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 Blackjack ▬ « I never could find my way home. »

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- 00 ΜαAS 31 ○× QP -
avatar Masculin Pseudo : Never.

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DOSSIER
Nombre de décès  : 11.
Circonstances des décès  :
Métier  : Légende urbaine.

MessageSujet: Blackjack ▬ « I never could find my way home. »   Ven 20 Juin 2014, 06:08



« But Judging between us, who's the fairest of them all ? Distorted and compromised, facing the walls, it's been so long since I could say ahat I have a place that I call home. Suddenly the seasons change, my destinations still unknown. And there goes another,  watch them as they come and go. No method can apply to me, no system can decide the ending without me. »
Prénom : Blackjack.
Surnom : Jack.
Sexe : Masculin.
Âge effectif : 16 ans.
Âge apparent : La vingtaine.
Orientation sexuelle : Inconnue.
Groupe : Daemon.
Langues parlées : Anglais, quelques notions d'Allemand.
Métier actuel : Légende urbaine. Il grimpe à votre fenêtre la nuit et imite le mammouth avec beaucoup de classe.
Casier Judiciaire


▬ Péché capital principal :
▬ Péché capital secondaire :


Physique


Jack n'est pas très grand ni très imposant – sans rire, sa silhouette longiligne et son petit mètre soixante-douze impressionnent beaucoup les animaux et les enfants, mais pour le reste...
Plaisanteries mises à part, le jeune homme ressemble globalement à un humain comme un autre : deux bras, deux jambes, des mains et des pieds, un nez et tout le bataclan, rien à signaler de ce côté là. C'est une accumulation de petits détails qui choquent l'interlocuteur et peuvent le persuader qu'il se trouve soit face à un Daemon, soit face à un sacré bon cosplayer (mais où aurait-il été chercher ses vêtements, hein?). Pour commencer, Jack possède deux cornes de chèvres de chaque côté de son crâne, qui dépassent joyeusement de son épaisse tignasse noire jamais parfaitement bien coiffée. Ce n'est pas un accessoire fantaisie et fun, ça fait bien partie de sa personne, et si vous leur tirez dessus trop fort, il risque se plaindre parce que ça fait mal et qu'il s'en voudrait que sa tête parte avec. Ahah. Non, en vrai, il aurait juste peur que ça vous traumatise, bien sûr.
Viennent ensuite ses yeux qui, quoique d'une forme commune et banale, sont d'un jaune particulièrement vif qui non contents de mimer une espèce de soleil, brillent dans le noir une fois la nuit tombée. Pas comme des lampes torches, bien évidemment, quoique ce serait très classe et pratique ; plutôt comme ceux d'un chat dont la pupille resterait ronde en toutes circonstances. Allez savoir s'il voit mieux que vous dans le noir ; vu les murs et les poteaux qu'il se prend, on serait tenté de penser que non.
Sa peau est blanche, pas blafarde comme celle d'un malade, mais blanche comme la neige ou une feuille de papier, un coloris qui ne fait pas du tout naturel et lui donne un peu l'air d'un  fantôme. Par dessus ses épaules vraiment pas occupées à porter tout le poids du monde, des vêtements noirs ou gris, jamais d'autres couleurs. Peut-être un peu de jaune de temps en temps, mais Jack reste la plupart du temps accordé aux couleurs d'Asphodèle : morne à en pleurer. Le gris a beau lui aller, il ne reflète pas du tout sa personnalité. Il n'empêche que vu de loin, avec ses cheveux un peu trop longs et ses vêtements en général trop grands, il peut faire un peu croquemitaine, du genre qui passe son temps à attendre les passants dans un sombre coin de rue ou à tirer les draps de dessous votre lit pour vous effrayer. Et il est vrai qu'on le retrouve un peu trop souvent là où il ne devrait pas et qu'il préfère, sans trop savoir pourquoi, les teintes encres de la nuit. Mais ça n'a rien à voir avec une quelconque méchanceté ou sadisme latent, promis : il est juste comme il est.
Mais quand ses cris ne s'occupent pas de dissiper cette aura glauque, ses grands sourires le font pour lui.


Caractère


Jack n'est pas méchant, il ne sait simplement pas s'arrêter ; sans compter que les limites que la logique humaine impose automatiquement, il ne les connaît pas. Ou ne les applique tout du moins pas. Incapacité à se modérer ou mauvaise volonté (parce qu'il s'aime bien comme il est, peut-être ? ), le Daemon ne possède pas le moindre bouton off et peut s'avérer très, très fatiguant à la longue.
Monsieur n'a pas la plus petite notion d'espace personnel : que la proximité puisse vous gêner ou être mal interprétée, il ne capte pas et ne s'en soucie pas le moins du monde, pour être honnête. Loin, proche, quelle différence ? Que vous vouliez être tranquille ou respirer l'air au calme ne semble pas avoir le moindre effet sur lui. S'il veut vous parler ou vous entraîner quelque part, pour vous montrer quelque chose ou vous tirer vers de nouveaux horizons ou quêtes fantastiques, il le fera sans arrières-pensées. « Non » est quelque chose qu'il a l'habitude d'entendre et qu'il comprend parfaitement. Pour autant, eh, il a comme qui dirait du mal à se dire qu'il faudrait reculer avant que la punition lui tombe sur le coin de la tête. Et du mal à regretter d'avoir fait le premier pas, aussi. Sociable à l'extrême, il n'y a pas une personne sur tout Asphodèle à qui il n'ait un jour adressé la parole, pour la simple et bonne raison qu'il accoste chaque nouveau visage qu'il croise et parle régulièrement à toutes ses connaissances, amis et pas trop connaissances ou quoi que ce soit. Enfin bref, il parle à tout le monde, que vous soyez consentant ou non, vous suit en continuant de vous interpeller si vous vous en allez mais peut choisir de couper la conversation si ça l'arrange et sauter dans un buisson pour s'échapper quand il veut.
Eh oui. Jack est loin d'être responsable ou même une personne de confiance. Il veut bien faire, ça oui, vous aider, sûrement : mais il vous laisse dans les ennuis et ça ne le dérange même pas. Parce que la notion de promesse ou de confiance semble lui être tout aussi floue que celle d'espace personnel.
Certaines choses ne changent pas. Agréable, comique, jamais sérieux, Jack se mange les situations les plus incongrues sans broncher. Il adore particulièrement les Quieti amnésiques, ses « meilleurs amis », et fait la tête aux Commoti qui ont le malheur de se rappeler de la majeure partie de leur vie. Par jalousie de quelque chose qu'il n'aura jamais, il préfère la compagnie de ceux qui lui sont semblables, et réserve son lot de situations les plus embêtantes et de mauvaises idées à ceux qui n'ont pas la chance de rentrer dans ses bonnes grâces.
Jack veut être une légende urbaine, la plus connue de tout Asphodèle. Il y travaille dur, volontairement ou non, ce qui passe notamment par des renaissances surprises sur les toits de ses collègues (pas volontaire), et des balades nocturnes qui se transforment en gros n'importe quoi général (… à moitié volontaire).
Jack est un crétin, vraiment. Un imbécile heureux qui ne fait rien de sa vie à part dresser une énorme propagande de désobéissance, parce que le hors-limite est fait pour être exploré et que c'est trop triste de rester cantonné aux zones dans lesquelles on peut poser un pied. Mais sa gentillesse à ce niveau s'arrête là. L'autre moitié de son temps, il l'emploi à prendre les petits nouveaux par la main, à les emmener aux limites de la zone autorisée et gambader hors des limites pour les faire rager.

Cela dit, il vous aime très fort et ne ferait rien sans votre présence si indispensable à l’éradication de son ennui récurrent.


Histoire






« It's dangerous to go alone, TAKE THIS ! »

Le jeune homme refoula un cri et fronça les sourcils, visiblement très peu ravi d'avoir failli se faire emporter le menton par la lampe lumineuse que lui tendait son coéquipier. Il la prit avec un grognement censé faire montre de sa mauvaise humeur.

« Arrête de faire du bruit et avance. T'es sûr qu'on va pas nous trouver ?

-Nan, j'ai jamais dit ça. A priori on va même nous tomber dessus. »

C'était fou comme il avait l'air méchant quand il faisait son truc avec la bouche, là.

« Mais peut-être que non, alors souris au lieu de faire la tête ! Tu vas faire peur aux rats.

-Y'a pas de rats ici, dis pas n'importe quoi. »

La remarque fut néanmoins suivie d'un bref regard au sol enténébré dans lequel disparaissaient le bout de ses bottes, puis d'un juron coloré à l'égard du Daemon qui venait de se prendre un mur plus loin et dont les yeux jaunes clignotaient dans la pénombre.

« Ah, zut !

-Sérieux, comment tu fais pour être aussi maladroit ? Même moi j'arrive à voir où je v-... »

Un choc sourd lui coupa la parole, et quand Jack parvint enfin à retrouver le contact familier de la chemise d'Andrew, ce fut pour le trouver plié en deux contre le dossier d'un banc. La lumière avait roulé sous ses pieds, dispersant sa clarté diffuse sur le carrelage poussiéreux. Jack la ramassa et la tendit à nouveau au grognon qui se massait le ventre en alignant insultes et syllabes sans le moindre sens.

« Elle sert à rien ta lampe, elle éclaire que dalle !

-Oui, ben en attendant c'est tout ce qu'on a. »

Andrew préféra la lui arracher comme s'il comptait la garder pour lui ; et l'espace d'une très brève seconde, peut-être moins, il crut le voir sourire.
Ça l'amusait. Evidemment que ça l'amusait, lui aussi se serait éclaté à tout escalader s'il avait eu le droit d'être là ; seulement, c'était loin d'être le cas, et un peu de compassion n'aurait pas été de trop de la part de son guide du dimanche.
Un soupir traversa le silence, appuyé par le frottement régulier de leurs pas contre le sol. Ils s'apprêtaient à franchir une porte quand Jack s'immobilisa, comme si la poignée avait envoyé une décharge électrique à travers son bras. Il scruta l'obscurité toute une éternité, arrachant à son ami des trépignements d'impatience.

« Qu'est-ce qu'il y a ?

-Je crois qu'on a été repéré.

-... Tu déconnes, hein ? »

Si seulement. Ça leur aurait évité une course-poursuite perdue d'avance et l'apparition presque fantomatique d'un garde fort peu enclin à entendre les raisons du Commotus sur le pourquoi de sa présence en ces lieux.

Parce que le bouc s'était fait la malle. Of course, songea Andrew en détaillant avec peine la silhouette qui lui faisait face et allait bientôt lui abattre une grosse faux dans la tronche pour toute salutation. Vachement distingué, y'avait pas à dire.

Il allait le lui payer.

Tchack.







Dieu seul savait où et pourquoi il avait décidé d'ouvrir les yeux : tout ce dont il se souvenait, c'était qu'il avait dû passer par plusieurs Daemon zélés et quelques bureaux avant d'accepter sa condition ou n'importe quoi en découlant. Il avait tout juste eu une sensation de tournis, en y repensant, comme si tout le poids du monde s'était d'un seul coup abattu sur ses épaules – qu'il n'avait définitivement pas très larges.
Il avait vite appris à faire la différence entre ceux qui allaient et venaient et ceux qui avaient toujours été là, ou presque. Ceux qui se souvenaient et ceux qui n'en avaient pas besoin car il n'y avait rien à se rappeler, autre que les pas qu'il alignait presque mécaniquement dans les grandes allées pavées. Moi et toi. Il n'aimait pas qu'on l'oblige à se souvenir, même si ce n'était pas volontaire, qu'on lui répète sans cesse qu'il y avait un ailleurs qu'il n'avait jamais connu et ne connaîtrait jamais. Ceux-là, il ne les détestait pas car il n'en avait encore aucune notion, mais il n'en était pas loin : confusément, comme tout ce qu'il faisait à l'époque.

Et si un fossé ne s'était pas creusé, s'il n'avait jamais préféré la compagnie des siens à celle des autres, c'était sûrement la faute à ce couvercle de casserole qui lui avait atterri en pleine figure un beau jour pas si ensoleillé que ça.

« Wow, désolé, je t'avais pas vu ! »

Comble de l'horreur lorsque, en ramassant son arme insolite, les yeux du garçon se posèrent sur ses cornes et ses yeux jaunes surpris.
Il avait bien cru qu'il allait lui enfoncer le couvercle entre les dents, mais il s'était seulement contenté de le lui abattre sur la tête avec toute la force de ses dix-huit ans éternels.

« Qu'est-ce que tu fiches là, saleté de Daemon ?! Vire avant que je te réduise en charpie ! »

Ça ne faisait pas mal mais ce n'était pas agréable pour autant. Malgré tout, il n'avait pas bougé. Comment pouvait-il espérer lui faire regretter d'être né avec un ustensile de cuisine ?

« Fais gaffe, tu vas presque réussir à m'assommer, là. »

Jusque là, il n'avait jamais croisé quelqu'un capable de sortir autant de jurons à la seconde. Et le pire, c'était qu'il lui avait demandé d'attendre, le temps qu'il aille chercher quelque chose de plus offensif – il était revenu un quart d'heure plus tard avec un rouleau à pâtisserie et la démarche d'un roi de retour d'une campagne victorieuse. Enfin, pouvait-il vraiment émettre un jugement quand lui l'avait attendu sagement au lieu de déguerpir ?

Le roi en question s’appelait Andrew, et il ne se souvenait plus de rien, mis à part son nom et les grandes plaines du Nebraska où il avait vu le jour.












« N'empêche, tu fais vraiment Indiana Jones, avec ton fouet.

-Indiana Jones ? C'est qui ? »

Le sourire du jeune homme s'était aussitôt estompé, comme chassé par la brise qui soufflait à travers les branches. Il avait passé sa main sur sa bouche pour en chasser un rire importun.  

« … Je me demande. »

Andrew n'avait jamais l'air aussi triste que quand des éclats de souvenirs se fichaient dans ses yeux pour s'y dissoudre immédiatement. Jack voyait bien que ça lui faisait de la peine ; mais il préférait qu'ils restent fugaces et ne s'attardent pas.
Il n'aimait toujours pas les scènes épileptiques qui semblaient flasher de temps à autres dans les yeux des Commoti et des Quieti. Il les balayait d'un revers de main devenu jaloux avec le temps. Il avait besoin de se sentir exister plus qu'eux, de penser qu'il avait tout autant le droit de respirer.

C'était légitime.

Et à la compagnie des amnésiques, il n'avait trouvé qu'un seul autre remède à son mal.



« Eh, fais gaffe avec les couteaux !

-Crève ! Je vais t'en balancer jusqu'à ce que tu crèèèves... »

Pas évident de se protéger avec un plateau pour unique rempart : c'était laisser le château seul contre un millier de catapultes agacées en espérant que rien n'allait s'écrouler. Les couverts ricochaient contre la surface grisâtre, noyant ses oreilles dans un cliquetis métallique on ne pouvait plus désagréable. Quand enfin la rafale se tarit, faute de munitions, Jack osa un regard par-dessus son bouclier de fortune.
Il dut baisser la tête pour éviter la dernière petite cuillère du lot. Si en plus il devenait sournois, avec ça...

« Tu fais ch...

-Bha reste poli, je t'en prie ! Je viens te proposer de boire un thé et toi tu me balances le contenu de tes tiroirs à la figure ! T'abuses. »

Le jeune homme le regarda passer une main sur ses cornes et ses cheveux, scandalisé au possible. Jack en profita pour faire un rapide tour de la pièce et de tous les projectiles qu'il pouvait potentiellement se recevoir à la figure dans un nouvel accès de colère.
A part quelques torchons et une vieille louche, il n'y avait plus rien sur les murs et les meubles. Bon point, pensa-t-il en regardant son ami lentement virer au rouge écarlate d'une explosion imminente.

« J'ABUSE ? MOI J'ABUSE ? Question : t'étais où hier, quand l'autre sadique est venu me faire coucou et me faucher par la même occasion ?

-Uh ? Bha je suis parti.

-Non, sans rire ? Et tu m'as laissé là, comme ça ?

-... Oui ? »

Pensant sincèrement que la chose allait de soi et ne méritait pas qu'on s'attarde dessus, Jack n'évita la louche qu'à un centimètre près. Celle-ci frôla sa joue avant d'aller s'écraser contre le mur derrière lui, discrète dans sa mort.
Et lui, honnête dans son expression ébahie.

« Mais pourquoi tu te mets dans cet état ?

-Parce que tu m'as laissé dans la merde tout seul et que ça se fait pas ! C'était ton idée à la base, d'aller dans ce putain d'endroit chelou, t'aurais pu assumer !

-C'est toi qui a accepté. Et j'ai assumé, mais j'allais pas rester le temps qu'il te trouve et te tue ! J'ai pas envie de me faire remonter les bretelles, moi.

-Ah ouais ? Bha ça se voit pas ! »

Patient, il le laissa déverser son sac d'injures sans intervenir.

« Ils font vraiment flipper quand ils sont en colère, tu sais.

-J'ai vu, merci. A se demander pourquoi tu continues de vouloir emmener n'importe qui là-bas.

-Pour aideeeeer ~ Et toi tu continues de vouloir y aller. On est à égalité, hm ? »

Andrew pensa très fort que le Daemon devait être soit complètement maso, soit totalement fou, et quoique ses pensées se lisaient clairement sur son visage, Jack n'y faisait jamais attention. En ce moment-même, ce dernier occupé à sourire comme le dernier des idiots en sortant le service à thé, l'Américain se demanda si ça lui arrivait quelques fois de s'inquiéter.
Ou d'avoir une quelconque notion de l'espace personnel ou de la propriété privée.

« Combien de sucres dans ton thé ? »

Andrew hurla et repoussa le jeune homme qui avait approché son visage bien trop près du sien pour une conversation civilisée. Jack tituba un instant sur ses bottes avant de se stabiliser et lui offrir un sourire aussi blanc que sa peau.

« Pas si proche, bordel, combien de fois je devrai te le dire ?! Et pas de sucre dans le thé. Tu fais quoi, là, du café ou du thé ? Laisse-moi faire. »

Il le laissa faire couler l'eau chaude et lui prendre les sachets des mains. Penché par-dessus son épaule tout du long, les fréquents coups de coude d'Andrew ne suffirent pas à le déloger de son emplacement fétiche.

Ce type était collant. Et dire qu'il avait lui-même choisi son nom puisque monsieur ne trouvait rien d'assez bien et n'arrêtait pas de passer par sa fenêtre la nuit pour lui poser maintes et maintes questions sans la moindre importance. Il avait fini par céder.
Il n'aurait pas dû.
Il ne le pensait pas.

Il détestait les Daemon pour l'inconnue qu'ils représentaient dans son équation.

« Voilà ton thé, maintenant tu me fous la paix et tu vas harceler quelqu'un d'autre dans la rue.

-Okay, boss. »

Comme si de rien n'était ou que la chose s'était avérée parfaitement normale, Jack ouvrit la fenêtre, passa ses jambes de l'autre côté et se laissa tomber le long du mur, la jolie coupe ciselée entre les mains. Andrew lutta contre l'envie de passer la tête à sa suite pour voir s'il avait fait tomber sa boisson ou s'il s'était ramassé dans un massif de fleurs comme il savait si bien le faire.

Il étouffa le rire que cette vision lui inspirait dans le liquide encore brûlant. Les vaguelettes claires lui renvoyèrent l'image trouble de deux yeux fatigués de se poser autant de questions.

Ils ne se le disaient pas, mais ils s'étaient bien trouvés.

Et Andrew savait pourquoi.







« Non, vraiment, je voulais juste plaisanter, te fâche p-... »

Tchack.
On ne pouvait vraiment pas dire que Styx avait de l'humour ; mais Asphodèle en avait visiblement en réserve pour toutes ses têtes brunes, l'envoyant planer à quelques mètres au-dessus de la maison de son bourreau. Trois, deux, un...
Les tuiles heurtèrent sa peau et les dalles du perron se chargèrent de le réceptionner avec une douceur ô combien caractéristique. Jack poussa un gémissement de surprise plus que de douleur, qu'il n'arrivait qu'à mimer et non à ressentir vraiment. Tout sonnait faux dans sa bouche, allez savoir pourquoi.

C'était aussi agréable que la fois où il avait essayé de se promener nu en ville et qu'il avait fini lynché par une bande de Commoti en colère, pour finalement se faire faucher par Kharon dans le hors-limite de la ville. En voilà un autre qui n'avait pas la moindre parcelle d'humour. A se demander si un rire résonnait jamais contre son palais de temps en temps. Probablement pas.

Jack roula son corps courbaturé le long des marches. Maintenant qu'il n'était plus face contre terre, le ciel lui apparaissait en drôles de nuances de gris, couleurs  pluie et orage. Le vent commençait à se lever : il allait être temps de rentrer à la maison.
Le mot laissa un écho persistant dans sa tête encore sonnée par son atterrissage plutôt violent. Il referma la main qu'il avait tendue pour dessiner un sourire dans les nuages sombres. Non, il ne les aimait pas. Il n'était pas comme eux, ou ils n'étaient pas comme lui : dans tous les cas, il leur manquait cette notion d'appartenance que possédaient tous les Commoti et les Quieti. Eux se nommaient semblables : et lui avait beau en rire, il ne les considérerait jamais comme tel, ceux-là mêmes qui partageaient son nom. Je t'aime...

Ni ce sol qui ne servait qu'à aspirer les pluies corrosives qui s'abattaient sur ce monde gris.
Parce qu'en réalité, il...



« Je t'aime, je t'aime pas. »

Il balança la marguerite déflorée à terre.

« C'est débile, comme jeu.

-Tais-toi et joue. »

Jack fit la grimace et s'étendit sur l'herbe tendre, arrachant les brins par poignées entières. Une jeune fille tout à fait charmante passa près de lui, et il eut le malheur de reconnaître la dernière victime de ses escapades nocturnes : Andrew soupira en regardant la pauvrette tenter de repousser le pervers à cornes dont l'insistance devait sacrément la gêner – et qui aurait aimé qu'on lui rabatte ses hurlements stridents de la nuit précédente, hein ? Il dut se lever pour aller lui demander expressément et à coups de pieds de se calmer.

Depuis quelques temps, le Daemon s'était mis en tête de devenir une sorte de légende urbaine dans le quartier, et s'y prenait en effrayant les promeneurs nocturnes et tapant aux volets tout en imitant des bruits d'animaux divers et variés. Il passait du coq à l'éléphant, et le tout donnait l'étrange impression d'avoir une ménagerie enrhumée à sa fenêtre.

« Tu viendras avec moi la prochaine fois, hein, Andrew ? T'imites mieux le cochon que moi.

-Va crever, j'ai autre chose à foutre de ma vie que t'aider à jouer au croquemitaine. »

Paroles qu'il remâcha deux nuits plus tard, emmitouflé dans un épais manteau, le nez dans son écharpe à carreau. Il n'osait même plus lever la tête vers l'imbécile qui jouait les funambules le long de la façade. Si seulement il avait pu se rompre un os, n'importe lequel...

« Mais qu'est-ce que je fous là... »











Il n'aurait jamais dû leur faire confiance.

Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jamais Jam-...

Andrew était parti. Ahah.

Il avait fait le tour de toutes les maisons. Commoti comme Quieti. Personne ne l'avait vu, personne ne pouvait le renseigner. Pouf. Il s'était envolé un beau matin, direction l'inconnu, comme un oiseau un peu trop pressé de prendre son envol.

Il y avait des choses qu'il ne lui avait jamais dit parce qu'il n'aimait pas partager. Il le regrettait. Il n'aurait jamais dû leur faire confiance. Jamais.

Jamais.



Mais rien n'avait changé parce que ce qui terrifiait le plus Jack, avec les images qui l'assaillaient quand il avait le malheur de fermer les yeux, c'était le changement.
Il avait un collier invisible autour du cou et les pieds et les mains liés.

Un rouage avait dû se gripper quelque part, il y avait bien longtemps de ça, et il n'arrivait ni à trouver où ni à savoir pourquoi.



Menteur.



Perché sur le toit de sa maison, Jack balançait ses jambes dans le vide, tentant d'évaluer par un rapide calcul la distance qui le séparait du sol. Comme il n'était guère versé dans cet art qui consistait à aligner les chiffres en les entrecoupant de signes bizarres, il laissa tomber et préféra fixer l'horizon qui ne trouvait jamais de fin.
Quelque chose en lui le poussait à se méfier et quelque chose d'autre l'attachait au sol et au silence. Il était trop fier pour l'admettre, et c'était sans doute l'encre qui signait la fin de la page. Sans ça, il aurait peut-être vu les chapitres manquants, cherché à les rassembler et tirer la conclusion qui s'imposait. Il n'était pas idiot comme on voulait bien le croire, encore moins aveugle. Mais la pente était incertaine, et il n'avait personne pour le rattraper s'il glissait par mégarde.
Andrew est parti.
La même chose tirait méchamment les coins de son sourire dès qu'ils menaçaient de tomber. Allons bon, ça te fait quelque chose, peut-être ?

Il y en avait des milliers ailleurs, sous ses pieds, à sa fenêtre, partout. Il ne se souvenait de rien, juste de cette impression de chute et de poids sur ses épaules, encore encore.

Qu'est-ce qu'il soutenait comme ça, pour que ça ne l'ait jamais quitté ?

Il traînait la vérité à ses pieds sans jamais l'expliciter. Quelque part, c'était mieux pour lui.
Andrew savait. Il le lui avait dit en lui préparant sa tasse de thé, en le suivant dans ses déambulations nocturnes, juste avec ses yeux.

Parce qu'en réalité, il détestait cet endroit.

Les pieds du Daemon firent siffler l'air et se posèrent à terre sans la moindre difficulté. Il avait très envie d'aller embêter de petits Commoti curieux de savoir ce qui se trouvait au terminus du train. De leur tendre la main et les inciter à sortir des limites. Il s'ennuyait.
De les projeter là où personne n'avait le droit de se promener, juste pour voir.

It's dangerous to go alone, take this.


     
« Requiescat in pace »
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Avatar : Kokonose Haruka (Dark Konoha) ▬ Kagerou Project.
Comment avez-vous connu ce forum :  Je me rappelle de quelqu'un me susurrant l'adresse à l'oreille la nuit... Non, je rigole, j'ai juste écouté cette chanson en boucle et elle m'a menée jusque là (sisi, je vous jure).
Autres : Le nouveau design est parfait.



___________________________________________________

'Cause I ain't ever had a real home, so what do I know ?:
 


Dernière édition par Blackjack le Mer 20 Sep 2017, 20:01, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: Blackjack ▬ « I never could find my way home. »   Ven 20 Juin 2014, 17:39

Félicitation
Vous êtes officiellement validé ♥ BLACKJACK nrgjfdg,rfd. J'aime vos personnages ok. Ils sont tous merveilleux et illuminent le forum de leur présence (surtout avec leurs yeux, pour la plupart, d'ailleurs.) Donc c'est avec un grand plaisir que je valide ton choupinou ♥ J'espère qu'il va bien s'amuser ici et réussir à devenir une légende urbaine super connue. Ce serait beau. Mention spéciale pour le mammouth, au passage.

Tu peux dès à présent recenser ton avatar, ton métier et demander une maison pour t'en faire un petit nid douillet. Tu peux également poster une demande de RP ou créer ton sujet de liens. Ton numéro va t'être attribué sous peu et tu vas être intégré à ton groupe dans l'instant.

ÉCLATE TOI BIEN. ♥
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