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 Shane Gardner ▬ You can lead him to the ambulance

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DOSSIER
Nombre de décès  : //
Circonstances des décès  :
Métier  : Conseiller matrimonial.

MessageSujet: Shane Gardner ▬ You can lead him to the ambulance   Ven 01 Jan 2016, 19:58


I wake up in the morning,
And it comes back to you.
I breathe in I breathe out,
It comes back to you.
I stare up at the ceiling,
And it comes back to you.
I step out my front door,
And it comes back to you.
The end of my driveway,
It comes back to you.
Brakelights on the highway,
It comes back to you.
I could die in Los Angeles,
It would come back to you.
Nom : Gardner.
Prénom : Shane Andrew.
Surnom : Shay, Shaners.
Sexe : Masculin.
Âge effectif : 22 ans.
Âge apparent : 22 ans.
Date de naissance : 28/03/1996
Date de mort : 01/11/2018
Orientation sexuelle : Bisexuel. (♀)
Groupe : Commotus.
Nationalité : États-unien ; Missouri - Rocheport (Columbia)
Langues parlées : Anglais, notions vagues d'espagnol.
Ancien métier : Étudiant en mathématiques.
Métier actuel : Sans emploi.
Casier Judiciaire


▬ Crimes commis :
▬ Circonstances du décès :
▬ Péché capital principal :
▬ Péché capital secondaire :
▬ Rapport à l'alcool :
▬ Rapport aux drogues :
▬ Addictions :
▬ Mauvaises attitudes récurrentes :
▬ A été victime :


Physique


« Day four. Last visit to the clinic. My whole body feels like it's cracking into pieces. »



A une époque, Shane aurait aimé ressembler à un super-héros ; à un de ces mannequins au corps parfait qu'on pouvait voir dans les magazines ou les publicités, de ceux qui font glousser les intéressés et soupirer les autres.
Maintenant, il est juste content de ne pas ressembler à un cadavre fraîchement repêché dans le fleuve.

A défaut d'autre chose, il faut bien positiver.

Son mètre quatre-vingt, Shane l'habille d'os pointus et d'une peau entre le clair et le cendreux. Des bras aux jambes en passant par le torse, les muscles manquent tristement à l'appel. Sa minceur, quoi qu'il n'ait jamais été bien épais, a été largement empirée par les prises de stupéfiants et d'alcool ; comparé à sa silhouette de l'époque, il n'ose pas redire grand chose aux quelques kilos qui peinent à revenir lui coller aux cuisses. Ce n'est pas non plus comme s'il était du genre à soulever des poids tout les soirs ou à tenter de se fortifier le corps une bonne fois pour toute — au contraire, il n'a jamais réussi à se motiver pour ce qui est musculation et entretien physique ; alors non, vraiment, il ne peut pas trop s'en plaindre. S'il a des allures de phasme, c'est de sa faute et rien que de sa faute.
Le temps qu'il décide de s'y mettre, il n'est pas sorti de l'auberge.
Au-delà de son corps filiforme, Shane a un visage des plus banals. Ses yeux marrons sont un peu en amande, parait-il, mais lui ne voit pas très bien ce que ça implique ; ses cheveux, bruns également, sont fins et plutôt courts. Peu friand de coiffures au ras du crâne, il a tendance à les laisser pousser jusqu'à ce qu'ils lui arrivent devant les yeux ou que ça devienne gênant pour travailler, lire ou autre. Il les laisse en revanche toujours séparés au milieu, avec un bordel équivalent de chaque côté, histoire de ne pas être gêné par une mèche certes très esthétique mais aussi très agaçante à entretenir et à coiffer. Le plus simple c'est, le mieux. Son nez est droit, un peu long et étroit ; ses lèvres fines et trop souvent sèches ou craquelées. Ses dents ont dû être largement refaites, alors même si on ne voit pas de défaut au premier coup d’œil, elles sont loin d'être parfaites pour autant. Un peu décalées, sacrément abîmées. Il s'estime chanceux de ne pas avoir subi de dégât plus dramatique ou de ne pas avoir eu assez d'argent pour réparer quoi que ce soit. Là, au moins, il n'a pas trop peur d'ouvrir la bouche. C'est déjà ça.
Le jeune homme a également un piercing sur l'arcade sourcilière gauche, soit un anneau soit un autre bijou quelconque, toujours noir ou argent de sorte à rester un minimum discret.  Du reste, il n'est pas très fan de colliers ou autres accessoires en tout genre. Il aime les bonnets, les vestes et les grosses chaussettes qui tiennent chaud, et il n'a rien contre les ceintures, bien entendu, mais sera rarement vu avec des bracelets aux poignets ou des bagues aux doigts. C'est lourd, ça se perd partout et ça ne sert à rien. Comme ça, au moins, c'est clair.

Disons qu'au-delà de ses tenues, Shane ne fait pas très attention à son apparence ; il veille à avoir l'air présentable et est bien heureux de ne pas avoir l'air d'un drogué de base, mais il ne fera pas de réel effort pour autant. Les cernes sont là et y restent, la peau est plus terne qu'autre chose et quant-aux ongles, ce serait bien un miracle qu'ils ne soient pas rongés.
Il fait comme il peut mais, clairement, ce n'est pas sa priorité.


Caractère


« Day six - when I'm left to my own devices I go fucking insane. »


Enfant, Shane était gentil ; prévenant, pragmatique, attentionné, curieux.
Adolescent, il est devenu désagréable. Mesquin, absent. Rancunier. Jaloux.

Maintenant, il n'a plus l'impression d'être grand chose.

Plus que tout le reste, Shane ne s'aime pas. Il ne se trouve pas drôle, n'aime pas ses silences et ses sourires stupides qui ne veulent rien dire ; il n'a ni le charisme, ni le charme, ni aucun moyen d'y pallier. Il fait pitié. N'a quasiment aucune qualité. Il ne sait pas comment garder les gens près de lui, comment leur donner envie de discuter ou de l'apprécier — alors, bien entendu, il ne s'attend pas à attirer la sympathie de qui que ce soit. Qui ferait attention à lui, hein ? Il pourrait aussi bien être invisible. Il a l'habitude. Il n'arrive à rien, de toute façon. Autant le laisser par terre puisqu'il finira par retomber un jour ou l'autre.
En clair, à voix haute ou en silence, Shane n'arrête pas de se plaindre.
Il se lamente sur son sort, abandonne avant même d'avoir essayé, traîne son spleen autant que des pieds et passe tout son temps à vouloir que les choses changent sans jamais faire le moindre effort en ce sens. Il a perdu toute confiance en lui ; à ses yeux, rien de ce qu'il dit ou pense n'a vraiment de valeur. Ou moins que si ça venait de quelqu'un d'autre, en tout cas. Il peine quotidiennement à voir le positif à son sujet et se blâme pour absolument tout ce qui se passe autour de lui. Si vous tombez et décidez que c'est de sa faute, il vous croira probablement. Si vous l'insultez, il ne répondra pas. Parce qu'après tout, si vous êtes énervé, c'est sans doute qu'il a fait quelque chose de mal. Il est vraiment, vraiment désolé d'exister. Il fera en sorte d'être plus discret la prochaine fois.

Inutile de dire que ça peut très vite taper sur les nerfs du plus patient.

Heureusement, Shane n'est pas toujours au plus bas ; il y a des moments où il se sent mieux, où la motivation le reprend à bras le corps. Ça ne fera jamais de lui quelqu'un d'extraverti et de bruyant, pour sûr, mais c'est toujours mieux que de le voir traîner par terre en se demandant pourquoi il existe.
Au moins, on ne peut pas lui reprocher de ne pas être attentif et dévoué à ses proches. Il écoute le premier qui le lui demande ou a l'air d'en avoir besoin, redresse quiconque est tombé non loin de lui, essaie d'offrir des cadeaux, se rend spontanément aussi utile que possible et ne sera jamais du genre à trop envahir l'espace personnel des autres — sauf exceptions. On ne peut pas lui nier un certain égocentrisme, triste et coupable ou pas, mais il s'efface aussitôt qu'on le lui demande. Il peut avoir des allures de fantôme, quand on ne fait pas suffisamment attention à lui. Aussi capable soit-il d'aller vers les autres et de leur parler, il ne revient pas là où il se pense de trop.
Masochiste, un peu, mais pas à ce point-là — et certainement pas sadique non plus.
Borné au possible, le jeune homme change rarement d'avis et quand il le fait, c'est à grand renfort de "je sais je suis stupide j'aurais dû m'en rendre compte avant". Une fois qu'il a bille en tête, l'empêcher d'agir relève du miracle. De la même façon, une fois qu'il s'est attaché à quelqu'un, s'en débarrasser demande des efforts clairs et conséquents. A moins de lui dire "je ne veux plus te voir", noir sur blanc et d'un ton sans équivoque, il aura tendance à revenir chercher du réconfort auprès de vous encore et encore et encore. Comme il aime se laisser tomber par terre et attendre de mourir — façon de parler, quoi que — il peut vite devenir très fatiguant pour ses personnes ressource. Se relever de lui-même, faire face à ses problèmes, se filer deux trois claques et se remettre les idées en place sont autant de choses qu'il est incapable de faire, pour ne pas dire qu'il ne compte pas essayer.
Et dès que quelqu'un décide de le prendre à charge et de l'aider sitôt qu'il en a besoin, la tendance empire. Parce que si on le relève, après tout, pourquoi essayer de se débrouiller tout seul ? Il sait qu'on va l'aider.
Ce n'est pas conscient, mais c'est là malgré tout. Et ce n'est pas agréable.

Dépendant des autres et effacé, Shane est naturellement très prudent et gère mal le stress ou les difficultés. Malgré tout, en cas de besoin, il ne laissera jamais tomber ses proches. Plus qu'une promesse, c'est une obligation ; il sait ce qui se passe quand il rate quelque chose, et vivre une redite de son vivant est bien la dernière de ses envies. Il sait aussi se montrer passionné face à des choses qu'il aime, est volontiers travailleur une fois l'impulsion trouvée, n'a pas peur de se salir les mains et peut même être de bonne compagnie pourvu qu'on sache à peu près le gérer.
La colère n'est pas non plus le moindre de ses défauts ; il a beau avoir des airs de parfait tapis de sol, ça ne veut pas dire que son cœur ne se serre pas violemment à chaque manque de respect, chaque erreur, chaque regard de travers. Il essaie de réprimer tout sentiment négatif en le retournant vers lui-même, mais ça ne marche pas à chaque fois. Il y a des claques qui se perdent et parfois, il n'est pas loin de les distribuer. Tout intérioriser a ses limites, et lui aussi.
Il est également très influençable, malheureusement. Il essaie de ne plus se laisser entraîner par les autres, de s'imposer dans ses choix, mais les résultats sont loin d'être flagrants.

Refuser, ce serait encore risquer d'être ostracisé ou de blesser. Pour toutes ces raisons et bien d'autres encore, il a beaucoup de mal à dire non.


Histoire


« Day ten : They seemed amazed that I'm alive. »


Shane s'est toujours souvenu de son enfance mieux que du reste.
Et quand il y pense, accoudé à la fenêtre, il se dit que ça doit être quelque chose de l'ordre de la cruauté, ou peut-être d'un hasard malheureux ; vengeance divine ou autre connerie du genre, peu importe.
Il ne veut pas s'en souvenir. Ni de son enfance ni du reste, d'ailleurs — il ne veut se souvenir de rien.

Ce serait tellement plus facile comme ça.


Shane est né le 28 mars 1996, dans le Missouri. Ce dont il ne se rappelle pas des premières années de sa vie, des cartons entiers de photographies gênantes et de cassettes puis DVD sont là pour en témoigner ; son intérêt pour l'herbe, les magazines, la table du salon et les barreaux du lit de son petit frère, tout a été soigneusement documenté et étiqueté par ses parents. C'est ce qui fait qu'on se souvient, disaient-ils ; et comme à l'époque il se prêtait volontiers au jeu des poses et des sourires édentés, des souvenirs, ils en ont des tonnes dans le grenier.
Ses parents ont longtemps aimé lui rappeler comme il a grandi vite, comme il était tout fin, comme il ressemblait à un roseau et avait la gentillesse d'un petit ange ; et autant ce n'est pas le genre de choses qu'on aime entendre à l'adolescence, autant l'enfant trouvait les compliments élogieux. Il voulait être quelqu'un de bien, quelqu'un sur qui on peut compter. Un fils aimant et un grand-frère admirable.
Quelque chose comme ça.
Mackenzie, dit Mac, est né le 14 mars 1999. En plus d'un mois de naissance, les deux frères ont vite partagé le plus clair de leur temps et de leurs activités ; du foot de jardin aux explorations hasardeuses en passant par le ménage et le chien, aussitôt que le plus jeune a su marcher, ils ne se sont plus quittés. Shane avait à cœur de protéger Mac, Mac avait à cœur de protéger Shane. Les disputes étaient aussi rares que de les voir chacun dans leur coin.
Comme ils arrivaient malgré tout à se séparer quand besoin est, qu'ils ne posaient jamais problème — ou si peu — et qu'ils réussissaient à se faire des amis en dehors de l'autre, leurs parents n'ont jamais jugé nécessaire de les séparer. A quoi ça aurait servi, de toute façon ? Là où les garçons des voisins s'écharpaient volontiers, les leurs s'endormaient l'un sur l'autre et se consolaient au premier signe de déprime. Le seul crime qu'ils commettaient était d'être trop adorables pour leur propre bien, et l'un comme l'autre se voyaient mal les punir pour ça.
Le jour où Shane s'est blessé à la cheville, Mac a juré du haut de ses six ans qu'il ne pourrait jamais l'abandonner ; quand ses amis ont décrété que Mac était trop nul et trop petit pour jouer avec eux, Shane a refusé de le laisser tomber.

Les conséquences de toujours mettre la priorité à son frère, il ne les a ressenties que bien après.

Arrivé au collège, Shane n'a plus d'amitiés solides sur lesquelles compter. Mac n'est pas là ; puis il a ses propres amis, et aucun besoin que son frère retourne en primaire pour vérifier qu'il s'en sort. Mac s'en sort toujours, de toute façon. Il réussit tout.
Shane, lui, il trébuche, il tombe. Il s'écorche les genoux tout seul comme un grand, se fait quelques amis mais pas tant que ça, se prend autant de râteaux que de vents et commence à maudire ses bras trop fins et le charisme qu'il n'a pas. Les filles ne veulent pas trop de lui. Il ne sait pas comment font les autres pour avoir des groupes de potes et des copines, même pour une semaine à faire semblant de s'aimer un peu plus que les autres ; lui, il n'y arrive pas. Ça ne marche pas. Il doit lui manquer quelque chose de grave, parce que — tout les autres s'en sortent, eux, même certains qu'il juge moins cool que lui, moins mignons que lui, moins gentils que lui. On les aime quand même.
Shane n'a pas l'impression qu'on l'aime beaucoup.
Mac, pendant ce temps, tout le monde l'adore. Et c'est génial pour lui. Vraiment. Il ne lui souhaite rien de mieux que le meilleur, justement ; c'est son petit frère adoré, après tout. Tant mieux si les filles le trouvent mignon, tant mieux s'il est bon en classe, tant mieux s'il arrive à gérer ses problèmes sans avoir besoin de demander l'aide de ses parents, de ses amis.
Tant mieux s'il y arrive sans lui.

... Sincèrement. Tant mieux.

La sensation d'abandon et de défaite tiraille Shane plus fort qu'il ne l'aurait pensé possible. Il se met à en vouloir à son frère de le mettre dans l'ombre comme ça ; il vit mal d'être le deuxième quand il a toujours eu l'habitude d'être le premier. A dix ans, Mac se débrouille presque mieux que lui qui en a treize. Ça l'énerve. Ça le blesse. C'est injuste.
Son petit frère est censé être là pour lui, alors pourquoi il ne l'aide pas ?
Si au moins il avait encore besoin de son aide, il ne se sentirait pas si inutile.
Mais puisque Mac est trop occupé ailleurs et qu'il s'en sort par lui-même, alors tant pis.

Lui aussi, il peut se débrouiller tout seul.

Plutôt que d'en parler ou de chercher à s'en sortir par le haut, Shane décide de se jeter dans les murs. Il se met à être désagréable, à répondre à ses parents et à laisser ses notes chuter autant qu'il peut sans avoir de vrais problèmes ; s'accroche aux amis qu'il a déjà pour essayer de s'en faire d'autres. Peu importe qui, il veut qu'on l'apprécie — et si ça implique d'accepter de fumer, de se moquer des autres, de sécher les cours et de piquer des chewing-gum, alors c'est peu cher payé.
Que ce soit Carl, Nathalie ou d'autres, ses amis proches lui font suffisamment la morale pour qu'il ne parte pas dans les extrêmes. Il se contente d'essayer de s'intégrer tant bien que mal.
On s'acharne à lui dire qu'il prend de mauvaises habitudes, alors il accepte de les corriger.
Essayer, du moins.
Mais chaque fois que Mac hausse un sourcil, il a l'impression de sentir autant de déception que de mépris dans son regard ; et s'il ne sort plus constamment de table et ne se dispute plus autant avec ses parents, il garde toujours une distance claire et nette entre lui et son frère. Mac essaie plusieurs fois de le tirer de sa chambre ou de partager des choses avec lui, ne serait-ce qu'une discussion, mais les occasions se font rares et finissent trop souvent en portes qui claquent.
Il n'a besoin de la pitié de personne.

Surtout pas de la sienne.

En 2011, Shane a quinze ans et juge avoir trouvé un semblant de place dans la société. Il n'est pas exactement le plus populaire des garçons, mais il est de toutes les fêtes ; Carl le suit, Nathalie plus trop. Elle lui accroche la manche en battant des cils, mais lui est trop occupé à fixer le goulot et les cachets pour vraiment faire attention à elle. Il se met à fumer, régulièrement. Rien de dramatique. Pas de quoi s'inquiéter. Tout le monde le fait. Quand il boit trop vite et rigole trop fort, il a l'air cool ; les autres l'aiment bien. Il est fort, il est marrant, il s'éclate, il se laisse aller. C'est un mec bien. Un mec cool.
Super putain de cool.
La même année, il rencontre Myriam. Elle est assise sur le capot de sa voiture, a les cheveux raides, couleur écorce humide, et pas grand chose dans les yeux sinon qu'il les trouve à tomber ; il n'aurait sans doute pas été lui parler s'il avait été sobre, mais intoxiqué comme il l'est, les mots glissent entre ses lèvres avant qu'il ait pu les retenir.
Au début, elle le trouve juste débile. Et marrant.
Elle ne veut pas de lui, clairement.
Quand il se rend compte que lui courir après ne sert qu'à la faire rire (et encore), il boit un peu plus et accroche d'autres gens au hasard. Ça ne la rend pas jalouse, pour le peu qu'il la recroise, mais peu importe ; il s'amuse, au moins. Il rigole. Il ne touche terre qu'une fois sur deux. Ca devient gênant, mais qui s'en préoccupe ?

Au fur et à mesure, boire devient une obligation plus qu'un remède. Il le fait par réflexe, tout les soirs ou presque, et fume assez pour devoir changer de vêtements avant de revenir chez lui ; ses amis s'inquiètent. Il sort brièvement avec Nathalie, tout ça pour se faire jeter quelques mois plus tard quand elle réalise qu'il s'en fiche pas mal.
Mais comme il revoit Myriam, et que Myriam est ce jour-là beaucoup plus disposée à passer du temps avec lui, il oublie bien vite ses peines de coeur. Il ne voit que Myriam, Myriam est géniale, Myriam est sexy, Myriam est cool, Myriam est drôle et le reste du monde peut bien aller se faire voir ; il ne calcule plus Mac, ne calcule plus ses parents et bientôt, après une dispute explosive, il ne calcule plus ni Carl ni Nathalie non plus.
De proche, il n'a plus que Remy.
Et là encore, on ne peut pas dire qu'ils partagent grand chose de plus que des rires débiles et des nuits dont il se souvient à peine le lendemain.

Mais tant pis. Elle brille, il l'aime. Ça suffit.

Comme si.

Jusqu'à ses dix-sept ans, la situation empire. Les disputes entre lui et ses parents deviennent incontrôlables ; les hurlements en feraient peur aux voisins, et ce n'est pas Mac qui va calmer la situation. Dès qu'il s'en mêle, tout empire par dix. Shane ne peut pas le voir, ne veut pas le voir, et n'a plus vraiment à cœur de garder tout ça pour lui : Mac, blessé, lui renvoie sa colère plus qu'il n'arrive à la gérer. C'en est au point où, d'un commun accord, tout le monde préfère quand Shane n'est pas à la maison.
D'habitude, bien sûr, ce genre de discussions n'arrange rien. Loin de là.
Et pourtant.
En quelques années, quelques mois de temps, Shane est passé des petits cachets et de la fumette pour rigoler aux pilules tout les jours ; voire, dans de rares occasions, à des seringues dans le bras. Il se rend bien compte que ce n'est pas normal mais, tant qu'il a Myriam, tant qu'il a ses autres amis, tant qu'il peut s'endormir dans les bras de quelqu'un au hasard et savoir qu'on le comprend, qu'on le soutient, il fait en sorte que ça lui soit égal. Dès que l'euphorie redescend, dès qu'il se sent mal, nerveux, que sa peau le démange et qu'il n'arrive plus à rien, il en reprend une dose. C'est facile. Ça aide. Ça va.
Mais après l'altercation, ce jour-là, il s'arrête devant le miroir ; devant les photos. Il se regarde, se regarde vraiment, se mord les lèvres et se demande combien ça va coûter pour lui redonner un joli sourire.

En été 2013, sa dernière année de lycée, il décide de tout arrêter.
La décision n'est pas plus facile que sa mise en œuvre ; il n'a personne sur qui compter pour le soutenir, et les seuls amis qu'il a se moquent suffisamment de lui pour qu'il mette des mois supplémentaires à vraiment s'y mettre. Il continue de boire mais diminue les cachets autant qu'il peut. Son humeur empire, les maux de tête aussi. Pour ne pas être tenté, il s'efforce de s'isoler ; en manque de drogue autant que d'attention  il replonge tête la première à plusieurs reprises.
C'est difficile. Ça fait mal. C'est horrible. Malgré tout, il s'accroche. Il réussit à avoir des semblants de discussion avec ses parents et même avec Mac ; ils regardent la télévision ensemble, sans rien dire mais sans se chamailler non plus. Il s'accroche aux détails pour essayer de s'en sortir.
Mais il est encore tout seul.
Et tout seul, il n'y arrive pas.
Après avoir obtenu son diplôme dans le brouillard le plus total, incapable de dire comment il a attrapé la moyenne dans la plupart des matières, il profite de la fin de l'année scolaire pour rester seul et couper complètement les excès. Son humeur retombe à nouveau, il devient insupportable. Les disputes reprennent et, pour les gérer, il décide de s'isoler dans sa chambre. Ses parents s'inquiètent à en mourir.
Mac aussi.
Mais Mac, lui, il lui prend ce qui lui reste de cachets. Il les lui vole devant son nez ; il s'énerve, crie, lui assène plusieurs vérités et autant d'insultes maladroites. Shane, paniqué, se lève pour essayer de récupérer son sachet. Ils se poussent, s'insultent, s'agrippent et se bousculent.
Quand Shane se sent trébucher, ses réflexes émoussés l'empêchent de saisir quoi que ce soit. Ni la rampe, ni ses bras ne viennent amortir la chute ; il dévale l'étage en quelques secondes et, quand il arrive en bas, il perd connaissance avant d'avoir pu se demander s'il allait mourir.

Malheureusement, il n'est pas mort.
Il se réveille à l'hôpital, dans une chambre vide. Seul. Ses parents ne sont pas là et même quand il appelle une infirmière, ils mettent un temps infini à arriver.
Et ce n'est pas lui qui égrenne les secondes, non. Il le sait parce qu'il regarde l'horloge.
Quand ils arrivent, près d'une heure plus tard, ils ont l'air aussi heureux de le revoir que s'il venait de commettre le pire des meurtres — et même si ce n'est pas tout à fait vrai, c'est comme ça qu'il le ressent. Qu'ils ne sont pas contents de le revoir. Qu'ils lui en veulent atrocement.
Sur ce point, il a raison. Ils lui en veulent atrocement.

Quelques chambres plus loin, Mackenzie a perdu l'usage de ses jambes.

Si on a jamais expliqué les circonstances exactes de l'accident à Shane, il devine parfaitement que c'est d'avoir eu Mac devant lui au moment de la chute qui lui a permis de s'en sortir indemne là où son frère a eu la colonne brisée. Il demande à le voir, mais Mac refuse. Il se plie à sa décision sans broncher. Après tout, il a tout les droits d'être en colère. C'est de sa faute s'il est en fauteuil roulant.
Qu'il va être en fauteuil roulant, du moins.
Le grincement des roues, il ne l'entendra que près d'un an plus tard.
Aussitôt sorti de l'hôpital, les parents de Shane le sermonnent à l'en faire pleurer. Il s'excuse, promet de se soigner ; ils ne lui laissent de toute façon pas le loisir de refuser. Il est envoyé dans un centre de désintoxication censé l'aider avec ses problèmes d'alcool et de drogues. Il y parle sans arrêt, écoute sans arrêt, revoit ses parents, parle avec eux et des thérapeutes.
Mac, lui, reste absent peu importe ses demandes et celles des médecins.
Les premières semaines sont horribles. Les mois suivants un peu moins. Au fur et à mesure, il apprend à connaître les autres résidents, soignés comme soignants, et se sent moins seul. Il parle plus ouvertement, plus honnêtement, et accepte petit à petit que tout n'est pas entièrement de sa faute sans la rejeter sur autrui pour autant. Il se reconstruit. Il pense à l'avenir. Se remet à espérer. A vouloir. A rire. Il a l'air mieux ; ses parents restent distants, mais ils lui en font sans cesse la remarque malgré tout.
Il revit, assez littéralement.
Quand il revient chez lui, son dix-neuvième anniversaire est passé et Mac refuse toujours de lui adresser la parole. Si ses parents ne les forçaient pas à s'asseoir ensemble à table, l'un ou l'autre finirait inévitablement par la quitter avant même d'avoir commencé — voire par ne pas venir du tout. Shane fait des efforts pour le laisser respirer tout en essayant de renouer le contact, mais rien ne fonctionne.
Quand il accepte enfin de lui parler, près d'un mois plus tard, c'est pour lui dire qu'il ne lui pardonnera jamais et qu'il peut bien mourir pour ce qu'il en a à faire.

Shane, qui n'était pourtant plus proche de son cadet depuis des années, a l'impression qu'on vient de le briser en deux.

Ce qui est risible, n'est-ce pas, puisque lui a encore ses deux jambes et sa colonne intacte.
On arrête pas de le lui répéter. Il saisit l'idée.

L'année suivante, il reste chez lui et étudie pour rentrer à l'université. Sa relation à ses parents se rétablit doucement mais sûrement, non sans mal mais non sans efforts des deux côtés ; la confiance peine à revenir, surtout avec son père, mais les choses vont en s'arrangeant. Il reste en contact avec certains de ses amis du centre et, comme on le lui a conseillé, évite religieusement de reparler à ceux qu'il avait durant sa période d'addiction. Il ne sait pas ce qu'il est advenu de Myriam, mais c'est mieux comme ça. Il ne peut rien pour elle et inversement.
En Septembre 2016, il entre à l'université de Columbia pour étudier les mathématiques. Vivre seul est éprouvant les premiers temps, et ses parents l'appellent régulièrement pour vérifier qu'il va bien, mais il s'y habitue. Il se fait des amis ; étudie religieusement, avec autant de sérieux que possible, pour prouver qu'il est fiable et peut arriver à quelque chose. Il ne boit pas. Ne prend rien. Est clair et ferme dans son refus, même quand on le prend à la rigolade.
Quoi qu'il advienne, il ne replongera pas ; il a fait une promesse, il se doit de la tenir. Il veut réussir. Il veut aller mieux, se sentir en droit de vivre et d'être heureux.
Mais pour ça, il a besoin de la permission de Mac.
Et Mac refuse de la lui donner.
Au bout d'un temps, la compréhension familiale à l'égard du cadet se fait lassée ; agacée. Shane n'a pas fait exprès. Ce qui lui est arrivé est horrible, oui, et ils ne lui demandent pas de faire ami-ami avec son frère, mais il pourrait au moins le pardonner ; le laisser vivre. Admettre que tout n'est pas noir ou blanc.
Mais peu importe les efforts de chacun, il refuse catégoriquement. Shane sera pardonné à sa mort, éventuellement ; et encore. S'il ne peut pas réparer ce qu'il a cassé, il refuse de lui accorder quoi que ce soit. Il lui en voudra toujours. Rien ne sera jamais assez.

Rien.

Doucement mais sûrement, les mots de Mac comme ses silences attaquent à l'acide les résolutions de Shane comme ses sourires. Ce qu'il pensait tolérable au début lui apparaît soudain insurmontable : Mac ne le pardonnera jamais. Ça paraît évident. Sa volonté à ce sujet n'a pas flanché d'un centimètre depuis l'accident, alors il n'y a aucune raison pour que ça change.
Cet abruti sait être borné, quand il veut.
Il aurait aimé ne pas s'en rappeler dans des circonstances pareilles. Mais, d'un autre côté, ça reste de sa faute. Il lui a pris ses jambes alors qu'il voulait juste l'aider.
Tout est de sa faute.


     
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Dernière édition par Shane Gardner le Mar 18 Juil 2017, 00:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Shane Gardner ▬ You can lead him to the ambulance   Mar 18 Juil 2017, 00:10

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MessageSujet: Re: Shane Gardner ▬ You can lead him to the ambulance   Mar 18 Juil 2017, 00:11

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MessageSujet: Re: Shane Gardner ▬ You can lead him to the ambulance   Mar 18 Juil 2017, 00:12

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MessageSujet: Re: Shane Gardner ▬ You can lead him to the ambulance   Mar 18 Juil 2017, 00:12

[ get  up ]

___________________________________________________


« Little angel go away, come again some other day ;
The devil has my ear today, I'll never hear a word you say.
He promised I would find little a solace and a peace of mind -
Whatever, just as long as I dont feel so

Desperate and ravenous ; so weak and powerless. »

This is just an act of kindness to let you know that your time is up :
 
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MessageSujet: Re: Shane Gardner ▬ You can lead him to the ambulance   Mar 18 Juil 2017, 00:14

Félicitation
Vous êtes officiellement validé

LOL c moch ew

Tu peux dès à présent recenser ton avatar, ton absence de métier et demander une chambre pour t'en faire un petit nid douillet. Tu peux également poster une demande de RP ou créer ton sujet de liens. Ton numéro va t'être attribué sous peu et tu vas être intégré à ton groupe dans l'instant. Tu es arrivé dans la pièce Ouest.

Your time is up.
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Shane Gardner ▬ You can lead him to the ambulance

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