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 Hey, I just met you, and this is crazy, but -

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Valentin Horville Masculin Pseudo : Never.

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MessageSujet: Hey, I just met you, and this is crazy, but -   Jeu 10 Jan 2019, 17:11

Valentin aimait la foule ; le bruit, les visages, l’animation, ce n’était pas pour rien qu’il avait choisi de travailler au casino. La triche, les gens mécontents, les doigts levés et les accusations, les courses-poursuites… Une mort de rêve, vraiment.
Autre avantage de la foule : elle donnait aux fuyards un camouflage idéal en cas de coup dur. Et si elle était trop clairsemée, il pouvait toujours plonger dans un magasin quelconque et s’y réfugier le temps que l’orage passe. L’orage en question avait fait le pied de gru devant la boutique un long moment, mais le propriétaire avait des airs de bouledogue mécontent (ce qui était étonnant pour une jeune fille de pas plus de quinze ans) et il n’avait pas osé rentrer. L’adrénaline se dissipant, le vilain avait trouvé d’autres loisirs et s’était éloigné d’une humeur presque égale. Valentin avait soupiré et était sorti de derrière le rayon de robes qui lui avait servi de remparts. Il avait senti peser sur ses épaules des kilos de jugement de la part des demoiselles présentes, mais n’en avait pas fait grand cas. Quoi, ça ne leur était jamais arrivé de se faire courser, peut-être ? Il n’avait rien d’un caméléon, il devait trouver d’autres solutions, puisque passer inaperçu était hors de question.

Machinalement, Valentin passa une main dans ses boucles folles. Et maintenant, quoi ?

On lui fit signe de sortir, et il exécuta une révérence moqueuse qui lui valut d’être jeté dehors. La propriétaire n’avait pas seulement l’air d’une porte de prison, elle en avait aussi la chaleur et l’amabilité. La bouche en accent circonflexe, Valentin se retint de lui faire part de son opinion sur sa façon de traiter les potentiels clients, et se concentra plutôt sur la rue. Du bruit, des visages, des cris, et aucun signe de son agresseur. Il avisa à quelques pas un Daemon avec une crinière semblable à la sienne, et décida de se planquer derrière lui en cas de grand vent. Son avenir lui paraissait plus radieux que quelques minutes auparavant. Il avait beau se consoler en se disant que personne ne pouvait mourir s’il était déjà mort, il lui venait à l’esprit qu’il existait un tas d’autres choses plus déplaisantes que la mort. La torture, les discussions religieuses, les Bonapartistes, les saignées. Il ne mourrait pas d’opinions politiques contraires aux siennes, mais il en souffrirait beaucoup.

Avec mille précautions, il fit un pas dans la rue, et pivota pour observer tout ce beau monde. Si on lui avait dit qu’un jour, il se tiendrait debout à la croisée des mondes…

Les yeux au ciel, il eut un sursaut en les reposant sur la foule. L’orgie de couleurs le fit tilter, mais ce fut surtout une longue chevelure rousse qui le surprit assez pour lui en faire oublier latin et poursuivant. En arrivant, il se souvenait s’être dit : oh ! Mais si je suis mort, et qu’André aussi, alors je pourrai peut-être le croiser. Il n’avait vu son frère nulle part, et n’avait croisé aucun visage familier – jusqu’à maintenant. Il aurait pu jurer que…

Valentin n’hésita guère avant de se lancer à la poursuite du fantôme en chair et en os. Ce n’était sans doute qu’une coïncidence, mais il voulait en avoir le cœur net. Il erra au hasard des boutiques et des étales, ses yeux partout à la fois, avant de retrouver la jeune femme debout devant une vitrine. Son cœur se serra désagréablement, et il faillit faire un pas en arrière. Il ne le saurait pas avant qu’elle se retourne, mais il avait cette impression… Et si ce n’était pas l’une, c’était l’autre. Celle qui lui faisait un peu peur. Il se rapprocha, intrigué, et dit assez fort pour qu’elle l’entende :

« Alexine ? »

Il aurait reconnu Léontine entre mille, et il aurait reconnu sa mère entre cent.

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MessageSujet: Re: Hey, I just met you, and this is crazy, but -   Jeu 10 Jan 2019, 19:47

Alexine avait fui sa maison le plus rapidement possible.

Ou, plutôt, disons qu'elle avait fui ses colocataires et non pas sa maison. Quelqu'un va finir par se faire poignarder dans cet enfer, et ce ne sera certainement pas elle. On ne peut pas la poignarder si elle n'est pas là.

A côté de l'ambiance obscure de son hébergement qu'elle est censée considérer comme son chez-soi, son espace personnel, son endroit pour se reposer, les quartiers commerciaux et leur agitation sont une véritable source de réconfort. C'est un peu étrange d'appeler un endroit aussi animé 'reposant', mais c'est franchement ce qu'elle ressent. C'est dire l'horreur que sont ses colocataires. Enfin, surtout une colocataire. Alexine a du caractère, c'est certain, toutefois à côté de l'autre rousse, elle est franchement adorable.

Enfin, bien heureusement, elle a toujours l'option de sortir. Elle travaille (chose qui lui est toujours un peu étrange et particulièrement libérateur) en tant que musicienne, et souvent en soirée. Pouvoir faire de son talent (sa passion, vraiment) son métier est particulièrement gratifiant et motivant. Elle joue du piano comme elle l'avait fait tant de fois chez elle, et en plus d'avoir une audience, elle a de l'argent. Bien qu'elle ne soit là que depuis peu, elle a l'impression d'avoir été là une éternité.

Du moment qu'elle ne pense pas à sa famille, tout va parfaitement bien.

Les rues sont pleines de vie, ce qui est plutôt ironique considérant que la plupart des personnes dans les rues sont mortes, et si elles ne sont pas mortes, ce sont des créatures nées ici, sur cette étrange terre. Elle ne s'est pas faite aux Daemons; ça et la faune et flore de cet étrange endroit sont bien les choses qu'elle n'arrive pas à accepter. Qu'elle soit morte, en soi, bien que ce soit très choquant et qu'elle n'a aucun souvenir de comment c'est arrivé, a été plutôt facile à ingérer. L'endroit...

Alexine imagine qu'elle va s'y faire. Elle n'a pas vraiment le choix, n'est-ce pas?

Par contre, la liberté, elle s'y fait très bien. Se dire qu'elle n'est plus considérée comme une femme mariée et qu'elle n'est plus tenue d'être fidèle à son mari (qui ne l'était pas de son côté, mais ça elle l'avait accepté) est assez... exceptionnel. La pression et le destin qui lui a été imposé se sont envolés avec sa dernière respiration sur terre. Elle n'a pas encore entrepris de 's'amuser', toujours un peu perturbée par cette soudaine liberté, mais il est certain que cela ne devrait pas prendre beaucoup plus de temps.

Alexine navigue aisément dans les rues. Elle ne les connait pas encore par cœur, toutefois, considérant le temps qu'elle va passer à les parcourir, cela ne saurait tarder. Si elle commence à s'habituer à l'uniforme, elle a toujours l'impression de se balader en chemisette de nuit à cause de la légèreté de celui-ci. Elle voit de nombreuses jeune femmes porter leurs jupes très courtes et elle est honnêtement très impressionnée (et séduite) par cette mode qui aurait été considérée scandaleuse à son époque. Elle-même ne s'est pas encore aventurée à porter la sienne plus haute que les chevilles, mais peut-être qu'un jour, il lui en prendra l'envie.

La mode 'moderne' lui fait de l'oeil, et elle hésite à s'arrêter devant plusieurs boutiques avec des articles aussi excentriques que complètement méconnus, cependant c'est face à une boutique d'instruments qu'elle finit par faire une pause dans sa promenade. Peu importe où elle est, la musique est toujours dans son coeur.

Elle est en train d'épier une instrument qu'elle ne connaît pas, une boîte à la forme étrange avec un long manche et des cordes (quelque chose nommer "guitare", elle pense), quand quelqu'un appelle son nom.

L'espace d'un instant, elle est presque certaine de l'avoir rêver. Elle se retourne toutefois, clignant des yeux, surprise. Elle s'est déjà faite quelques connaissances, bien sûr,  mais personne qui irait l'interpeller dans la rue; du moins, elle ne pense pas.

La personne qui se tient face à elle, indéniablement celle qui l'a appelé, est un jeune garçon très roux au visage banal et recouvert d'innombrables tâches de rousseurs. Elle se souviendrait l'avoir rencontré, sans doute, si tel avait été le cas.

Elle repousse une de ses propres mèches rousses, porte une main à sa joue et fronce légèrement les sourcils, recherchant en vain dans ses souvenirs si elle l'a déjà vu quelque part.

« Pardonnez-moi mon impolitesse, mais... Est-ce que l'on se connaît? »

Elle est soucieuse; il ne manquerait plus qu'elle ait perdu une grande partie de sa mémoire, en plus de cela.

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MessageSujet: Re: Hey, I just met you, and this is crazy, but -   Mar 15 Jan 2019, 22:55

Valentin cligna des yeux, un peu perdu. La réponse d’Alexine le laissa coi, déboussolé, incapable d’articuler un seul mot. Son premier réflexe fut de rétorquer « euh, oui ? » sur un ton d’évidence, mais il lui vint à l’esprit qu’elle ne le connaissait peut-être effectivement pas. Il avait entendu dire que certaines personnes perdaient une partie de leur mémoire en arrivant à Asphodèle ; pour qui, pourquoi, personne n’en savait rien, mais c’était un fait. Parfois, c’était plus de la moitié de leur vie qui passait brutalement à la trappe. Il avait rencontré quelqu’un qui lui avait avoué qu’il lui avait fallu des années pour se souvenir de ses propres enfants. De ses propres enfants. Valentin s’imagina face à ses parents, sans souvenirs de lui, et l’idée lui serra le cœur.

C’était Alexine, il n’y avait aucun doute là-dessus, mais elle était jeune. Une vingtaine d’années, à vue d’œil. Peut-être qu’elle avait oublié sa vie à partir de là ; peut-être qu’elle ne l’avait jamais rencontré. Il se sentit tout à coup bête, mais se força à sourire. Il n’y avait pas de quoi en faire un drame. Il l’avait interpellée, il ne pouvait décemment pas faire une petite courbette et disparaître dans la foule. Bonjour la politesse.
Elle avait moins l’air d’un dragon que dans son enfance, mais son cerveau lui hurlait toujours d’obéir à Alexine.

Comme si elle allait le dévorer tout cru s’il disait « non ».

« Je vous connais. Vous, peut-être pas. »

Il se rendit compte après avoir parlé que la formulation laissait à désirer. Bien, elle devait lui trouver des airs de satyre prêt à la violer dans une ruelle sombre, à présent. Valentin ne désirait aucunement écoper d’une réputation de pervers suivant les jolies jeunes femmes à travers la ville, ni de séducteur de pacotille avec des répliques dignes d’un mauvais roman.
Il ajouta, pour éviter qu’elle ne se fasse de fausses idées :

« Vous vous appelez Alexine Castain, n’est-ce pas ? Moi, c’est Valentin Horville. Cela ne vous dit rien ? »

Il gagea que non, mais voulut s’en assurer : son visage revenait aux gens mieux que son nom, et pour tous les après-midi passés à rôder chez elle avec ses filles, il espérait bien qu’elle le reconnaisse au premier coup d’œil. Il n’avait pas changé de visage en mourant. Puisqu’elle l’avait regardé sans que ses yeux ne s’écarquillent, ou ne s’arrêtent sur les siens, la réponse serait probablement non.

Le rouquin mesura l’incongruité de leur situation. Ils étaient l’un en face de l’autre, l’un lui parlant d’elle, l’autre ne se rappelant pas même de son nom. Peut-être qu’elle allait le prendre pour un fou et lui demander de déguerpir, peut-être qu’elle allait l’écouter, peut-être qu’elle plaisantait et allait se moquer de lui. Il aurait presque préféré qu’elle rit, cela aurait soulagé son cœur d’un poids. Depuis qu’il était arrivé ici, il avait l’étrange impression de ne pas être lui, que chaque mot et chaque geste ne lui ressemblait pas. Il voyait très clairement l’image d’une femme aux longs cheveux roux, assise au piano, et celle d’une petite fille avec les mêmes cheveux juste à côté de lui, près du chambranle. Il la voyait encore dans un grand jardin, ou sur un trottoir de la ville, à un mariage, et il avait peur d’inventer tout cela : si Alexine ne le reconnaissait pas, n’était-ce pas tout comme ?

Il aurait aimé que quelqu’un le connaisse, se souvienne, pour qu’il ne se pense pas fou.

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MessageSujet: Re: Hey, I just met you, and this is crazy, but -   Jeu 17 Jan 2019, 19:42

Alexine est de plus en plus perplexe chaque seconde qui passe. Non, elle est certaine que ne l'a jamais vu, ce garçon, et pourtant il semble absolument certain de la connaître, comme il le lui dit avec tant d'assurance. Ses paroles, ambiguës au possible, tournent et virent dans sa tête sans qu'elle n'arrive à les comprendre vraiment. A moins qu'elle ait perdu la mémoire, ou qu'il soit un dangereux prédateur (ce qu'elle doute franchement), ils ne se connaissent pas. Le plus elle le regarde, le plus elle pense qu'elle se souviendrait de son visage, si ce n'est de ses cheveux ou de ses tâches de rousseurs. Si elle est reconnaissable, lui l'est encore plus, à sa manière.

« Vous vous appelez Alexine Castain, n’est-ce pas ? Moi, c’est Valentin Horville. Cela ne vous dit rien ? »

Horville? Horville comme Mathieu Horville? Comme le fiancé de sa soeur? Alexine cligne des yeux, essayant de digérer l'information. Elle se souvient très clairement de deux frères cadets, l'un parce qu'il allait épouser sa sœur, l'autre parce qu'il était forcé de suivre le mouvement, et même si elle n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer les deux aînées, elle est presque certaine qu'ils ne ressemblent en rien au jeune garçon en face d'elle. Ceci étant dit, la nature fait parfois les choses un peu différemment, alors elle ne peut pas rayer entièrement l'option.

« Horville, vous dîtes? Comme Mathieu Horville? Le fiancé de ma sœur, Elaine? » finit-elle par demander, quelque peu désorientée, questions se bousculant les unes avec les autres dans sa tête.

La situation est cocasse, et elle serait presque drôle si Alexine n'avait pas la peur au ventre d'avoir oublié la moitié de sa vie (si ce n'est plus). Ce garçon, Valentin Horville comme il clamait se nommer, semble si sûr de lui qu'elle en vient à douter.

« Je n'ai pas le souvenir d'un Valentin Horville, en tous les cas, navrée », ajoute-t-elle lentement, après coup.

C'est un peu étrange, et très perturbant, comme situation. Elle ne connaît pas assez la famille Horville pour jurer qu'il ment, ni n'a vécu assez longtemps pour être certaine qu'il ne s'agit pas d'un enfant. Mais s'il s'agit d'un enfant, alors comment est-il possible qu'il la connaisse considérant qu'elle est décédée aussi jeune? Alexine ne voit pas en quel étrange occasion quelqu'un l'aurait décrite à un Horville si parfaitement qu'il la reconnaîtrait instantanément dans la rue. Rien n'a de sens.

Elle qui pensait être au bout de ses surprises après être arrivée ici, il semble que l'endroit lui en réserve encore quelques unes.

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MessageSujet: Re: Hey, I just met you, and this is crazy, but -   Mar 22 Jan 2019, 23:18

Alexine prit la parole, visiblement perplexe, mais Valentin ne fit que soupirer de soulagement ; il n’était pas fou ! A moins qu’il y ait une autre Alexine Castain en ce monde avec une sœur nommée Elaine mariée à son oncle, alors c’était bien elle. Plus jeune qu’il ne l’avait connue, avec plus de la moitié de sa mémoire en moins, mais Alexine malgré tout. Il lui sourit, soudain léger, et secoua la tête de gauche à droite. Elle ne le connaissait pas – enfin, pas encore.
Si Mathieu était le « fiancé » d’Elaine, alors elle était restée coincée quelque part avant l’été 1795 – et lui était né en Mars de la même année. Il s’en souvenait bien, car sa tante Béatrice n’avait pas arrêté de leur rabâcher l’horreur de la réception avec une armée de bébés hurlants à mettre de côté pour être tranquille. Il voulait bien croire qu’entre Léontine, lui et Aglaé, les nourrices avaient dû trouver la journée longue.

Sa bouche se ferma brutalement sur une ligne droite, et ses yeux sondèrent le visage d’Alexine, sans savoir quoi chercher ni quoi trouver. Il ne pouvait pas lui dire qu’elle avait des enfants, la bouche en cœur, et qu’elle les avait sûrement oubliés. Cela lui ferait de la peine, ou bien elle le prendrait pour un fou, et il n’était pas certain de vouloir lui mettre le nez dans des détails qu’elle aurait peut-être effectivement préférer oublier. Il n’allait pas non plus pouvoir tourner autour du pot pendant une heure. Elle allait se rendre compte que ses souvenirs s’arrêtaient là où les siens commençaient, et il allait devoir le lui expliquer.

Il passa les mains dans son dos pour se tordre les doigts, un peu gêné, un peu coupable ; peut-être qu’il aurait dû la laisser filer sans rien dire.

Malgré tout, la savoir là lui donnait l’impression d’exister, même si elle le regardait sans le reconnaître. C’était un visage connu, jeune, et qui lui tordait l’estomac, mais il se sentait moins seul à lui parler de la sorte.

« Mathieu et Elaine sont mon oncle et ma tante, lui dit-il en haussant les épaules, je suis le fils de son frère aîné, Richard. »

Sa parole ne valait certes rien, mais il devait mettre les choses à plat. Il gagea qu’elle ne connaissait pas son père (ou simplement de nom), puisque pour ce qu’il en savait, ils s’étaient croisés pour la première fois au mariage de Mathieu. Valentin fouilla dans sa mémoire à la recherche d’un détail utile, d’une anecdote, mais revint de sa chasse tristement bredouille. Que savait-il d’Alexine, finalement ? Il n’avait en mains que ce qu’un enfant impressionnable avait tiré de ses journées passées à jouer dans la grande maison, et ce qu’un adolescent avait entendu dire, quand les visites s’étaient faites plus rare. Pour lui, Alexine était la mère de Léontine, Ambrosine et Sophie, et les choses s’arrêtaient là.
Seulement, elle n’avait plus d’enfants, ici, et ce qu’elle avait été avant qu’il ne la connaisse lui passait au-dessus de la tête.

Il se mordit la lèvre, mais choisit de dire malgré tout :

« Vous allez peut-être me trouver fou, mais… la dernière fois que je vous ai vue, vous fêtiez vos quarante ans. »

Il se représenta la femme assisse à table avec le tout petit garçon sur les genoux, et tenta de superposer son visage à la jeune femme debout devant la vitrine. Les yeux étaient les mêmes, mais le visage plus lisse était moins dur et plus paisible.
Sa tante Béatrice disait que les enfants faisaient vieillir plus vite, et pour la première fois il se demanda si ce n’était pas réellement le cas.

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