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 I HATE EVERY SINGLE STUPID WORD YOU SAY

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MessageSujet: I HATE EVERY SINGLE STUPID WORD YOU SAY   Mer 5 Avr - 18:17

J[/font]ules plongea dans une ruelle adjacente avec toute la grâce et la souplesse dont il était capable ; il trébucha, faillit se tordre la cheville et tomba nez à nez avec le diable en personne. Disons plutôt qu'affalé là où il était, il avait tout loisir de faire la conversation à ses jambes, mais il n'avait pas envie de se préoccuper des détails quand l’entièreté de sa vie était à revoir.
De sa mort. Détails, encore ; il soupira profondément.

Après plus de soixante années passées à vivre dans un cadre, il avait du mal à sortir dudit cadre ; la campagne ne ressemblait pas à la sienne, grouillait de créatures mystérieuses quand ce n'était pas d'imbéciles pendus aux arbres à la recherche de cryptides. Jules avait été profondément outré de se faire arrêter deux fois de suite par un promeneur égaré et était sorti des bois – il n'aurait pas avoué, même face à la torture, que les araignées volantes qui s'alanguissaient paresseusement sur les feuilles y étaient pour quelque chose. La « civilisation » ne le tentait pas trop, mais il n'avait nulle part où aller, et s'il mettait « civilisation » entre guillemets, c'était pour une bonne raison. L'au-delà était composé d'individus bruyants, massivement jeunes et adeptes du hurlement sans queue ni tête ; Jules aimait les personnes raffinées et silencieuses. Ils n'étaient pas faits pour s'entendre. Sans compter les Démons qui se promenaient librement parmi eux et exposaient fièrement leurs difformités à la population. Il leur avait fait la grimace et avait cherché à fuir la foule, en vain.

Un bain de foule équivalait à un minimum de cinq personnes pour Jules, rendant les rues les plus animées propices aux sautes d'humeur dont il était friand. Il avait passé un savon à un riverain qui n'avait rien fait dans son agacement et ne s'était pas excusé de cet écart à Dieu : depuis qu'on l'avait escorté de cette pièce blanche à des bureaux aussi laids que les employés qui y travaillaient, il était quelque peu en froid avec lui.

N'avait-il vécu et enduré que pour se retrouver dans cet ersatz d'enfer ? N'avait-il fait vœu de silence que pour se faire hurler dans les oreilles en retour ? Ciel, il avait croisé des personnes qui prétendaient être nées un siècle après sa mort, si ce n'était plus ! Il n'avait pas fait semblant de les croire, mais plus il les côtoyait par accident, plus la vérité était difficile à ignorer.
A son époque, les gens les plus grossiers n'étaient pas aussi grossiers, et il en avait croisé ! Les femmes ne se promenaient pas non plus avec des jupes à hauteur du genoux qui incitaient le plus lubrique à y glisser la main – force lui était de constater que ces gens disaient vrai, sans quoi il était entouré d'une armée de prostituées.

Honnêtement, Jules ne savait pas quelle option était la meilleure. Il vivait un cauchemar. Il aurait aimé qu'on le réveille. Même Liberté lui était plus supportable que ces gens.
Il laissa un soupir contrarié lui gonfler la poitrine. Si Isaure le lui demandait, il comptait passer le reste de la soirée à terre, à l'abri de cette ruelle étrangement silencieuse. Et s'il ne voulait pas parler, il pouvait toujours la foudroyer du regard, pire que si elle avait été Judas dénonçant le Christ à Ponce Pilate. Quoique, songea-t-il, sa tenue la rangeait plutôt dans la catégorie de toutes les Marie-Madeleine de ce monde.

Il avait appris que sur Terre comme au « ciel », s'il cherchait à se cacher, il tomberait toujours sur la dernière personne qu'il tenait à voir.
Ahaha.

rofl:
 

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MessageSujet: Re: I HATE EVERY SINGLE STUPID WORD YOU SAY   Sam 8 Avr - 19:51


Isaure détestait cet endroit. Asphodèle? C'était de la grosse merde. Elle en regretterait presque l'hôpital, et c'était dire. Si elle était morte, au moins qu'elle puisse choisir ses habits, quoi, c'était la moindre des choses. Mais non, elle avait cet atroce uniforme à mettre religieusement tous les jours, et honnêtement, elle se sentait comme une nonne, peu importe la longueur de sa jupe. Elle aurait pu aussi bien la laisser traîner par terre que de l'utiliser en mini-jupe que le sentiment aurait été le même. Par esprit de contradiction, bien entendu, elle l'utilisait en mini-jupe parce que fuck la police, comme on dit par chez elle. Du moment qu'elle m'était les vêtements, on lui foutait assez la paix. Elle aurait fait une manifestation nue, mais toute seule, ça n'aurait pas été très impressionnant et elle n'avait pas encore eu l'occasion de rencontrer quelqu'un avec le moins point de vue qu'elle.

Ah, les gens d'ici, c'était quelque chose aussi. Il y en avait des passables, mais mon dieu qu'il y en avait des chiants. Bien sûr, il y avait des chiants de son vivant, mais au moins, ils avaient été des chiants de son époque. Elle ne visait personne en particulier, bien sûr. La mentalité religieuse du XVIIIème c'était un autre monde. Isaure avouait se faire un grand plaisir de cracher dessus avec sa petit jupe et son attitude. Le truc bien, avec cet endroit, c'était que c'était rempli de gens à faire chier par sa simple présence. Elle adorait. Mais Killian et Arnaud lui manquait, sincèrement. Même la bouffe dégueulasse de l'hôpital lui manquait. Elle avait passé son temps depuis son arrivé dans la nostalgie la plus totale. Elle ne souffrait plus, c'était une certitude, mais le vide n'était pas forcément une meilleure sensation. Elle n'avait pas d'illusion pour une après-vie paisible et belle. Elle pensait que c'était juste le vide, qu'elle cessait d'exister, totalement, et c'était bien ainsi. C'était comme ça qu'elle voulait que ça se finisse. Que tout cesse, enfin. Sauf que non. Sauf qu'il y a Asphodèle. Et Isaure est triste à en mourir, encore. Elle se demande si un jour elle va connaître le bonheur, le vrai. Pas ici, en tout les cas. Est-ce qu'il y a autre chose, après Asphodèle? Elle espère.

Tant de pensées macabres lui encombraient l'esprit, beaucoup trop. C'était insupportable et elle en avait assez de se morfondre dans sa maison partagée, alors elle était sortie. Elle trouvait tout très laid, bien sûr, cependant elle avouait que certaines rues étaient assez accueillante, et, de toute manière, elle avait bien besoin de se défouler. Elle n'a pas encore de métier, elle n'en a pas la motivation, alors forcément, faire le tour de la maison toute la journée, ça devenait un peu répétitif et ça n'aidait pas. Les rues étaient calmes. Isaure croisa quelques Daemons - elle n'avait pas encore tout à fait compris leur but, mais elle gardait ses distances, au cas où- et quelques autres habitants, certains qu'elle connaissait déjà, d'autres qui étaient encore des inconnus au bataillon.

Lorsque, du coin de l'oeil, elle aperçoit un petit groupe d'hideux Daemons, elle décide qu'il est l'heure de changer de rue en se faufilant dans une ruelle. Elle qui, déjà avant, n'avait peur de rien, était encore plus téméraire à présent, et les petites ruelles sombres lui plaisaient de plus en plus. Elle était déjà morte, quoi de pire pourrait lui arriver? C'est alors qu'elle allait déboucher sur une nouvelle rue que quelque chose plonge gracieusement à ses pieds.

Quelqu'un.

Un sourire narquoi s'étend sur ses lèvres. Ah, juste la personne qu'elle mourrait d'envie de voir.

"Ah, Jules, tu as enfin trouvé ta juste place dans ce monde, j'en suis très heureuse."

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MessageSujet: Re: I HATE EVERY SINGLE STUPID WORD YOU SAY   Aujourd'hui à 2:34

Avec tout ce que son visage pouvait contenir de mépris, Jules grogna une insulte inintelligible aux jambes d’Isaure.
Il y avait les autres, à Asphodèle, et il y avait aussi ceux qui ne méritaient pas le moindre qualificatif tant ils auraient mieux fait d’aller se noyer plus loin : Jules n’était pas du genre à cacher son antipathie, car il se considérait comme quelqu’un d’honnête et entier à défaut d’être aimable. Mentir l’aurait tant rebuté que sa langue en aurait été écorchée à coup sûr, et il préférait encore qu’on le déteste plutôt que se détester lui. Il avait bien vite compris qu’il ne pourrait compter que sur lui-même dans cette marmite du diable, et autant supporter sa propre personne s’il allait devoir passer les cent prochaines années en tête à tête avec sa mauvaise humeur.

Fort de ce constant rassurant (les autres étaient un poison, lui ne se faisait aucun mal), il roula sur le dos et se redressa à demi. Il n’allait pas lui laisser le plaisir de lui marcher dessus – elle l’aurait fait, la garce – mais n’aimait pas se souvenir plus que nécessaire qu’elle faisait sa taille et qu’il devait forcément la regarder dans les yeux s’il lui parlait. Il préférait encore rester assis et faire la conversation au trottoir.
En parlant de « juste place », c’était exactement celle qu’elle recherchait ; ce n’était pas lui qui faisait commerce de l’indécence. Il se décida à le lui dire et après un regard éloquent à la longueur de sa jupe, qu’il ne considérait d’ailleurs pas comme telle vu le peu de tissu qu’elle requérait, et marmonna quelques mots d’une tendresse exemplaire :

« T-tu confonds avec la t-tienne ; le t-trottoir, c’est pour les gens co-comme toi. »

Inutile de rester silencieux avec Isaure : elle réussissait fort bien à lui tirer les mots de la bouche, même quand il n’en avait pas envie. Or, il était tellement agacé qu’il se sentait le besoin d’insulter quelqu’un ou quelque chose. Puisque la jeune fille lui était tombée dessus, autant passer ses nerfs sur elle. Il avait encore un minimum de respect pour les inconnus, et il lui semblait logique de sortir ses quatre vérités à quelqu’un le méritant.
En l’occurrence, une péripatéticienne sans respect aucun de la dignité humaine ou des autres en général – deux choses qui auraient pourtant gagné à être religieusement respectées. Jules ne le répétait jamais assez, mais les femmes, pour peu qu’elles aient encore une vertu quelconque à défendre, n’étaient intéressantes que dans le prolongement d’un silence de couvent. Il serra les dents, conscient d’être sec et amer, mais il n’y pouvait rien.

Comme si les hommes avaient le péché inscrit dans leur cœur, quand les femmes s’y mettaient, le tableau était d’autant plus laid et choquant.
Isaure était laide et choquante, rectifia-t-il à son subconscient, qui avait la fâcheuse habitude de s’égarer à la moindre occasion en terre inconnue.

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