trois tandis que Lexy tente de calmer ses spasmes afin de s’expliquer.

« Prend ton temps, Lexy, on ne va nul part. »

Elle respire, vite, puis plus lentement, puis ses mains arrêtent de trembler et elle pose sa tête sur l’épaule de sa grande soeur. 



« Il y a… Il y a cet homme. Il a été gentil, très gentil avec moi. Il m’a dit que j’étais jolie, il m’a dit que je pouvais vous aider aussi. »



La mâchoire de John se serre presque douloureusement tandis que la respiration de Lexy se fait à nouveau troublée malgré les caresses et mots doux de sa soeur.

« Mais il m’a… il m’a… »

Les sanglots ressurgissent et John sait déjà qu’il a envie de le tuer, cet homme. Jude la serre contre elle, fort. 



« Tu n’as pas à nous dire si tu ne veux pas, Lexy, ne t’en fais, pas, ça va aller… »

Mais ça ne va pas, pas du tout. Le corps de la pauvre adolescente est parcouru de spasmes et des frissons, les larmes inondent son visages tandis qu’elle essaie de retrouver sa voix, tout cela pour dire:

« Je ne voulais pas, il m’a dit, il m’a forcé et il a dit, il a dit que je ne devais rien dire et que, que c’était de ma faute et… »



Les paroles deviennent de plus en plus incompréhensibles, le rythme effrénée, sa voix couverte par ses propres sanglots, son propre dégoût et ses propres terreurs. 



« Encore et encore et encore… »

John ne s’est jamais senti aussi impuissant, et pourtant autant en colère, aussi enragé qu’il se sent à présent à écouter sangloter frénétiquement sa soeur, sa pauvre soeur, de seulement 15 ans - seulement 15 ans le putain de…

« Je voulais pas, Jude, John, je voulais pas, je vous le promets, je voulais pas mais il a dit…

-Shh, je sais ma puce, je sais… »



Les sanglots mettent une certain temps à se calmer à nouveau; la colère de John, elle, ne se calme pas. Que quelqu’un puisse faire du mal à Lexy, ne serait-ce même qu’oser la toucher, c’était au-dessus de lui; la pensée lui donnait une nausée si violente qu’il cru d’abord qu’il allait vomir.
Lexy, la petite Lexy, si adorable, serviable, polie et naïve… 

Comment pouvait-il vivre avec lui-même? Avec ça sur la conscience?

« Lexy, est-ce que… Est-ce que tu sais qui c’est? »

Elle se fige complètement, véritablement statue de pierre au visage effrayé.

« Je ne dois pas… Je ne peux pas le dire, il va… »



John caresse doucement sa joue, dépose un baiser sur son front, rassurant.

« Il ne t’arrivera plus rien, Lexy, je te le promets. Il ne t’approchera plus jamais. »



Naïve, douce, adorable petite Lexy. Elle se mordille la lèvre avant de fondre à nouveau en sanglot, ses yeux bleu océan rivés dans les siens exprimant une telle tristesse, une telle peur que s’on coeur s’en serre encore.



« John, c’est le frère d’Hazel. C’est Riley Bradford. »




Il a fallu énormément de forces et de moyens pour empêcher John d’aller directement au manoir des Bradford afin de brûler l’homme vif, mais le jeune homme a bien fini par entendre raison, se laissant tomber au bout de plusieurs heures, épuisé, sur une chaise en face de sa mère. 

Marvin caresse toujours doucement les cheveux de sa soeur, endormie dans la chambre tandis que Jude, toute aussi épuisée, s’assoie à ses côtés, la tête entre les mains.

« Il mérite pire que la mort. »



Sa mère acquiesce, gravement.

« Mais c’est un Bradford, » lui rappelle t-elle doucement, comme s’il ne l’avait pas assez tendu ces dernières heures. 

Bradford. Le nom a mauvais goût sur sa langue à présent, il roule mal, il est craché. Il n’y a plus d’affection, plus d’admiration; la réalité est cruelle.

« Tu penses qu’elle est enceinte? »



Jane soupire profondément, passant ses mains vigoureusement sur son visage fatigué par les étapes de la vie plus que par le temps.

« Il y a des chances, Jude. Je ne sais pas. Ca fait longtemps? »

Ils ne savent pas. Personne n’a rien vu. Ils se sentent tous idiots, dégoutés, horrifiés.

Et même s’ils avaient vu, qu’est-ce qu’ils pouvaient faire? 

Les Bradford; s’aurait aussi bien pu être la famille royale, le résultat aurait été le même.

« Qu'est-ce qu'on va faire? »


« Tu ne peux pas rentrer, Hazel. Rentre chez. »



La jolie cligne des yeux, surprise, comme si elle venait de rentrer dans un mur.

« Qu’est-ce que tu racontes, John, je…

-Rentre chez toi Hazel. Et ne reviens pas. Jamais.»



Elle reste immobile, trop choquée, trop interloquée par la nouvelle qui lui semble si absurde qu’elle en est ridicule.

« John, ça n’est pas drôle. Qu’est-ce qu’il se passe?

-Rentre chez toi. »



La nuit a été trop fatigante, trop longue et il est trop las pour se quereller avec elle, une Bradford. Il n’arrive même pas à la regarder dans les yeux, les mêmes yeux que ceux de son demi-frère.

« C’est Lexy? »

Sans prendre la peine de répondre, il s’apprête à fermer la porte lorsqu’elle surgit brusquement en avant, s’agrippe à son haut.

« John! Parle moi! Est-ce que c’est Lexy? Ou Amanda? Est-ce qu’Amanda t’as dit quelque chose et-… »

S’en est trop pour lui, il ne peut pas la laisser ainsi insinuer des choses sur on amie alors que…


« Avant de t’en prendre à mes proches, tu ferais mieux de regarder autour de toi, Hazel. »

Il la repousse gentiment, incapable, malgré tout, de lui faire le moindre mal, bien qu’il sait que c’est la porte qui se ferme à son nez qui est le plus douloureux de tout.


Lexy est enceinte.


Hazel revient tant de fois qu’il finit par être obliger de la confronter afin de mettre à fin à cette folie - il l’espère.
Ils s’installent dans un parc, confortablement, comme s’il s’agissait d’un rendez-vous amoureux; le dernier, le tout dernier.  

Il ne la regarde même pas dans les yeux.



« On a abuser de Lexy. »



La confusion, la rage, l’horreur; l’expression du visage de la jeune fille les reflète tous et il a plus mal encore.

« Qui? »

La question est froide, toutefois la lave est palpable en dessous. Hazel, contrairement à lui, est une force tranquille, mais il ne serait pas judicieux que de dire qu’elle n’a pas de rage en elle, pas de feu.

Il déglutit; c’est douloureux. 



« Ton demi-frère. »

Elle se brise, éclate en mille morceaux. Elle pâlit, l’expression de son visage s’efface pour ne laisser qu’une masque blanc. L’information fait le tour, encore et encore et pourtant jamais elle ne rentre vraiment, jamais elle ne s’accroche, ne se fait un nid. 



« C’est impossible, Riley ne… Il aime Lexy, il l'adore! Il ne lui ferait pas de mal et… »

La colère monte malgré lui.

« Alors ce que Lexy nous raconte n’est que balivernes? Le bébé qu’elle porte n’est pas réel? »

Blanche comme un lin, Hazel se contente de le regarder, incapable d’articuler quoi que ce soit.



« Elle pleure tous les soirs, Hazel. Elle s’excuse en permanence et elle souffre, elle souffre tellement, je… »



Il ne peut rien faire. Il n’a plus d’options.

Bradford, putain de Bradford.

Hazel pose sa main sur la sienne, serre, larmes dégoulinantes le long de ses joues. Il ne résiste pas à l’envie de l’enlacer, de la serrer contre lui - une dernière fois, juste une dernière- et de se laisser consoler, une main dans ses cheveux bruns, une dans son large dos, rassurantes et pourtant si dangereuses. 



« Je suis désolée, si désolée, je ne savais pas, j’aurais dû savoir, ô mon Dieu… Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir, John, je te le promets… »

Brusquement, comme brûlé par les mots, il la repousse à distance raisonnable, mains fermées sur ses fines épaules.

« Non, tu ne peux rien dire, Hazel. A personne. Ton père va vouloir étouffer, l’affaire, Lexy va être traînée dans la boue et Riley n’en sera que plus furieux. Nous sommes différents, de classes et de morales. »



Les mots semblent s’étouffer dans la gorge d’Hazel aussi vite qu’ils veulent sortir puisqu’elle ouvre et referme la bouche rapidement plusieurs fois avant de saisir ses avant bras dans ses petites mains, le regard incroyablement triste.

« Alors on ne doit rien faire? Juste rester là et le laisser tranquille? Je ne peux pas faire ça, John.

-Parce que tu crois que c’est simple pour moi? Je le souhaite mort, je le souhaite brûlé, j’en rêve tous les soirs, Hazel. S’il n’y avait que moi, ce serait fait depuis longtemps. Mais on ne peut pas se le permettre. C’est la différence entre toi et moi, Hazel. »

L’idée de se retrouver dans la même catégorie que son frère ne semble pas lui faire bien plaisir et elle le lui fait bien sentir en lui envoyant un regard noir.

« Tu as juste peur.

-Peur? Peur?! »

John manque d’éclater de rire face à l’air déterminé de sa compagne. La différence, énorme, il la voit à présent. Ah, Amanda, l’avait prévenu, pourtant, il y a si longtemps.



« Elle va être ta perte, John. »

Il ne l’a jamais assez écouté. 



« Bien sûr que j’ai peur! J’ai peur pour ma famille! Tu ne comprends pas, tu ne peux pas comprendre parce que tu ne sais pas ce que c’est que d’être en bas de la liste, Hazel. Nous sommes pauvres, nous n’avons rien pour nous défendre; vous êtes riches et vous avez des milliers d’alliés puissants.
Lexy est une jeune fille de mauvaise famille, Riley un beau gentleman de très bonne famille, et tu crois encore à une justice? »



Il n’y aura pas de justice pour Lexy; le moins qu’il puisse faire est limiter les dégâts.

Hazel reste silencieuse, grands yeux bleus rivés sur lui. Si beaux, si cruellement beaux; John se lève. 


« Tu devrais rentrer chez toi, Hazel; tu t’es trompée de quartier. »



—

Paul restera en tout 2 semaines à la maison avant que la décision ne soit prise. 

John est charger de l’emmener à l’église dans la nuit, profitant de sa couverture pour l’anonymat.

Jane avait voulu le garder, malheureusement la simple vue du bébé était assez pour que Lexy ne se mette à pleurer et hurler, alors ils avaient du changer de plan.

C’est plus difficile qu’il ne le pense de laisser le bébé à la porte et de partir. Le petit garçon le regarde avec de grands yeux bleus ronds, bien éveillé pour son âge et l’avancée de la nuit.

Il sera sans nul doute un beau garçon.


Lexy est une toute autre affaire.

La jeune fille n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis l’accouchement et il a fallut beaucoup de moyens et d’astuces pour parvenir à la faire manger et juste vivre en général.

Elle n’a que 17 ans - John se le répète à longueur de journée alors qu’il la regarde fixer le plafond, livide et molle. Il se le répète, encore et encore et encore jusqu’à ce que la rage ne soit trop grande et qu’il soit forcé de faire un tour dehors ou retourner travailler.

La mine est une bonne distraction et défouloir pour ses problèmes, mais ça n’est plus un endroit qu’il apprécie; en réalité, il n’y a plus vraiment d’endroit qu’il apprécie.

Il croise parfois le regard d’Hazel au détour d’une rue et il est surpris de la facilité avec laquelle il arrive à lui tourner le dos malgré la grande tristesse ancrée dans ses traits; le nom Bradford suffit généralement à ce qu’il ne se sent pas coupable.

Il passe peu de temps avec Amanda, en particulier parce qu’il n’y a rien qu’ils peuvent se dire. En particulier parce qu’Amanda est si remontée qu’il est certain que s’ils en parlent, ils iraient tous les deux tout droit au manoir Bradford pour étriper le bâtard.

Lexy n’a que 17 ans et il n’a que 19 ans un coeur déjà si noir qu’il en semble irrécupérable.


Elle récupère; il ne récupère pas. 

Elle retrouve le sourire; il se force à le lui rendre.

A chaque fois qu’il la regarde,  il n’arrive pas à ressentir autre chose que de la rage, violente, brûlante, criante, horrible mais si, si attirante.

Lorsqu’il la serre dans ses bras, il ne peut que penser à ce qu’il voudrait faire au Bradford.

Il y pense, jours et nuits, nuits et jours et pas même les doux sourires et gentils mots de Lexy ne sont assez pour l’en empêcher. 

Ça le bouffe.

Il ne vit plus.

Il n’est plus.



.


     
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MessageSujet: Re: John Lester — « You've got a fire inside; »   Mar 22 Déc 2015, 03:10

Félicitation
Vous êtes officiellement validé ♥️

Bienvenu Paupaul.
GOOD GOD TU AS FINI TROP VITE JE ?? Suis impressionné. Et je te valide parce que tu attends déjà et je sens que tu veux faire la fiesta avec ta couleur ou je ne sais pas (tu peux juste admirer le fruit de tes efforts, ça marche aussi).
Niveau purement technique je n'ai rien vu qui cloche ou demande rectification. J'ai pas vérifié les mots mais ça m'avait l'air suffisant donc voilà.
Y'A PAS MAL DE FAUTES PAR CONTRE. Des er/é, des de/dans aussi qui traînent, des trucs comme ça. Et aussi "un tel hors d’oeuvre au milieu de la petite maison moisie" parce que genre un hors d’œuvre c'est de la bouffe et. Et voilà, ça m'a fait rire, genre ses parents sont des crevettes. (heureusement ce n'était pas trop tragique comme passage parce qu/PLEURE). Ou "au milieu des milieu des bâtiments", "un apparition", "la petite blondes", etcccc. Mais je sais que tu as écris en mode inspiration divine donc il doit y avoir beaucoup d'inattention dans le tas BJ
Sinon je. John. JOHN ACTUAL ANGRY MAN j'aimais son père je suis triste je voulais le voir partout. (vivant, pas mort, ce serait terrible). Je reste persuadé qu'Hazel avait des plans diaboliques envers tout le monde. Amanda où es-tu passée. Hazel est sexy h24 je te dis que ça cache quELQUE CHOSE C'EST TOUT JE LE SAIS et. ET VOILA maintenant écris vingt pages de plus, que je puisse rejuger tout le monde.



Cool

Tu peux dès à présent recenser ton avatar, ton métier et demander une chambre pour t'en faire un petit nid douillet. Tu peux également poster une demande de RP ou créer ton sujet de liens. Ton numéro va t'être attribué sous peu (normalement) et tu vas être intégré à ton groupe dans l'instant. Tu arriveras dans la pièce Sud.

GO ANGRY
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John Lester — « You've got a fire inside; »

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