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 La fable du corbeau et du canard.

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MessageSujet: La fable du corbeau et du canard.   Jeu 13 Juil 2017, 22:23

Quand on ne connaît pas un lieu, quoi de mieux que le visiter ? Voilà ce qui semblait sonner comme une évidence, surtout pour NJ qui n'aurait pas su quoi faire autrement. Rien ? Ça ne l'inspirait pas du tout. Ses longues jambes demandaient à être sorties, et c'est ce qu'il fit pendant ces quelques jours qui suivirent son arrivée. Son tour des environs démarra avec le centre ville et les commerces, lieux essentiels à priori. Il devrait trouver un travail pour se faire de l'argent, il imaginait aussi ? Mais ça ne lui semblait pas non plus une priorité pour l'heure. Pour faire quoi, de toute façon ? Que savait-il faire ?
Même s'il ne semblait pas plus que ça alarmé par sa situation, être vierge de souvenirs restait tout de même une expérience particulière. Il n'aurait su comment la décrire, mais on lui avait aussi assuré que ça ne devait être que temporaire ? Il était obligé de leur faire confiance pour le coup. Mais n'était-ce pas bizarre de regretter quelque chose qu'on ne connaissait pas ? Qu'il y ait comme un sentiment de manque intense ? Hm. Il allait falloir faire avec, c'était tout ce qu'il pouvait se dire.

Outre la ville, qui représentait en fait Asphodèle, il y a avait aussi d'autres environs qui portaient le nom de Zones. Dans son cas, il n'avait accès qu'à la première, mais le jeune homme avait bien compris qu'il y en avait deux autres. C'était plutôt étrange, comme pratique, non ? Associé au fait qu'ils avaient des matricules et étaient obligés de porter des uniformes ... Tout ça lui laissait un goût assez déplaisant sous la langue.
Mais il laisserait ça dans un coin de sa tête, le temps d'en apprendre un peu plus sur son nouveau lieu de résidence.

Ce jour-là, son exploration l'avait mené jusqu'à la forêt. Une immensité sombre et boisée, d'un premier abord peu accueillant. Pour autant, ça n'allait pas être ça qui allait l'arrêter. Aucun panneau danger ou banderole jaune et noire ne l'avertissait de rien, alors autant en profiter. Comme d'habitude, il n'était pas plus armé ou habillé différemment qu'au premier jour. Et ce bien que maintes fois il s'était dit qu'il devrait au moins changer de chaussures. Crapahuter dans les hautes herbes en pleine pénombre le convainquit une bonne fois pour toute de la chose. Malheureusement, NJ se sentait déjà bien trop impliqué pour faire demi-tour, et c'était bien peu comme complainte ! Ses yeux s'habituant donc petit à petit au manque de luminosité, il continua prudemment à avancer.
Ses mains frôlaient les troncs environnant et ses oreilles restaient grandes ouvertes aux bruits divers.

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MessageSujet: Re: La fable du corbeau et du canard.   Sam 10 Mar 2018, 04:16

Maksym poussa un râle d’agonie ; allongé de tout son long sur une branche, il laissait sa vie défiler devant ses yeux – et remettait tous les choix dont il pouvait se souvenir en question. Était-ce sa faute ? Ou bien celle de quelqu’un d’autre ? Avait-il été désobéissant à ce point ? Il s’était représenté la mort comme une espèce de gouffre sans fond, dans lequel on flottait ad vitam aeternam. Rien pour nous différencier, ni richesse ni vertus. Tous logés à la même enseigne ; ça faisait du bien, pour une fois. Et il avait beau avoir eu raison sur le côté « tous égaux » qu’il avait – peut-être parfois hypocritement – prêché toute sa vie, il s’était totalement gouré pour le gouffre sans fond.
Asphodèle, comme les employés se plaisaient à l’appeler, était une version réduite et décolorée du vrai monde, et marcher dans les rues lui rappelait juste tous les mercredis passés à zoner en attendant que le temps passe. Sauf que là, il ne passait pas ; il n’avait rien à attendre, ni petit frère à aller récupérer à la sortie de l’école ni mère à accueillir le soir avec un semblant de repas. Il mangeait, il dormait, mais il ne vieillissait pas et comme il était déjà mort, il ne pouvait même plus attendre la douce sensation de liberté censée venir avec le trois tonnes lancé à pleine vitesse sur le boulevard. Et ça craignait. Très fort.

Il passa ses mains sur son visage avec un grognement étouffé. Sérieux, quoi ; il souffrait pendant vingt-six longues années, quasi vingt-sept, et c’était ça sa récompense ? Il préférait encore regarder son corps pourrir en jouant aux osselets avec ses phalanges ! Merde, quoi. Les yeux collés aux branches qui se tordaient au-dessus de lui, il laissa filer un soupir tremblant. Il avait besoin de se détendre, de se poser, de réfléchir à la situation et de faire péter un truc. Autre point négatif dans ce trou à macchabées : faire exploser les bâtiments publics était tout autant hors de question que de son vivant. Il crevait jeune, de toute évidence d’une mort glauque, violente et pas désirée, et il pouvait même pas exprimer sa colère à coup de dynamite ! Inadmissible. Il avait besoin de hurler et de réduire quelque chose en cendres. Now.

Maksym grogna une énième fois pour la forme, avant de s’immobiliser. Ses oreilles paranoïaques avaient saisi un son différent de la normale ; après des heures passées à se lamenter en pleine forêt, le jeune homme avait inconsciemment dressé une liste des bruits gravés dans le décor. Celui-ci n’en faisait pas partie. Fort d’une vie passée à esquiver les balles comme les rivaux, il se redressa avec souplesse et se colla au tronc. La branche sur laquelle il s’était perché ploya à peine sous son poids, et ses yeux clairs cherchèrent quelque chose dans la pénombre. Il n’en connaissait pas les contours, mais plus ils se rapprochaient, plus Maksym parvenait à les distinguer.

Des bruits de pas.

Son imagination partit au quart de tour. Il l’avait relativement développée depuis l’enfance, mais elle avait tendance à battre la campagne depuis son arrivée. Il savait que rien d’étrange ne ne pouvait lui arriver dans son quartier, que si un bruit le faisait sursauter, c’était que quelqu’un était tombé dans les poubelles, ou réparait sa boîte aux lettres à coup de marteau. Ici, il ne pouvait être sûr de rien. Il avait croisé des animaux qui n’apparaissaient dans aucun bestiaire, et qui auraient certainement pu lui arracher la tête d’un mouvement de bras.
Il déglutit. Le pas n’était pas lourd, mais il refusait de se bercer d’illusions. Il voulait voir, s’en assurer, savoir qu’il ne risquait rien avant de se montrer ou de faire le malin. L’Homme est un loup pour l’Homme, et même si l’inconnu faisait 1m50 pour 30 kg, il ne devait pas baisser ses gardes.

Doucement, Zaichik. Tu risques ta peau.

Avec des trésors de prudence, Maksym se pencha et fixa la pénombre. Une silhouette en émergea bientôt, pâle et plutôt grande. Le garçon cligna trois fois des yeux, soupira puis courba les épaules ; il ne l’avait pas vu, et il avait le mérite de ne pas être une espèce de centaure à dents pointues ou il ne savait pas trop q—

Une des canettes de nourriture, qu’il gardait religieusement dans son sac, se fit la malle. Maksym jura tout bas, le bras tendu dans un geste désespéré pour la rattraper. Elle atterrit au sol avec ce qui lui sembla être un bruit sorti des enfers, et il se rencogna par réflexe au tronc comme un animal pris en chasse.
Bravo, Zaichik : tout ce que t’as retenu de ta vie, c’est te faire prendre bêtement. Si l’autre avait eu une kalachnikov sur lui, il aurait partagé le même sort que…
Que ?

Sa tête le lança. Il insulta le monde entier en se repliant sur lui-même.

___________________________________________________

You left me there,
Waiting at the bottom of the stairs,
With my eyes closed,
Holding my right hand in my left ;
There is no time for hesitation now,
You come or go.

Keep all my promises to break them,
I am no, oh no, innocent son.

You run rabbit, run !

You’re the antidote to everything except for me:
 
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