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 Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.

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MessageSujet: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Lun 23 Juin 2014, 12:12

Un tambour solitaire jouait dans le blanc lacté de l’infini. Le vide infini. Bobom. Bobom.
Il était nerveux ce tambour, un poil rapide, comme si son musicien avait été pris par le démon du rythme. L’instrument fou ne tarda cependant pas à se briser sous la force des baguettes dans une explosion de fanfare. Feu d’artifice final en l’honneur du grand concert. Hasta la vista. Tous les spectateurs pensaient que plus jamais le petit tambour ne pourrait jouer … Plus jamais ?

Arrêt sur image le temps d’un souffle. Un à un, tous ses sens s’éveillèrent à mesure que sa conscience prenait de l’assurance dans ce corps qui ne pouvait être que sien. La première chose qui vint l’assaillir avec une détonante clarté ne fut pas ce sol froid contre sa peau, mais bien cet horrible mal de tête. Une grimace vint tordre son visage de douleur qu’il prit vite entre ses doigts. Aucune question ne pouvait se profiler sous sa casquette verte, le mal qu’il subissait l’empêchant de faire preuve de toute raison. Tordu sur lui-même, espérant qu’il passerait bien un jour, le jeune homme resta figé dans une position de chien de fusil malade. Un chien incapable de faire attention à ce qui l’entourait.
Enfin, encore aurait-il fallu qu’il y ait quelque chose.

L’étau emprisonnant son crâne semblait s’être desserré. S’était-il rendormi ?… Endormi ? Rendormi ? Dormait-il juste, avant ça ? Tout doucement, il tenta d’ouvrir un œil mais fut vite ébloui par la pièce immaculée. Les sourcils se froncèrent et les paupières papillonnèrent le temps de s’habituer à cette clarté. Ce n’était pas un désert ; ni de sable, ni de glace, ni de sel. Juste une pièce. Petite et close et vide et blanche. Prudemment, il se releva … Mais … Stop. Il ?

Qui était ce « il » ?

Ce qui, aux yeux d’un autre, semblait être un jeune homme assis par terre, basané en jean, débardeur et casquette, fixa non sans une légère surprise ses mains, puis ses baskets et ses vêtements sales … Peut-être était-ce sa douleur à la tête qui l’empêchait de réfléchir dignement et d’avoir accès à sa mémoire. Hu … La sensation était bizarre et l’incommodait – à raisons. Mordillant nerveusement sa lèvre inférieure, l’inconnu se tourna en tous sens à la recherche d’un indice, de quelque chose … Mais il n’y avait rien ici. Juste ce blanc, cette porte et ... cette autre silhouette à quelques mètres. Elle était allongée sur le sol, comme lui sans doute un peu plus tôt ... en fait, de là, il ne voyait que son dos et ses longs cheveux blonds. Elle semblait ... Inerte. Morte ? Angoissé à cette idée, il se mit à quatre pattes et s'approcha suffisamment d'elle afin de lui secouer l'épaule.


« Excusez-moi ... Mademoiselle ? »

Quelle ne fut sa surprise lorsque la tête dodelinante se tourna vers lui, dévoilant des traits beaucoup trop masculins pour une femme. Hhhh ... La bourde. Heureusement qu'el- qu'il ne l'avait pas entendu. L'inconnu était bel et bien inconscient pour le moment ; mais au moins bien vivant à en juger par les mouvements réguliers de sa poitrine. Bon, il allait le laisser dormir pour le moment.
Un soupir s'échappa des lèvres de Macario alors qu'il se rasseyait auprès de l'autre être vivant. Il avait du mal à imaginer que tout ça ne pouvait pas être qu’un rêve.

Macario ?

Macario. Macario Pablo Hierra Mendoza. C’était ça. Il récita son patronyme telle une comptine un bon petit moment afin de l’inscrire en lui. Le jeune homme en était sûr au plus profond de son être. Soulagement. Ça reviendrait. Ça revenait. Il en rirait presque de s’être inquiété pour rien, mais avait bien trop peur que son cerveau n’explose sous trop de pression qu’il subissait déjà avec peine.
Un mince sourire au bout des lèvres, Macario Pablo Hierra Mendoza (Macario Pablo Hierra Mendoza, Macario Pablo Hierra Mendoza, Macario Pablo Hierra Mendoza …) retira sa casquette et dénoua l’élastique attachant ses cheveux qui vinrent tomber sur ses épaules. Le garçon souffla, nez vers le plafond, soutenu par ses bras derrière lui, et referma les yeux encore une fois … L’une de ses mains alla alors prendre instinctivement la croix en bois contre sa poitrine. Mon Dieu, mais où était-il ? Pourquoi, il …

Soudainement, du mouvement se fit sentir du côté de l'autre ...

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Dernière édition par Macario Hierra le Ven 27 Juin 2014, 21:03, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Ven 27 Juin 2014, 19:20

Non. Non non non non non – non !
Arrête. Non.
Des pleurs, des pleurs. Je t'en supplie, arrête. Arrête. Arrête. Arrête. Non. Je veux pas mourir. Je veux pas. Je veux pas.

« Saute ! »


… Respire.

Inspire, expire. Doucement. Inspire, expire. Ça lui revenait. Par à coups, doucement, le jeune homme sentit son cœur se remettre à battre ; ses poumons à s'emplir d'air. Et si c'était factice, si ça n'avait rien à faire là, il ne s'en rendit pas compte. Pas encore. Pour son esprit embrumé et encore endormi, tout ce qui comptait était de savoir qu'il était vivant. Qu'il allait bien. Qu'il était simplement endormi. Son répit ne durerait pas longtemps, il le savait, mais aucune importance. Pour l'instant il était en parfaite santé. Son corps lui envoyait tous le signaux pour le lui prouver, docile et conciliant. Il allait bien. Il allait bien. Il avait...
… Quoi, au juste ?
Merde.
Réveille toi.

Comme parcouru par un désagréable courant électrique, le jeune homme poussa une sorte de gémissement incompréhensible ; ferma les yeux le plus fort possible, crispant ses paupières dans le procédé. Ses membres étaient engourdis. Son visage aussi. Il avait l'impression d'avoir passé des années dans un profond coma, perdu entre deux mondes : très vite, cette sensation alla en s'accentuant. Les fourmis parcourant ses jambes et ses bras accélérèrent, ses pensées aussi. C'était tout comme être prisonnier d'un train filant à toute allure, piégé devant la porte sans la moindre idée de comment en descendre et sauter à terre sans se briser tous les os dans la chute. Il craignait d'ouvrir les yeux. Quelque chose de l'ordre de la superstition, peut-être, lui disait qu'il n'avait pas envie de le faire ; qu'il valait mieux rester allongé et faire le mort, quoi qu'il se soit passé. Sa tête était entièrement vide. Rien ne lui revenait. Le pourquoi du comment, ce qu'il avait bien pu faire pour se réveiller avec un mal de tête pareil – rien ne lui venait, rien. Rien du tout. C'était le néant le plus total. Une galaxie de constellations et de planètes sans noms ni le moindre sens, perdue quelque part dans la partie de son cerveau qu'il cherchait vainement à solliciter.
Puis, enfin, il ouvrit les yeux.
Le blanc de la pièce lui brûla les rétines ; incommodé,  il leva mollement les bras pour les passer sur ses yeux. Il avait mal. Peur. Quelque chose aurait pu être en train de lui arracher les entrailles qu'il n'aurait pas été moins sûr d'être à moitié mort. Lorsqu'il fit glisser une main le long de son corps, pourtant, tout semblait être en place. Cette vague certitude, yeux plissés et complètement dans le vague, sembla rasséréner son être et le laisser plus calme, plus posé. Comme si la simple confirmation qu'il était en vie et en parfaite santé avait suffi à faire taire la douleur qui résonnait dans ses os et ses muscles ; mieux qu'un calmant, le meilleur des placebos.

« … Uhhhhhhr... »

A peine conscient de l'ombre près de lui, le jeune homme tourna sur le côté ; tenta de se relever.
Ce n'est que là, les oreilles tant et si bien emplies de bourdonnements qu'il n'entendait qu'à peine ce qu'on pouvait bien lui dire, qu'il enregistra la présence de l'autre personne. Il y avait quelqu'un d'autre. Quelqu'un d'autre à part lui. Un point de repère. Quelqu'un. Quelqu'un.
Sans savoir pourquoi, il en fut aussi rassuré que terrifié.

« Em... »

Le nom se bloqua dans sa gorge et déjà, il aurait été incapable de dire ce qu'il avait voulu exprimer au juste. Ennuyé par ce vide qui peinait sérieusement à se remplir, il se redressa sur un bras et passa l'autre sur ses yeux fatigués.

« … T'es qui ? On est où ? »

Son grommellement impoli était ce qu'il pouvait faire de mieux dans son état de semi-panique. Trop de questions, aucune réponses. C'était tout simplement terrifiant.

Hors RP:
 

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Lun 30 Juin 2014, 23:59

En entendant l’autre s’agiter, Macario se remit dans une position assise normale, les mains serrant à présent sa casquette sur ses genoux. Ça ne devait pas du tout faire bizarre qu’il l’observe de cette manière en pleine phase de réveil, suivant ses moindres mouvements des yeux avec impatience … Mais que pouvait-il faire d’autre ? Détourner le regard et feinter la surdité ?
De ce fait, le jeune homme attendit, retenant quasiment son souffle, que le blond n’émerge totalement. Il espérait, au fond, qu’il ait des réponses à ses questions … Où se trouvaient-ils ? Pourquoi ? Comment ? Et puis, aussi, qui était-il ? Cependant, il était bien conscient qu’il en demandait un peu trop à porter pour ces épaules pas plus larges que les siennes ; et qu’il avait même pris pour celles d’une femme, un peu plus tôt. Mais y voir comme une éventualité non négligeable l’aidait. Un peu d'optimisme, allez.
Au bout d’un moment, afin de meubler légèrement ce silence où seuls le froissement des vêtements et les grognements de l’autre s’imposaient, Macario s’exclama :


« Saaaaaalut … »

A voix basse ; comme à une personne qui viendrait de se réveiller (ce que l’inconnu était de toute façon) et qu’il valait mieux ne pas trop brusquer sous peine de représailles morbides. Mais il ne semblait pas l’avoir entendu. Peut-être que le garçon avait parlé moins audiblement qu’il ne l’avait pensé ? Ou que son interlocuteur était encore beaucoup trop dans le cirage pour faire attention à quoi que ce soit.
Macario continua donc d'attendre, silencieux, jusqu’à ce que des paroles plus intelligibles ne franchissent finalement les lèvres du blond dans un bougonnement brusque :


« … T'es qui ? On est où ? »

Ah. Comme il l’avait prédit. Malheureusement, le brun se posait exactement les mêmes questions. Dépité, il lâcha un soupire contrarié avant de passer sa main dans ses cheveux, la faisant glisser jusqu’à sa nuque. Gêné d’être aussi utile que le blond, il répondit :

« Désolé, mais je n’en sais rien … Je me suis réveillé y’a pas longtemps non plus … »

Bon, il fallait au moins voir le bon côté des choses. Il n’était pas seul. L’un comme l’autre. Et rien qu’avec ça, tout de suite, on ne pouvait que se sentir plus rassuré. Son compagnon d’infortune était comme lui : un jeune homme, sans doute de son âge (à peu près), perdu dans un endroit inconnu. Et sa mémoire ? Est-ce que sa tête était aussi vide que la sienne ?
Bon, il fallait l'avouer, avec son air renfrogné il ne mettait pas vraiment à l’aise le brun … Mais celui-ci ne pouvait lui en tenir rigueur, sachant que certains pouvaient avoir le réveil difficile. Alors dans un tel endroit avec un autre mec vous fixant avec insistance ?


« Je m’appelle Macario Pa-… (il ravala la suite de son patronyme, pensant bien que ce n’était pas tant pertinent pour des présentations) Macario. Et toi ? »

Ne sachant trop quoi faire de ses mains, le garçon tendit amicalement l’une d’elle vers l’inconnu.

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Ven 04 Juil 2014, 18:36

Caché dans l'encadrement de la porte, Blackjack était tiraillé entre deux choix bien distincts – l'un menant à la faux de Phlege lui pendant dangereusement sous le nez, et l'autre le laissant joyeusement gambader dans les hors-limites sans le moindre soucis de santé. En bon Daemon responsable et conscient des règles, le dilemme interne dura en tout et pour tout cinq grosses secondes, après lesquelles il claqua la porte dans son dos. Tout sourire, il fit un large signe de la main aux nouveaux arrivants. Franchement, il n'y avait pas de quoi se plaindre : s'ils voulaient qu'il arrête de se glisser là sans en avoir le droit, ils n'avaient qu'à arriver à l'heure au lieu de faire patienter les pauvres traumatisés comme de vulgaires patates. Ça, ou bien lui donner le droit de les accueillir. Vu le travail qu'il fournissait pour les faire se sentir à l'aise dès les premières minutes, ils n'auraient pas dû pouvoir le sortir de là à coups de pieds et le sermonner une fois à l'air libre. Il se consola en se répétant qu'il y avait pire garde que celui de la pièce Sud et fit un pas en avant.

Blanc blanc blanc. Ces pièces détonnaient toujours avec le gris délavé d'Asphodèle, une clarté qui lui tordait l'estomac et manquait de le rendre malade à chaque fois – allez savoir pourquoi il tenait tant que ça à y poser un pied le premier.

Deux garçon ou deux filles pas très féminines et plates comme Lif, l'air désorientés et pas du tout au courant du pourquoi du comment. Pas comme s'il allait pouvoir vraiment les aider, songea-t-il, mais au moins leur apporter une touche de bonne humeur et de sûreté. Blackjack, apparemment très fort lorsqu'il s'agissait d'occulter le fait que sa méthode n'avait pas marché les trente autres fois, s'agenouilla près des inconnus sans leur laisser le temps d'en placer une. Même à deux, il avait beaucoup de mal à comprendre que l'autre puisse avoir envie de lui couper la parole ou l'assommer ; ce n'était pas sa faute s'il avait énormément de choses à dire !
Prenant son rôle très au sérieux, il tira sur son sourire au maximum pour se donner l'air très affable. C'était quand même vachement mieux qu'un espèce de type habillé en noir qui vous prenait la tête tout en vous expliquant des trucs à coucher à dehors. Blablabla. Lui au moins, il ne risquait pas de leur donner envie de partir en hurlant.

Pensait-il.

« Bonjouuuur ! Vous venez d'arriver, j'imagine ? Moi c'est Blackjack, enchanté ! »

Il voulut leur tendre la main, uniquement pour se rendre compte au poids qui y pesait qu'il tenait toujours sa tasse de thé, dans laquelle se noyaient joyeusement trois morceaux de sucre. Loin de se démonter, il la leur présenta en ajoutant :

« Mais vous pouvez m'appeller Jack si ça vous plaît mieux, hein. Une tasse de thé ? »

Le Daemon se gifla intérieurement pour n'en avoir qu'une seule à leur offrir – mais il n'avait pas prévu qu'ils seraient deux dans cette pièce. A la vérité, il n'avait même pas prévu de leur offrir du thé, sinon, il aurait pris la théière et le sucre en passant, histoire d'être certain de ne pas en manquer. Quelques tasses en plus, des biscuits et une nappe pour bien faire, aussi ; qu'un des gardes puisse entrer dans la pièce et les surprendre en plein pic-nique lui était apparemment complètement sorti de la tête.
Passant sa main libre dans ses cheveux, ses doigts traçant le contours habituel de ses cornes, il sursauta légèrement ; puis saisit le tissu gris de sa capuche pour la rabattre sur sa tête et cacher sommairement les excroissances qui avaient tendance à fasciner ou déranger les Commoti et les Quieti. L'autre jour, une fille qu'il avait abordée au détour d'un massif de fleurs n'avait pas arrêté de les fixer sans faire attention à ce qu'il lui racontait ! C'était plutôt embêtant, autant pour elle que pour lui.

Comme si rien ne s'était passé ou que faire abstraction était aussi simple pour le commun des mortels que pour lui, il agrandit son sourire, le bras toujours tendu. De son côté, il trouvait la présentation plutôt dynamique et réussie ! Ahaha.

HEY OH HEY OH:
 

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'Cause I ain't ever had a real home, so what do I know ?:
 
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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Ven 11 Juil 2014, 03:25

Le soupir du brun ne présageait rien de bon ; même à moitié dans le coaltar, perdu comme jamais il ne l'avait été – du moins dans ses souvenirs, trop vagues pour qu'il puisse s'y fier malheureusement – il pouvait s'en rendre compte. Ce n'était pas bon. Pas bon du tout. Quelque chose clochait. Il le voyait au blanc des murs, au vide de sa tête, à l'allure de l'autre qui ne lui disait mais alors rien du tout ; à un vague pressentiment qui lui nouait l'estomac et lui faisait plisser les yeux, froncer les sourcils, espérer que tout ça n'était qu'un mauvais rêve et qu'il se réveillerait bientôt dans un endroit familier. L'inconnu lui faisait peur. Ce garçon lui faisait peur. Il était mal à l'aise, effrayé, pressé de s'en aller – peu importe où, tous les endroits du monde étant pour l'instant mieux que celui-ci à ses yeux. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il n'aurait même pas su dire de quelle couleur ils étaient. Tout revenait par à-coups, comme des clous plantés violemment dans sa tête à l'aide d'un marteau mal foutu. Ça faisait un mal de chien.
Et l'autre, là, il n'avait pas l'air mieux logé que lui.
D'après ce qu'il venait de lui dire, il venait également de se réveiller et n'avait pas la plus petite idée de quoi que ce soit. Génial. Non, vraiment. Il avait l'impression foutument désagréable d'être dans un de ces films où les protagonistes se tapaient une cuite monstrueuse pour se réveiller dans un endroit inconnu avec des gens qu'ils n'avaient jamais vu de leur vie auparavant : accroché à ce semblant de résidu de ce qu'il pouvait savoir ou avoir en mémoire, le jeune homme jura derrière la main qu'il posa sur sa bouche. Il ne savait pas quoi faire. Pas quoi dire. Il aurait aimé avoir l'air plus aimable, lui sembla-t-il – donner une impression de lui-même qui dépasse celle du type un peu bizarre recroquevillé sur lui-même en attendant la mort ou un autre truc tout aussi définitif ; mais c'était trop difficile. Il avait mal, peur. Peur, peur, peur. Son ventre se tordait vraiment dans tous les sens, c'en était presque effrayant de le sentir comme ça. Ses intestins devaient jouer à faire des nœuds comme les enfants avec leurs élastiques. Le résultat ne serait pas beau à l'arrivée. Espérons que ça se déferait tout seul.

Méfiant mais soucieux de ne pas se faire mal voir sans raison apparente du seul type alentours, le blond serra machinalement sa main. La sienne tremblait un peu.

« Euh... Don...nie. Donnie, répéta-t-il en fronçant les sourcils, comme cherchant à trouver un peu de réconfort dans la sensation familière que ce mot avait en sortant d'entre ses lèvres. Macario, c'est euh... Marrant, comme – »

Nom.
La porte claqua dans un bruit sec, attirant fatalement l'attention du garçon vers là. Ayant plutôt regardé son compagnon d'infortune que le paysage – blanc hôpital – qui l'entourait, il n'avait même pas remarqué une quelconque porte jusqu'alors ; sentir qu'il y avait une sortie à cet endroit glauque, un bref instant, le rassura. Il regarda, assis à même le sol, la silhouette se rapprocher sans piper mot ni broncher une seule seconde. Il y avait quelqu'un d'autre : quelqu'un qui venait de l'extérieur, quelqu'un qui ne venait pas de se réveiller, quelqu'un qui pourrait peut-être les aider, quelqu'un qui cela dit les avait peut-être enfermés là pour ce qu'il en savait, et...
Une fois que le garçon fut arrivé à leur hauteur, Donnie perdit le peu de couleur qui était resté sur son visage naturellement pâle. Plus blanc qu'un cadavre.
Ce type n'avait pas l'air humain.

Pas complètement, pas tout à fait – pas suffisamment. Ses yeux se levèrent vers son visage, ce qu'il y avait de dérangeant dans sa silhouette, les petits détails qui ne collaient pas. Il se dégageait de lui quelque chose d'indéfinissablement dérangeant ; comme une impression d'étrangeté, un sentiment de non-appartenance qui lui broyait le cœur derrière ses côtes. Blackjack ? Du thé ?
Il se fichait de lui, non ?

Sans plus prêter attention à sa main tendue et celle qui, embêtée, s'affairait à relever une capuche qui ne cacherait rien qu'il n'ait déjà eu le temps de voir, Donnie appuya brutalement du talon par terre pour reculer d'un pas, puis deux. Yeux grands écarquillés, il ne parvenait pas à quitter ce truc – enfin, type – enfin, Jack – du regard.

« C'est quoi, ça ?! »

La question, quoi qu'il n'y paraissait pas, était en fait destinée à Macario – qui, évidemment, était censé avoir la réponse à ce genre d'interrogations fondamentales.

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Dim 13 Juil 2014, 23:22

Étrangement, voir le blond ainsi effrayé nourrissait le jeune homme d’un peu plus de courage. Intérieurement, Macario se disait qu’il se devait de montrer l’exemple et ne pas céder à la panique, d’essayer de rassurer l’autre pas plus avancé que lui sur leur situation. Donnie ? C’était marrant comme nom … Il voulut lui offrir un sourire, se voulant le plus réconfortant possible, ainsi qu’un « Enchanté » quand … claquement de porte.

Si on vous demandait un jour « Comment réagiriez-vous si … » et que la suite de la question impliquait le réveil dans une pièce blanche totalement dépourvue de mobilier, la porte mise à part ? Macario était certain qu’il aurait ri de l’imagination débordante de cette personne. Pourquoi donc cela arriverait, sérieusement ? Ça lui semblait carrément moins probable que d’échouer sur une île déserte sans vivres. Et alors si à cette question on y rajoutait ce qui suivit …

Déboulant comme … comme quoi au juste ? Bon sang. Les deux garçons furent saisis de la même manière, vraisemblablement, ne bougeant plus un cheveu, les yeux en soucoupe dirigés vers la source du boucan.
Seigneur, Seigneur, Seigneur. Il se passait quoi, au juste ? Étrangement, Macario ne s’était pas préparé à ce que quelqu’un franchisse cette porte avec autant de violence. Mais à quoi s’était-il attendu alors ? À ce que l’on frappe ? Sans doute que ça les aurait moins effrayé, mine de rien … Peut-être.
En tout cas, voilà que cet être sombre se découpant parfaitement sur le décor immaculé venait les saluer avec toute la politesse du monde. Sans doute que Macario aurait été séduit si l’inconnu n’avait pas été … cornu ?
Dès l’instant où il était entré, l’atmosphère de la pièce semblait déjà avoir changé. Et à mesure que ses pas l’avait mené jusqu’à eux, ce drôle de sentiment au niveau de sa poitrine s’était accentué. La main tremblante, le garçon attrapa machinalement son pendentif, le serrant bien entre ses doigts. Il n’allait pas leur faire du mal, pas vrai ? Son cœur se mettait à battre de plus en plus vite … Il n’avait pas l’air bien méchant en tout cas. Et sa douleur au crâne recommençait à le lancer … N’est-ce pas ?

Quelque chose au fond de lui l’incitait à ne pas avoir peur. Ce n’était pas le moment. Il aurait dû se lever, sauter sur cet individu, le mettre à terre d’un geste expert et lui demander avec force et virilité des explications claires et précises. Mais ça … C’était plus facile à dire qu’à faire. Paralysé comme il était, aussi réactif qu’une statue de marbre aux faits et gestes du nouveau venu, c’était fou comme Macario devait être impressionnant.

Le cri de Donnie dont le corps avait réussi à bouger, lui, le fit sursauter.
Lentement, il déglutit ; fixant toujours celui qui disait s’appeler Blackjack, sa main tendue et son large sourire. Allez Macito, du courage. Sans pour autant répondre à la gestuelle, sa voix tentant de maîtriser les tremblements qui la secouait s’enquit :


« V-vous êtes … Un … Un Dé-… Un Dé-… »

-mon ? Au moins avait-il réussi à sortir la première syllabe.

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Mar 22 Juil 2014, 17:33

« C'est quoi, ça ?! »

Le visage de Blackjack troqua la complaisance du début pour une moue affectée on ne pouvait plus sincère. « Ça ». Il l'avait traité de « ça ». Est-ce qu'il se rendait compte à quel point c'était blessant d'entendre une telle chose, le blondinet ? Comme un couteau qu'on lui aurait planté dans le cœur pour le retourner dix fois de suite, le tout en riant à gorge déployée. Fort de sa présentation tout à fait en règle et parfaitement civile, il en fut un peu secoué. Rien à faire, les humains trouveraient toujours quelque chose à redire à son apparence – qui pourtant n'était pas si différente de la leur. Un détail par-ci, un détail par-là, des cornes ou des yeux jaunes, la bonne affaire ! Ils s'habitueront, pensa-t-il en retrouvant le sourire à la vue des sucres pratiquement dissolus dans le liquide chaud. Il ne fallait pas être Kharon en personne pour deviner que là d'où ils venaient, les cornes n'étaient pas vachement tendances.

« V-vous êtes … Un … Un Dé-… Un Dé-… »

Allons bon, et personne ne prenait le thé, avec tout ça ! Décidé à leur faire un peu la conversation avant que mademoiselle ne déboule dans la pièce et le renvoie dans sa zone comme un malpropre, il s'assit et croisa les jambes. Il posa la tasse de thé en équilibre sur son genou et frotta ses mains l'une contre l'autre, comme un professeur ayant un peu trop de pain sur la planche. Un démon, qu'ils disaient ; ils n'arrêtaient de se tromper avec ça. Andrew lui avait expliqué ce que c'était mais franchement, aucun rapport avec lui et son sourire à tomber.
… Hm.

« Nan, je suis pas un démon, se contenta-t-il d'expliquer, sa voix légère coupant à travers le voile compact de méfiance qui entourait la scène telle une banderole de police, je suis un Daemon. (il appuya bien sur chaque syllabe pour que les deux nouveaux puissent faire la subtile différence) Mais me demandez pas ce que ça veut dire précisément, je saurais pas expliquer. En tout cas, bienvenue à Asphodèle ! »

Il aurait pu adopter le style ampoulé de certains croulants « qui savaient tout mieux que les autres », mais la chose lui paraissait compromettre hautement ses perspectives d'amitié. Et franchement, de quoi pouvaient avoir besoin les petits nouveaux, sinon d'amour et d'eau fraîche ? Pas de tête d'enterrement bonne à les stigmatiser pour le rester de leur éternité, en tout cas, c'était clair. Il cligna plusieurs fois des yeux en s'apercevant que, n'étant pas sortis de la pièce, les garçons ne portaient pas encore les uniformes dont étaient constellées les résidences des Quieti et Commoti. Pas de numéros. Incapable de savoir si la chose le mettait mal à l'aise ou si elle était digne d’intérêt, il préféra embrayer sur la suite des opérations sans s'attarder.
Je préfère le noir, mais c'est une question d'opinion.

« Et donc, vous voulez vraiment pas de thé ? Je l'ai fait moi-même, pourtant, c'est dommage. »

Ce qui était surtout dommage (et déplorable), c'était son incapacité à réussir un thé après vingt-deux années d'existence et d’entraînement intensif. Il ne savait jamais combien de sucres y mettre, combien de temps laisser l'eau sur le feu, le sachet dans l'eau... Alors il y allait au hasard et à tâtons. Il n'arriverait jamais à le faire aussi bien que certains de ses amis, mais il y mettait du cœur et osait espérer que ça suffisait.

En l'occurrence, il cherchait juste à se faire des amis en partageant un thé de l'amour préparé par ses soins – et même pas empoisonné. C'était plutôt cool pour mettre en confiance, non ? Lui trouvait que ça en jetait. Mieux qu'une faux sous le nez, hun.

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Lun 04 Aoû 2014, 22:04

Eh ben. C'est qu'il était d'une grande aide, le Macario – même si on pouvait se demander pourquoi Donnie s'était attendu à quoi que ce soit de sa part à la base ; lui-même avait quasiment crié comme une fillette avant de s'enfuir, après tout. Ce qui n'était pas très viril de sa part. Il en conviendrait plus tard, dans d'autres circonstances. Au calme. Et en sécurité. Quoi qu'il en soit, à défaut de venir le secourir sur son cheval blanc, le jeune homme eut la bonne idée de ne pas reculer ou partir en courant se cogner la tête contre un mur pour mieux s’assommer ; ce que Donnie, les yeux écarquillés aussi grands que deux soucoupes, jugea appréciable pour sa propre survie. Être avec quelqu'un d'autre jugé comme amical, face à une menace quelconque, le rassurait indubitablement. Il ne savait pas encore si c'était pour mieux le jeter en pâture et partir se cacher ou si c'était par sentiment d'entraide, mais au moins se sentait-il vaguement plus calme que s'il avait été seul. Ce n'était pas rien ; son cœur battait à cent à l'heure, son crâne le lançait comme sous la pression de mille chevaux au galop et il avait encore mal à l'estomac mais, au moins, il n'était pas...

… Complètement seul. Hein ?

La question de son camarade éveilla lui en des bribes de souvenirs sans fond ni couleurs. Un dé – mon, hein ? Ce n'était pas un démon, si ? Clignant des yeux comme le plus parfait des abrutis, bouche tordue par une peur grandissante, le jeune homme crispa ses doigts sur le sol parfaitement blanc. Pas la moindre impureté ; c'en était franchement gerbant, à force. Il aurait aimé imprimer la trace de ses ongles dans le blanc de cet endroit, tout repeindre d'une autre couleur pour moins avoir l'impression d'être coincé dans la salle d'attente de Dieu le Père. Quoi qu'avec l'autre machin cornu, là... C'aurait plus été quelque chose comme le garde-manger de Satan. Et il n'était pas loin de se persuader que c'était là qu'il avait atterri ; dans un endroit tout à fait improbable, là où même son imagination aurait été incapable de l'emmener s'il l'avait voulu. Il s'était passé quelque chose de grave dans sa vie qui l'avait conduit ici, certainement, et pas moyen de s'en rappeler.
Il avait des images et des sons dans la tête, mais aucun qui finisse correctement la pellicule. Ça lui donnait envie de...

Juste, de tout casser.

De nouveau sur ses deux pieds, l'air fier et prêt à en découdre malgré ses jambes et ses bras tremblants qui n'auraient trompé personne sinon lui, Donnie tapa violemment du pied contre le sol. Il n'était pas là pour se laisser faire. Où qu'il soit, d'ailleurs – et ça importait franchement peu. Asphodèle, Daemon ? Qu'est-ce qu'il en avait à faire de ces conneries !

« C'est quoi Asfodaile et machin? Tu te fous de nous, c'est ça ? » Dents serrées, il jeta un regard profondément énervé au nouvel arrivant. « Je devais être chez moi avant d'être là et je compte bien y retourner, alors tu dégages ton putain de thé et tu nous dis comment on se barre d'ici ! »

Bien sûr, il avait parfaitement conscience qu'exiger ne se faisait pas quand on était dans une position telle que la sienne – à savoir probablement le plus faible des deux, et en tout cas celui qui en savait le moins ; ça ne l'empêcha pourtant pas de taper de nouveau du pied contre le sol, vraisemblablement prêt à tout casser si quelqu'un ne se pointait pas sur le champ lui apporter la machine miraculeuse qui le rendrait à sa normalité. Il n'avait aucun moyen de contrôler sa colère et pas la plus petite idée de par où commencer. Trop de questions lui meurtrissaient le cerveau et lui, comme remède à ça, ne se souvenait que de poings enfoncés dans les murs et d'objets brisés à s'en casser les phalanges, peau coupée pour mieux saigner.

Ses yeux vaguement humides, traîtres, l'énervaient plus que tout le reste.

Il voulait juste rentrer.

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Lun 11 Aoû 2014, 20:24

HRP:
 

Il n’allait pas bien ; oh non, il n’allait pas bien.
Les yeux toujours rivés vers le dé… Non, Daemon ? Bon sang, c’était quoi la différence au juste –, Macario déglutit, tentant de contenir du mieux qu’il pouvait les tremblements de son corps ainsi que les douleurs qui l’attaquaient de toutes parts. Des tourbillons dans son ventre vinrent rejoindre le rythme sous son crâne … Un bruit de fond, pour le moment, mais s’il pouvait cesser, ça le soulagerait …

Il ne savait vraiment pas quoi penser de la situation. Quoi penser de ce mec bizarre, de ses cornes, de son thé … Il ne savait rien, rien, rien. Les doigts tenant toujours sa croix en bois avec fermeté, les énigmes s’entassaient sans espoir de résolution. Blackjack, Blackjack … Le garçon au nom – était-ce cependant vraiment un nom ? – étrange avait prononcé le mot d’Asphodèle. C’était l’endroit où ils se trouvaient ? Ça ne lui inspirait vraiment rien de familier ou de rassurant … Et pas comme s’il avait une quelconque base. Le gouffre sans fond de son esprit le dévorait de l’intérieur, il avait la sensation que quelque chose allait exploser en lui … Sensation qui ne s’apaisa pas lorsque le blond derrière lui commença à se fâcher.

Tension, tension, tension …

Mal de crâne. Au secours.


« Je devais être chez moi avant d'être là et je compte bien y retourner, alors tu dégages ton putain de thé et tu nous dis comment on se barre d'ici ! »

Macario frappa subitement son front avec sa main libre. L’autre ne tarda pas à la rejoindre, les contours du pendentif marqués en rouge dans sa paume, massant ses tempes et se perdant dans ses cheveux noirs. Mal, mal, mal …
Les yeux fermés, visage crispé ; Macario tentait d’apaiser cette douleur au crâne qui lui était devenue insupportable. Au fond, il avait admiré Donnie pour sa réactivité, alors que lui était toujours assis là à souffrir tel un petit inutile. Inutile, inutile, inutile … Mais ce gros trou dans son être le rongeait, le faisait souffrir … « Chez moi », hein ? Il savait où c’était, chez lui ? Parce que Macario, non. Pourquoi, hein ? Pourquoi ? Il n’était au courant que de son patronyme et …

Le garçon se pencha, reposant ses coudes contre ses cuisses afin de mieux soutenir son crâne où se jouaient mille et un tambours. C’était comme creuser dans le vide.

Alors, c’est où chez toi, Macario ? Macario Pablo Hierra Mendoza, il paraît, hein ? Tu viens d’où, dis ? Une visage te revient ? Si tu fermes les yeux, qu’est-ce que tu vois ? Rien. Le noir. Des petits éclats de lumières flous, comme des néons. Qu’est-ce que tu sais ? Je suis humain. Lui, en face, c’est un démon.  Ou un Daemon. Ou peu importe. Il avait des cornes. Mais il ne semblait pas si méchant. Ne pas croire les apparences. Le mal, le mal, le mal, il … Est dans ma tête.

Pression.

Un râle et bam.

Le jeune homme ne fut pas conscient de ce qu’il se passa par la suite. Peut-être qu’on s’était rapproché de lui ? Peut-être qu’on l’avait touché ? Lancé un truc ? En tout cas, il sombra de nouveau.
Sa tête avait retrouvé le sol, protégée par ses bras ; ses jambes repliées vers lui.

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Mar 12 Aoû 2014, 16:16

Wow, il avait l'air vindicatif en plus, le petit nouveau. Pour un peu, il en aurait juré voir Andrew dans ses mauvais jours – je tape du pied et je te crie dessus, je te menace même, tout ça – et Blackjack essayait de se souvenir comment il calmait l'hystérique dans ces moments là. Le Daemon en noir n'était ni violent ni méchant, mais la coupe faillit bien partir de ses mains jusqu'à la tête du blondinet pour l' « apaiser ». Test pour la science. Il n'en était pas certain, mais il lui semblait qu'un choc à la tête pouvait amener à la reconsidération de la situation et des priorités – à moins que ça ne l'énerve encore plus et qu'il finisse par se faire marcher dessus au sens propre du terme. Ouaiiis. Ce fut la pensée (pas franchement agréable dans l'absolue) de se faire écraser par un humain en colère qui retint ses muscles tendus à la dernière seconde. Ça aurait été bête de gâcher son thé pour si peu, en plus. Clignant des yeux et tiraillé entre les diverses propositions qui s'offraient à lui, Jack le regarda tenter de détruire le sol une nouvelle fois. Le sarcastique en lui faillit reprendre le dessus et lui conseiller de taper jusqu'à creuser un tunnel.
C'est mal, tais-toi.

Mais pendant que Terminator lui demandait poliment de le ramener chez lui, son compagnon sembla pris d'un mal de tête aussi violent que soudain. Le visage crispé ne plut vraiment pas au Daemon, qui sentit son souffle se bloquer automatiquement au milieu de sa gorge. Il y resta comme un parpaing qu'on aurait glissé là pour l'empêcher de respirer. C'était compact, ça faisait mal, et ça n'allait pas du tout. Dans un tintement pressé, il posa la coupe à côté de lui, à l'abri des assauts de l'autre excité.
C'était toujours dans ces moments-là que le garde arrivait, la bouche en cœur, pour lui demander ce qu'il avait fait et – il venait de s'évanouir, là ?!

« Eh, il a pas l'air d'aller bien ton copain, là ! »

Non, sans rire ? Il l'aurait sûrement pas remarqué sans lui ! Quel héros ! De nouveau sur ses jambes solidement calées au sol, Jack s'approcha de l'anonyme à la peau bronzée, hésitant à le secouer pour en tirer une quelconque réaction. Il savait pas, euh... une protestation, une menace de mort ? Il pouvait même l'engueuler comme son ami ou critiquer son thé, il s'en foutait ! Il voulait juste qu'il ouvre les yeux et parle.
Bon, le point positif, c'était qu'il ne risquait pas grand chose question arrêt cardiaque ou cérébral ici, mais quand même...

« Asphodèle c'est l'endroit où on se trouve en ce moment. Et même si je voulais, je pourrais pas vous ramener chez vous, parce que... (je connais pas) ben, vous pouvez pas sortir de là. »

Il posa une main sur l'épaule du garçon aux cheveux noirs et le secoua tout doucement. Même lui ne pouvait pas sortir d'ici, ahaha. C'était pas comme si...
C'était pas à lui de dire ça normalement, mais Phlege prenait son temps. Peut-être qu'elle s'était endormie sur sa faux.

« Si vous êtes là, c'est que vous êtes morts. Tous les deux. »

Et là, il voulait bien qu'on lui pète les oreilles à force de s'exclamer, parce que c'était la partie la moins agréable à entendre – d'après toutes les réactions qu'il avait récoltées sur son petit carnet. « Je suis pas mort, je le saurais », « n'importe quoi », « dis pas de bêtises »... C'était pas sa faute s'ils avaient passés l'arme à gauche, non plus, quel que ce soit le sens qu'ils donnaient réellement à cette expression. Pour lui, mourir se résumait à disparaître et reparaître, à mimer la douleur ou peut-être à ne plus jamais poser les pieds chez soi. A une absence, mais pas beaucoup plus.

Il aurait bien rajouté « mais c'est pas grave, je suis là ! » s'il avait pensé que cette démonstration de joie puisse les rassurer.

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Sam 16 Aoû 2014, 03:23

Yeux grands écarquillés, Donnie regarda le jeune homme embrasser le sol sans savoir quoi faire. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Pourquoi il faisait ça, là ? Ses mains glissèrent près de ses oreilles puis dans ses cheveux, pour mieux se croiser nerveusement à l'arrière de sa tête. Son cerveau ne marchait plus correctement. Il entendait bien ce que lui disait l'autre démon, là – il savait, il comprenait, il n'était pas bête, il avait bien vu ; ça va, ça va ! Il avait compris, merde ! Seulement ses jambes tremblaient comme des feuilles abandonnées au vent, il n'était même pas sûr qu'il aurait réussi à marcher jusqu'à lui et –
Il avait peur, tout simplement. Peur de l'inconnu, peur de s'approcher de ce type étrange, peur que ce soit de sa faute, à cause de ses cris inconsidérés que tout venait de se casser la gueule façon château de carte branlant. Il ne fallait pas être un génie pour faire le rapprochement ; on parle, tout va bien, tu disjoncte, il s'effondre. Ça ne pouvait pas être bien grave pour autant, hein ? Non ? Il devait juste avoir mal au crâne, mal au ventre, mal quelque part, mal partout – meurs pas, putain. Ses mains mal assurées vinrent se joindre devant sa poitrine, serrées fort fort fort contre son cœur. Il avait peur. Peur. Peur.
C'était la sensation d'être abandonné, seul au monde, pris au piège, incapable de faire le moindre mouvement ou de remettre même un semblant d'ordre dans son esprit. Intérieurement, il priait pour que son nouvel ami se relève ; qu'il rit, aille mieux, chasse l'angoisse d'un geste de main familier. Il s'agrippait à cette silhouette recroquevillée comme à sa propre vie – maladroitement, avec toute la force dont il disposait encore. Ça faisait tellement peu.  Ses mains glissaient et ses pensées avec ; et puis comment ça, il pourrait pas les ramener chez eux ? Hein ?

Ça voulait dire quoi, ça ?!

La colère et la crainte le noyaient comme deux rivières contraires trouvant leur source droit dans son cœur. Le premier pas, minuscule, fut rude ; le deuxième un peu moins. Autant la présence du garçon le rassurait toujours, autant celle de l'autre le terrifiait plus qu'autre chose. A ce stade, il n'était pas loin de fondre en larme et de le supplier de les laisser partir. Peu importe ce qu'il en disait, il ne pouvait pas croire qu'il n'ait rien à voire dans leur situation. Parce que...
Parce que ?
Ses genoux heurtèrent le sol dans un bruit sec. Douloureux.
Doucement, ses doigts vinrent glisser sur la main du garçon. Il craignait de lui faire mal.

« Eh. Dis lui qu'on est pas morts. »

S'il te plaît. Moi je sais plus, mais toi tu sais. Hein ? Dis moi que tu sais.
Où on est, ce qu'on fait là.
Qui on est.

« On est pas morts ! »

Son cri, qui se voulait fort, finit étranglé dans sa gorge. Il avait envie de pleurer. Le faisait déjà, quoi qu'il ne s'en était pas rendu compte – et quelle importance. Il essuya ses larmes d'un revers de bras rageur, incapable de faire la part des choses. S'il avait eu un couteau, il se serait empressé de s'ouvrir les veines pour lui prouver qu'il pouvait encore mourir. Qu'il y avait du sang sous cette peau, un pouls dans ce poignet ; des battements de cœur frénétique dans sa poitrine et une activité cérébrale parfaitement normale sous sa tête blonde. Il était en vie. Il pensait. Entendait. Ressentait. Avait peur, envie de partir. Se sentait mal, au bord de l'évanouissement lui aussi – et ça, tout ça, c'était le privilège des vivants. Les morts ne parlent pas. Les morts ne se réveillent pas.

Et maman, et papa ?

« Laisse nous partir ! »

Et mon Dieu, ça tenait plus de la supplique que de l'ordre.

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Sam 16 Aoû 2014, 03:37



Le bruit de la porte qui s'ouvre, caractéristique, est étouffé par la prudence et la douceur avec laquelle on la pousse ; les bruits de voix arrivent soudain plus clairement aux oreilles de la demoiselle. Sa faux en main, l'autre abandonnée le long de son corps, elle pénètre dans la pièce avec le calme et la discrétion d'un chat. Seule sa silhouette - rouge sur blanc - et le bruit de ses talons claquant contre le carrelage pourraient attirer l'attention vers elle.
Quoi qu'il en soit, elle ne cherche pas spécialement à se faire remarquer. Chaque chose en son temps.

« Mesdames et Messieurs les décédés... »

Sa voix, claire et limpide, tranche nettement dans la salle immaculée. Sa deuxième main vient rejoindre l'autre sur le manche de sa faux ; ses yeux rouges, vifs, se posent sur la silhouette de trop. Les fauteurs de troubles ne vont généralement pas ennuyer les nouveaux arrivants. Ce n'est pourtant pas la première fois que ça arrive.
Elle pourrait le tuer aussi sec. Sans doute sait-il qu'elle ne le fera pas ; peu importe. Sa faux reste là, prête à être utilisée si besoin est.

« ... Blackjack. »

Soupir.

« Vous n'avez rien à faire ici. » Son regard, perçant, vient se poser sur les deux autres. « Quant-à vous, je vous demanderai de me suivre. Si questions il y a, ce n'est pas à moi qu'il faudra les poser. Je vous demanderai également de ne rien tenter d'idiot. Je suis uniquement là pour vous guider. »

Vous pouvez suivre Phlege directement ou refuser de coopérer.


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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Sam 16 Aoû 2014, 17:46

C’était un …

C’était une matinée comme les autres. Allongé dans la voiture arrière d’une carriole, Macario se laissait doucement bercé par l’ébranlement des roues sur le chemin accidenté. La mule ainsi que son propriétaire ne semblaient pas bien pressés, alors le mexicain n’avait pas trop à se plaindre. La tête protégée du soleil par son large chapeau, il était bien, là. Vraiment bien. Un sentiment rassurant de sécurité l’envahissait sans qu’il ne sache trop pourquoi. Il se trouvait juste au Chili, pourtant, pris en stop grâce au pouvoir de la providence par un honorable citoyen s’en allant travailler. Peut-être l’aiderait-il à la cueillette du coton pour l’en remercier. Mais pour l’heure …

Pour l’heure … Un tremblement inhabituel l’obligea à se redresser. Clignotant des yeux, Macario releva le bord de son couvre-chef et fit pivoter sa tête en tous sens, à la recherche de la source de la perturbation … Il n’y avait rien, pourtant. Seulement les champs de cotons à perte de vue, comparable à un tableau en aquarelle. Les séismes étaient fréquents dans cette partie du continent, cependant le conducteur n’avait pas l’air d’avoir remarqué quoi que ce soit.

Accompagnant la drôle de sensation, il crût distinguer des voix emportés par le vent … à la fois si éloignées mais tellement proches. Il n’était pas certain de les comprendre tout à fait, mais il percevait bel et bien quelques mots.
… Hm ? Asphodèle, dîtes-vous ? Comment connaissez-vous ce nom … ça me dit quelque chose. Une ville, peut-être ? Non … Qu’est-ce que vous dîtes ? Je ne suis pas sûr de comprendre.


« …vous êtes morts. Tous les deux. »

Tous les deux ?
Macario ne se souvint pas être descendu de la carriole. Pourtant il était bel et bien les deux pieds sur terre, enfoncés dans ses bottes, entendant derrière lui les grincements de roues de la charrette s’éloigner vers l’infini. Mais il n’était pas seul.
A ses côtés, un petit garçon lui tenait la main, tout doucement … Comme s’il ne faisait en fait que l’effleurer, volatile tel un souvenir. Macario était certain de le connaître.


« Eh. Dis lui qu'on est pas morts. » ... Bien sûr que non, ils ne pouvaient pas être morts. Ils avaient encore la vie devant eux. Juste là. S’il tendait la main, il … « On est pas morts ! » Le cri de désespoir sonna la fin de l’acte. Les rideaux s’écroulèrent subitement, laissant Macario ainsi plongé dans le noir. Plus de trace ni des champs de cotons, ni de la carriole, ni de l’enfant. Plus rien que lui … Et encore. Et encore …

En même temps qu’il rouvrait les yeux, de nouveau ébloui par la clarté de la pièce, le garçon discerna les ombres de deux individus l’entourant. Donnie et Blackjack. Tout lui revint. Le vide, le mal de crâne, tout … Son regard s’éclaira et un sourire ne put s’empêcher de se dessiner sur son visage. Mon dieu, c’est bon, il se souvenait. Le trou béant de son âme s’était vu colmaté, et cette idée lui donnait envie de rire aux éclats … Malheureusement, ce n’était pas le moment de sauter de joie. Son expression changea de sens lorsqu’il sentit une nouvelle présence pénétrer la salle …

Toutes les têtes se tournèrent dans sa direction, le geste rappelant étrangement ce qu'il s'était passé un peu plus tôt. Sauf que cette fois, ce n’était pas un garçon tout de noir vêtu qui vint casser la monotonie de la chambre monochrome.
A dire vrai, c’était … une femme. A couper le souffle. Mais certainement pas dans le bon sens. Bleu était la couleur de sa peau, rouge celle de ses cheveux. Malheureusement le plus inquiétant dans l’histoire restait l’arme qu’elle portait d’une main avec une facilité déconcertante. Une faux qui avait l’air assez aiguisée pour couper net toute tête un peu trop baladeuse … Enfin, pour le moment, la menace semblait peser plus sur celle de l’individu cornu que sur la leur.

Lentement, ses esprits repris, Macario se redressa avant de poser une main rassurante sur l’épaule de Donnie. Il lui souffla alors un
« Désolé … » pour l’inquiétude qu’il avait dû lui faire subir. Mince, ce qu’il avait dû sembler inutile. Mais ça allait maintenant. Il était là et ne comptait pas le lâcher.
De son autre main, le jeune homme reprit sa casquette et l’enfonça sur sa tête alors que la nouvelle venue leur adressait la parole.

Le mot décédés résonna dans sa tête, écho avec ce qu’il avait entendu dans son rêve. Donc, ils seraient réellement morts ? Sérieusement ? Le mexicain ne voulait bien entendu pas remettre en question les dires de la … Daemon – sans doute –, mais ça faisait tout de même un choc. Ses souvenirs étaient encore flous, mais il n’avait pas l’impression d’avoir passé l’arme à gauche. Son cœur battait toujours, il en était certain. Celui de Donnie aussi, d’ailleurs. Et il n’y avait qu’à les regarder … Les deux garçons étaient si jeunes. Ils ne pouvaient définitivement pas être morts … Pas vrai ?

Malheureusement, ce n’était pas aussi simple. Son regard retrouva le blond à qui il tenait toujours l’épaule … Que dire ? Que faire ?


« Donnie, hm … On n’a pas le choix, je crois … »

Après tout : elle était armée, eux pas. Pourquoi était-il aussi démuni, au juste … Son chapeau, son arme, son équipement … Il n’y avait aucune échappatoire que la porte dont elle barrait la route. Et puis, ça n’allait pas être comme ça qu’ils auraient des réponses convenables …

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Jeu 21 Aoû 2014, 16:59

Quand Jack avait dit que les gardes choisissaient toujours le mauvais moment pour débouler, il ne plaisantait pas : c'était une idée bien ancrée dans sa petite tête persécutée (pas pour un rien), et Phlege venait de lui démontrer à nouveau qu'ils n'avaient aucun synchronisation, elle et lui.
Il grimaçait, se demandant quoi répondre au blond excité, à part un « je peux pas et j'y peux rien » de circonstance, quand la porte s'ouvrit tout doucement derrière eux. Habitué à la présence de ses pairs et les bruits des gonds qui tournent sur eux-mêmes, il le remarqua sur la seconde. Il jeta un regard en biais à la tasse de thé abandonnée au sol, puis aux deux jeunes hommes, dont l'évanoui venait de se réveiller. Le soulagement fut malheureusement de courte durée et il ne put pas s'enquérir de son état : la deuxième Daemon avait élevé la voix et la suite manquante de son discours ne pouvait guère être imputée à la coupe de cheveux douteuse de son ami aux nerfs à vif.

« ... Blackjack. »

Le concerné pivota sur ses talons et adressa un signe à la gardienne, hochant vaguement la tête à son commentaire. Oui, il savait très bien qu'il n'avait pas le droit d'être là – il remballa vite fait bien fait sa réflexion sur les panneaux indicateurs – mais s'en moquait éperdument, et elle le savait. Si ça avait été Styx, il se serait éclipsé bien avant ou se serait caché derrière les nouveaux arrivants, mais Phlege avait ce quelque chose de blasé et peu réactif qui lui laissait une large zone de manœuvre avant de rencontrer sa faux. Elle aussi devait le savoir. Peut-être qu'elle s'en fichait ou n'y faisait plus attention ; aucune importance. Blackjack récupéra sa tasse avec la prestance et la dignité d'un roi, touillant le liquide sans y penser. Ses yeux dorés voyageaient de Phlege aux bientôt Commoti, attendant de voir leur réaction. Donnie, uh ? C'était bizarre comme nom. Ils auraient au moins pu se présenter quand lui s'était présenté. Quel manque de savoir-vivre.

« Faites pas attention à moi, fit-il tout sourire, je regarde juste. »

Il leur adressa un pouce levé sans même se préoccuper de s'ils faisaient attention à lui ou pas – il voulait juste voir si le blondinet allait coopérer ou poser des questions ou casser la figure de Phlege (ça aurait été une suuuper mauvaise idée, mais au moins ça aurait été distrayant).
Blackjack se demandait toujours d'où provenaient les âmes errantes : il savait qu'ils ne venaient pas d'ici, il n'était pas stupide et il avait pu glaner assez de connaissances pour s'en faire une idée assez précise. Pour autant, la transition lui était inconnue. La nature même d'Asphodèle lui était inconnue.
S'il avait pu, il aurait mieux aidé ces garçons que ça, fallait pas croire. Mais question ignorance, ils se valaient bien. Son regard s'attarda un moment sur la Daemon aux cheveux rouges dont il ne voyait jamais la matricule. Encore une profonde injustice, ça : la dernière fois qu'il avait essayé de cacher la sienne, on lui avait fait comprendre que ce n'était pas la meilleure idée du siècle. Comme s'ils en avaient besoin, tiens...

Jack sortit de ses pensées et songea à faire des acrobaties pour les distraire avant de décider de ne pas aggraver son cas. Il savait que pousser le bouchon trop loin aurait été une mauvaise idée.
Il prit une gorgée de thé et sa gorge habituée aux mélanges les plus douteux la trouva parfaite et bien dosée. Un humain s'y serait étouffé tant le liquide tenait plus du sucre qu'autre chose. Comme quoi, des goûts et des couleurs...

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   Lun 06 Oct 2014, 16:38

Une femme ; ou du moins ça y ressemblait. Quelque chose comme ça, dirait-on – et le terme était si proche de la réalité (« quelque chose comme ça ») que Donnie crut pouvoir s'y noyer. L'expression du garçon cornu, tellement trop humaine, fut remplacé par le verre délicat d'une poupée sans vie. Sa peau était anormale. Ses cheveux également. Rien n'allait, rien – et s'il n'avait pas déjà été si proche de lâcher prise purement et simplement, il aurait tellement aimé pouvoir donner un coup de poing dans cette fille pour voir si elle volerait en morceau ou si ce serait lui, comme face à du diamant, qui se verrait forcé de céder le premier. Est-ce que sa main se serait brisée en mille éclats ? Bonne question.
Il n'en connaîtrait sûrement jamais la réponse, de toute manière. Il avait loupé le coche pour réagir violemment et ses jambes, plus que tremblantes, menaçaient à tout moment de céder complètement pour mieux le laisser démuni face à cette faux tranchante. Il ne voulait pas lâcher Macario ; ne voulait plus que l'autre type s'en aille. Ils étaient trois, face à mademoiselle la voix glaciale – ils étaient trois et elle toute seule, c'était faisable. Ils pouvaient lui foncer dedans et... Et la forcer à les laisser s'enfuir, au lieu de la laisser déblatérer son tissu de bêtises ! Si elle était uniquement là pour les guider ou quoi que ce soit d'autre dans le genre, alors pourquoi être armée ? Elle n'était pas comme l'autre, là, une sorte de monstre probablement capable de les maintenir à distance juste en les regardant ? Ils n'avaient pas des supers pouvoirs, des capacités hors normes, impossibles ? Et eux, où étaient-ils ?
Parce qu'ils n'étaient pas morts, non. Qu'on arrête de lui répéter ça. Il n'en pouvait déjà plus.
Il n'était.
Pas.
Mort.

NON. Ce n'était pas si difficile à comprendre, merde ! Ils avaient quoi dans la tête, tous ?!

La main que posa le jeune homme sur son épaule ramena brusquement Donnie à la réalité ; ou, du moins, à ce qui semblait l'être. Pour l'instant il n'avait que ça, alors il faudrait faire avec. Pas qu'il ait d'autres options à l'heure actuelle. Ses excuses lui tirèrent une moue entre embarras et ennui ; et, déjà, il ne savait plus quoi faire. Devaient-ils la suivre ? Tenter quelque chose ? Attendre dans un coin histoire de voir comment elle comptait les forcer à bouger ? Les possibilités défilaient en rubans infinis devant ses yeux, comme des centaines de milliers de points blancs brillants dans le noir de son esprit confus. Ça faisait mal. Il aurait aimé que quelqu'un lui pointe la bonne direction du doigt, être sûr de ne rien risquer, d'être sur la bonne voie. Jamais de sa vie il n'avait souhaité plus que maintenant rentrer chez lui – alors que pourtant, la notion même de « chez soi » lui paraissait floue et distante.
C'était quoi, chez lui ? C'était où ? Avec qui ?

« … Putain. »

Doucement, avec toutes les précautions qu'impliquaient son corps tremblant, il se redressa. Ça tournait dans sa tête ; il n'était pas sûr de ce qu'il faisait, ni de ce qu'il pensait. C'était pire que tout. Vraiment. Pire que pire que tout.

« Tu pourrais nous aider au lieu de regarder ! Bute la, je sais pas ! »

En direction de Blackjack, cette fois. Il se sentait étrangement plus ami-ami avec lui depuis l'arrivée de quelqu'un d'encore plus effrayant.

« Je veux bien la suivre, mais si elle tente quoi que ce soit de bizarre je vous jure que je tue quelqu'un. »

Sa voix grondante, presque inaudible, était plus vouée à le rassurer lui qu'à menacer qui que ce soit. Il doutait qu'elle le prenne comme ça. Sérieusement, c'est à dire.
Mais quoi ? Tuer quelqu'un ?
Ça te rassure, ça, Donnie, comme possibilité ?

Putain.

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Well, it's easy to get tangled up when your world is torn to shreds.
And every time you spit at me - some day, you will regret.
An ounce of insecurity is worth a pound of lead. »

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MessageSujet: Re: Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.   

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Ouvrez les rideaux. Tous les rideaux.

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