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 INTERACTION ▬ Les os de la poupée (III)

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MessageSujet: INTERACTION ▬ Les os de la poupée (III)   Sam 13 Jan 2018, 21:45

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•••
La jeune femme en uniforme suit Amal de près ; quelques pas en arrière, Yehonatan ferme la marche. Pas un mot ni un regard n'est échangé dans le couloir, les escaliers, le pallier. Quand ils atteignent la chambre de la jeune femme et qu'elle leur est ouverte, ils y entrent sans plus de palabres ; le sérieux sur le visage de la garde, contagieux, finit par tendre les traits du policier de nouveau.
Sans s'inquiéter de politesse ou d'intrusion dans ce qui pourrait être considéré comme un espace très personnel, l'un croise les bras dans son dos et l'autre contre sa poitrine.

« Donc. » Il s'éclaircit la voix. « Soyons plus clairs, si vous le voulez bien. Comme je vous l'ai dit plus tôt à demi-mots, vous êtes soupçonnée d'avoir dérobé un objet très précieux et porté atteinte à l'intégrité d'une garde.

-Nommément, Phlege.

-L'objet en question est un poignard. Je suppose que vous le saviez, poursuit-il, prudent. Vous avez plusieurs fois précisé n'avoir blessé personne, donc je suppose également que vous êtes au courant de la situation. Au moins un minimum. »

Styx semble vouloir ajouter quelque chose, mais elle se contente de serrer les mains contre ses bras. L'intensité de son regard ne parait pas moins dangereuse que la lame du poignard rangé à sa ceinture.

« Considérant que nous parlons bien de la même chose, j'aimerais avant toute chose avoir votre version des faits. »

Tout deux la regardent en silence, dans l'expectative.

Mais que dire ?

▬ Votre personnage dispose à présent de quatre options, ayant chacune des conséquences différentes.

• Dire toute la vérité. { 1 - 6 }

• Mentir par omission. { 2 - 5 }

• Déformer la réalité / mentir complètement. { 3 }

• Refuser de dire quoi que ce soit. { 4 }

Si vous ne parvenez pas à choisir ou préférez laisser le destin faire son œuvre, les chiffres inscrits à côté des propositions correspondent au lancer de dé. Vous pouvez donc utiliser cette technique pour ensuite vous référez à ce que vous avez obtenu.

Votre réponse devra tenir compte de votre choix. Dans les quatre cas, arrêtez après vous être exprimée ou non.

Bonne chance.

Etant donné que ce RP est en hide, veuillez poster une première fois pour pouvoir en prendre connaissance, puis éditer/reposter plus tard avec votre réponse.

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MessageSujet: Re: INTERACTION ▬ Les os de la poupée (III)   Sam 13 Jan 2018, 22:03

Amal noua et dénoua les doigts tout le long de leur courte marche ; un haut le cœur la saisit à la vue de la porte de sa chambre, mais elle l’ouvrit sans flancher et sans se retourner. Elle ne daigna jeter un regard au policier et à la garde qu’après la porte de nouveau fermée.
Il avait beau faire frais, elle avait l’impression d’étouffer.

« Donc. Soyons plus clairs, si vous le voulez bien. Comme je vous l'ai dit plus tôt à demi-mots, vous êtes soupçonnée d'avoir dérobé un objet très précieux et porté atteinte à l'intégrité d'une garde. »

Elle se mordit l’intérieur des joues, tentant de se représenter la jeune femme avachie dans la ruelle. Le nom lui disait vaguement quelque chose – peut-être l’avait-elle entendu au détour d’une conversation, sans y prêter grande attention. Elle l’apposa au visage tapi dans la semi-obscurité et un tressaillement la prit à l’évocation du poignard, comme si un insecte l’avait piqué. Elle espéra que le geste était passé inaperçu ; elle eut envie de protester mais fit l’effort de garder la bouche close. Ils n’avaient pas encore terminé.

Puis quand il lui demande sa version des faits, les mots lui manquent cruellement. Elle passa ses yeux de Styx à Yehonatan, les lèvre serrées et un peu tremblantes. Elle n’aimait pas qu’on lui reproche quelque chose qu’elle n’avait pas fait, encore moins qu’on lui prête des gestes qu’elle n’avait pas pensé à avoir. Amal avait songé à mentir, à garder des informations secrètes, mais elle n’était pas bête au point de croire que cela jouerait en sa faveur. Quelque chose de grave s’était produit, Styx était de toute évidence concernée, et ils avaient le droit d’avoir la vérité. Les conséquences lui échappaient mais elle ne voulait pas courir de risques inutiles.

Et par-dessus tout, elle tenait à la sécurité de ses colocataires, coincés en bas avec les deux policiers. Elle eut une pensée pour eux, se demanda ce qu’il faudrait leur dire ensuite, et prit une longue inspiration.

La vérité, et rien que la vérité. Amal n’était pas une menteuse. Encore moins une meurtrière. Sa mère lui avait appris à être honnête et elle s’accrochait à ses mots comme un noyé à son épave. Mentir ne lui apporterait rien.

C’était son unique conviction.

« Bien, finit-elle par dire, visiblement effrayée mais déterminée, je vais vous dire ce qu’il s’est passé. Je ne peux pas vous forcer à me croire, mais c’est la vérité. »

Elle ferma les yeux un moment, se concentra et reprit avec plus d’assurance :

« Je marchais dans une rue quand j’ai entendu quelque chose. (elle s’interrompit, tentant de revivre la scène et l’effroi qu’elle avait ressenti) Quelqu’un qui appelait à l’aide, dans une ruelle. Je… j’ai pensé que quelqu’un était en danger, vous savez ? Alors je m’y suis glissée, et… »

La femme à terre, Phlege. Amal fixa Styx, comme si elle avait peur de continuer, mais se força malgré tout.

« Et j’ai trouvé une jeune femme. Une peau… bleue, des cheveux rouges, elle avait l’air blessée. Ou perdue. Il y avait aussi une faux à côté d’elle et j’ai pensé que c’était une garde. Elle m’a demandé de l’aider, elle m’a donné son poignard, je ne sais pas pourquoi. Je, je voulais l’aider, mais je ne comprenais pas ce qu’elle voulait, et tout à coup… »

Elle se souvint du poignard fiché dans le sol et eut envie de vomir.

« Elle m’a demandé de partir. Elle m’a poussé avant qu’un poignard ne m’atterrisse dessus. Il y avait… quelqu’un avec nous. J’en suis sûre. »

Elle déglutit, plus stressée qu’elle ne l’avait jamais été. Amal n’avait jamais eu à plaider en justice et aurait aimé ne jamais avoir à le faire ; elle se sentait aussi mal que dans un tribunal, et jugée avec autant de sévérité malgré les deux seules paires d’yeux posées sur elle.

« Je me suis enfuie, répugna-t-elle à avouer, j’ai eu peur. Quand je me suis rendu compte que j’avais gardé le poignard, j’ai décidé de le cacher, en attendant de pouvoir le lui rendre. »

Elle serra si fort les poings qu’elle s’en fit mal.

« Il est encore ici », dit-elle pour clore son récit.

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MessageSujet: Re: INTERACTION ▬ Les os de la poupée (III)   Mer 31 Jan 2018, 19:22

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Yehonatan comme Styx écoutent le récit de la jeune femme sans broncher. Sans rien dire. Le premier se tient droit, mains toujours nouées dans son dos ; la seconde tapote des doigts contre les manches de sa veste noire mais, bien vite, cesse tout mouvement. Ni l'un ni l'autre ne la quitte du regard. Ça pourrait en être intimidant, pesant, voire presque effrayant  par moments — la garde ne cligne pour ainsi dire pas des yeux. Elle s'immobilise et attend. Et attend. Et attend.
Aussitôt que le silence revient, ponctuant d'un point final le plaidoyer d'Amal, ses épaules s'affaissent et elle passe ses mains sur son visage.
Son soupir, à défaut de soulagé, ne semble pas frustré ou en colère. Elle expire comme un ballon se dégonfle ; petit à petit, toute la tension quitte son corps.

Yehonatan, de son côté, pince les lèvres.

« Si ça peut immédiatement vous rassurer, votre récit concorde avec la version des faits que nous avons eu de notre côté. Nous n'avons aucune raison définitive de remettre votre parole en doute. »

Il n'en a pas l'air particulièrement heureux, mais il lui adresse tout de même un sourire indulgent.
La garde, mains écartées de sa tête, ne tente même pas de cacher l'agitation peinte en gros caractères tant sur son visage que dans les mouvements sporadiques de ses doigts. Elle n'a pas l'air d'aller bien.

« Il y avait plusieurs quelqu'un, lâche-t-elle, mains serrées en poings le long de son corps. Je m'excuse de vous avoir agressée. J'avais peur pour mon amie. »

Disant cela, elle s'incline poliment en avant, jusqu'à ce que son visage ne soit plus visible et que sa queue de cheval ne glisse devant son épaule.
Yehonatan la laisse se redresser, sans jamais faire de commentaire ou laisser filtrer une quelconque émotion. L'exemple même du professionnalisme. Il regarde ensuite Amal, analytique, et reprend :

« Quoi qu'il arrive, nous avons besoin de récupérer le poignard. Si vous pouviez nous le rendre, ce serait déjà une bonne chose de faite. »

Il ne tend pas la main pour réclamer l'objet, mais l'intention est là. Il ne s'attend pas à un refus.
De toute façon, ils risquent de le retrouver quoi qu'il arrive.

Mais elle vous l'a confiée à vous, pas à eux. Pourquoi ?

▬ Votre personnage dispose à présent de trois options, ayant chacune des conséquences différentes.

• Refuser de rendre le poignard. { 1 - 3 }

• Demander plus de détails. { 2 - 5 }

• Rendre le poignard. { 4 - 6 }

Si vous ne parvenez pas à choisir ou préférez laisser le destin faire son œuvre, les chiffres inscrits à côté des propositions correspondent au lancer de dé. Vous pouvez donc utiliser cette technique pour ensuite vous référez à ce que vous avez obtenu.

Votre réponse devra tenir compte de votre choix. Dans le premier cas, arrêtez après avoir exprimé votre refus. Dans le deuxième cas, arrêtez après avoir parlé. Dans le dernier, arrêtez après avoir rendu l'arme.

Bonne chance.

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MessageSujet: Re: INTERACTION ▬ Les os de la poupée (III)   Jeu 14 Juin 2018, 04:33

Le soulagement d’Amal, en lettres capitales sur le visage, fut de courte durée ; la mention d’un « autre quelqu’un » la glaça toute entière, et elle tenta de se remémorer la scène. Les murs étroits, sombres, l’obscurité dans laquelle était plongée la pauvre silhouette écroulée au sol. Ainsi, l’assaillant sur les toits était Styx – Amal en eut un frisson, mais se félicita malgré tout. Elle avait eu peur pour Phlege, elle l’avait agressée en voulant défendre son amie. Rien de déplaisant n’avait dû lui arriver après son départ, elle devait s’être bien occupée d’elle. Le poignard n’avait été que pour elle, non pour la pauvre garde.
Mais alors, quelqu’un d’autre était avec elles : quelqu’un qui aurait pu leur vouloir du mal. Amal fixa un moment les cheveux noirs de jais de Styx, comme si elle espérait pouvoir y trouver la réponse à ses multiples interrogations. L’idée qu’un individu ait pu l’épier depuis un toit, ou même depuis l’autre bout enténébré de la ruelle – tout cela lui tordait l’estomac. Que lui serait-il arrivé si elle avait décidé de s’enfuir dans l’autre sens ?  N’avait-elle pas entendu des pas, avant de se glisser dans la ruelle ? Un autre garde, du renfort, ou au contraire le coupable du crime ? Car crime il y avait bien, la police était chez elle.

Amal se repassait des scénarios catastrophes en tête lorsque Yehonatan parla à nouveau. Elle le fixa, l’air de sortir d’un cauchemar, avant d’hésiter visiblement. Elle n’osait pas poser les questions, même les plus simples, même celles auxquelles elle jugeait avoir le droit. Elle était impliquée dans cette affaire ; elle voulait en savoir plus.

Ce n’était peut-être bon ni pour elle, ni pour eux, mais elle éleva la voix :

« Je vous le rendrai, bien sûr… Mais j’aimerais savoir… »

Elle n’attendit pas longtemps avant de continuer, de peur que l’un ou l’autre ne lui coupe la parole :

« Est-ce qu’elle va bien ? (le regard posé sur Styx ne laissait pas le moindre doute quant à l’identité de « elle ») Et le poignard… Il est dangereux ? Ou est-ce que c’est simplement symbolique ? »

Amal laissa finalement filer, en murmurant presque :

« J’espère qu’il ne se passe rien de grave. »

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MessageSujet: Re: INTERACTION ▬ Les os de la poupée (III)   Sam 04 Aoû 2018, 22:50

Visite de courtoisie

A la question d'Amal, une ombre passe sur le visage de Styx. Ses lèvres se pincent ; ses yeux se plissent ; ses sourcils se froncent. Elle se froisse, et si ça ne dure pas plus d'une seconde, le changement est suffisamment net pour être visible. Elle n'a pas l'air bien. On dirait qu'elle vient de marcher pieds nus sur une branche couverte d'épines.

« Je ne peux rien révéler de plus concernant cette affaire et l'état de santé de ma collègue. »

Yehonatan hoche la tête pour marquer son approbation. Contrairement à la garde, il n'a pas l'air plus impliqué qu'il ne l'était en entrant. A moins que son professionnalisme ne masque le reste ? Difficile à dire. Il faudrait le connaître pour pouvoir le lire plus qu'en surface ; or ce n'est pas le cas.

« Un poignard est un poignard, ajoute-t-il après un bref silence. Il est dangereux par définition. »

Au regard qu'il pose sur le côté, fixé sur un pan de mur plutôt que sur Amal, la réponse évasive semble volontaire. Et à son air fermé, il est clair qu'il n'en dira pas plus.
Styx, bras le long du corps, reprend :

« Il n'est pas fait pour être entre les mains de n'importe qui. Croyez-moi, vous ne voulez pas le garder sous votre lit. »

Sa voix, ferme et autoritaire, prend des airs plus sombres sur la fin de sa phrase. Dit comme ça, ces mots pourraient facilement passer pour une menace. Une manière détournée de la pousser à rendre l'objet de leur visite.
Ce peut aussi être un avertissement.

« Le poignard, s'il vous plaît. »

Un sourire civil étire ses lèvres sans atteindre ses yeux.
Il ne semble pas prêt à attendre plus qu'il ne l'a déjà fait.

▬ Votre personnage dispose à présent de trois options, ayant chacune des conséquences différentes.

• Rendre le poignard à Yehonatan. { 1 - 3 }

• Rendre le poignard à Styx. { 2 - 5 }

• Refuser de le rendre. { 4 - 6 }

Si vous ne parvenez pas à choisir ou préférez laisser le destin faire son œuvre, les chiffres inscrits à côté des propositions correspondent au lancer de dé. Vous pouvez donc utiliser cette technique pour ensuite vous référez à ce que vous avez obtenu.

Votre réponse devra tenir compte de votre choix. Dans les deux premiers cas, arrêtez après avoir été chercher l'objet et l'avoir tendu à la personne de votre choix. Dans le dernier cas, arrêtez après avoir exprimé votre refus.

Bonne chance.

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MessageSujet: Re: INTERACTION ▬ Les os de la poupée (III)   Mer 03 Oct 2018, 05:16

Amal eut mal au cœur ; occupée à dévisager Styx, elle avait vu comme une douleur lui voiler le visage – et devina à sa voix blanche que la réponse devait être négative. Son souffle se bloqua dans sa poitrine. Non, non, je dois me faire des idées, surinterpréter. Malgré tout, la culpabilité de n’avoir rien pu faire pour la pauvre jeune femme lui enserra un peu plus le cœur.
Si elle était restée, ou bien si elle avait agi différemment…

Tu serais morte, et même si tu l’es déjà, ça n’aurait pas été agréable.

La réponse du policier ne fut pas satisfaisante, mais Amal s’y attendait. Elle se heurtait à des murs de silence et de négation chaque fois qu’elle tentait d’en savoir plus, ce qu’elle comprenait mais ne lui plaisait pas pour autant. L’affaire était peut-être grave, secrète même, elle n’en restait pas moins impliquée. A cette pensée, elle eut d’ailleurs peur pour ce qu’il lui restait de vie : savait-elle des choses dont elle n’aurait jamais dû être au courant ? Allaient-ils l’emmener en prison, ou lui faire oublier de force ce qu’elle avait vécu ? Elle ne voulait ni souffrir, ni perdre la mémoire, et ne voulait pas que ce soit l’un ou l’autre. Elle avait toujours détesté les dilemmes.
L’intervention de Styx, en revanche, chassa la contrariété pour y glisser une nouvelle boule d’angoisse. Amal avait bien pensé, après coup, que cet objet puisse être néfaste ; elle l’avait enroulé dans des vêtements pour s’en protéger, bien que consciente que ce geste dérisoire ne la sauverait pas. Elle n’avait pas pu s’en empêcher. Elle ramena les mains contre sa poitrine, l’air visiblement inquiète. Ses yeux passaient du policier à la garde, et elle resta un moment immobile comme une statue de marbre. Elle ne voulait pas garder ce poignard, en avait peur comme du reste, mais Phlege…

Elle n’en savait pas assez, et à la fois elle en savait également trop. Ce n’était pas un juste milieu, c’était une torture. Qu’allaient-ils faire une fois le poignard entre leurs mains – sortir de chez elle, la laisser tranquille après lui avoir conseillé de tout oublier ?
Ils savaient qu’elle ne pourrait pas.

Et une fois de plus, elle eut peur – pour elle, pour ses colocataires au rez-de-chaussée. Ne serait-ce que pour leur bien, elle ne pouvait pas faire l’idiote.

La jeune femme finit par acquiescer, quoiqu’à contrecœur visible. Elle se dirigea lentement vers sa commode, dont elle ouvrit le premier tiroir. Elle en sortit une masse de vêtements qu’elle replaça un à un dans le meuble, jusqu’à ce qu’elle n’ait plus dans sa paume que l’objet qui l’incriminait.
Elle le fixa un court instant, se remémora l’instant de peur panique dans la ruelle. Ses doigts s’enroulèrent autour du manche, tremblants, mais elle donna à ses genoux l’impulsion suffisante pour la redresser.

Elle revint vers ses deux visiteurs, hésitante, les interrogeant du regard ; elle tendit finalement le poignard à Styx, car il lui semblait que c’était à elle que devait revenir le bien de son amie.

« Voilà… Je suis désolée pour ce qui lui est arrivé, j’espère que vous trouverez le coupable. »

Car si coupable il y avait, ce n’était pas elle.

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MessageSujet: Re: INTERACTION ▬ Les os de la poupée (III)   Sam 03 Nov 2018, 19:46

Visite de courtoisie

Le temps que la jeune femme acquiesce, se décide à obtempérer, aucune voix ne vient briser le silence. L'un comme l'autre des invités reste immobile, plus solennel que deux statues de marbre. Si l'on ne voyait pas la poitrine du policier se soulever, on pourrait les croire figés.
Lorsqu'elle revient vers eux, arme en main, l'impression ne fait que s'amplifier par cent. Styx suit le poignard des yeux sans plus se préoccuper de celle qui le tient ; Yehonatan, lui, fait l'inverse. Son regard reste figé sur Amal, sur ses bras, à l'affût du moindre geste de travers. Il semble prêt à agir au premier faux-pas. De là à savoir de quel faux-pas il pourrait s'agir au juste, c'est un tout autre problème.

Le bras tendu vers la garde lui tire un clignement d'yeux perdu. A son tour, elle tend le sien ; ouvre la paume, se saisit du poignard. Doucement. Avec mille précautions. Elle ne semble pas plus inquiète de l'avoir en main qu'elle ne l'est d'en toucher la lame, mais ses gestes restent cérémonieux. Intimes, presque. Ses yeux restent posés plus longtemps que nécessaire sur l'arme et puis, presque à contrecœur, elle tire sur sa veste et la range dans un fourreau vide accroché à sa ceinture.
Le temps qu'elle le glisse à sa place, Amal peut apercevoir un autre poignard, rangé du côté opposé à celui qu'elle vient de récupérer, dans un fourreau similaire. Pour avoir eu l'arme en main et l'avoir vu de près, elle pourrait se rendre compte d'une différence légère entre les deux manches.
Mais déjà il est couvert par la veste de la garde, et la conversation reprend.

« Merci. Je le retrouverai. »

Elle ne pourrait pas paraître plus déterminée à mener sa mission à bien. Si tant est que ce soit la sienne, en tout cas. Il y a un poids tel dans ses mots qu'on ne peut que la croire. Plus qu'une promesse, c'est un serment.
Yehonatan, effacé sur le côté, déporte son regard sur le sol.
Après une seconde de silence, il le reporte sur Amal.

« Puisque vous nous avez rendu l'objet sans faire de difficultés et que, comme je vous l'ai dit, votre version des faits correspond à la nôtre, nous n'avons aucune raison de vous arrêter ou de prendre des mesures à votre encontre. En revanche... »

Il réfléchir un bref instant.

« Il est possible que vous soyez appelée plus tard pour répondre à des questions plus précises. Et dans tous les cas, je vous prierai d'en dire le moins possible à qui que ce soit. Ceci inclut vos colocataires. Vos proches. Votre entourage éloigné. Et toute figure d'autorité quelle qu'elle soit, y compris d'autres policiers ou d'autres gardes. »

A ces mots, Styx hoche prudemment la tête pour donner son assentiment.

« Nous avons conscience que vos colocataires par exemple risquent de vous questionner. Vous avez le droit de leur dire que vous aviez trouvé quelque chose, mais évitez de mentionner quoi. Evitez également de mentionner tout lien à Phlege. C'est important , insiste-t-il. Je compte sur votre capacité de réflexion et votre bon sens pour vous y tenir. »

Aucune mention n'est faite à une quelconque punition dans le cas contraire, mais difficile de ne pas imaginer que quelque chose soit prévu. Si l'information fuitait, il y aurait fort à parier que cela vienne d'elle.
Au regard du policier et à celui de la garde, mieux vaut rester silencieux.

« Bien. Nous avons ce que nous sommes venu chercher , conclut Yehonatan, bras lâches sur ses côtés. Nous allons donc vous laisser tranquille. »

Un éventuel "pour l'instant" reste en suspend.

« Si vous ne dérogez à aucunes des règles que j'ai citées, il n'y a aucune raison pour que vous ayez le moindre problème. Si vous voulez bien me précéder. »

Du bras, il désigne la porte de la chambre — et, par extension, les escaliers.

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