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 Céleste Lachance – «Puisque je vous dis qu'on va tous mourir !»

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MessageSujet: Céleste Lachance – «Puisque je vous dis qu'on va tous mourir !»    Dim 03 Aoû 2014, 14:48

Céleste Lachance
"Comment ça déjà mort. Vous vous fichez de moi? J'ai pas signé pour être enfermée à Guantanamo, moi!"


I.D
Nom : Lachance.
Prénom : Céleste
Surnom : Céleri, Célie,Lafolledébarqueaaaah,Fckya.
Âge : 21 ans.
Date de naissance : 31/10/2005
Date de mort : 01/11/2026.
Orientation sexuelle : Pasexuelledutout.
Groupe : Commotus
Nationalité : Monaco
Langues parlées : Français, Anglais, Allemand, quelques vaines notions de mandarin... (Accent français dégueulasse à chaque fois)
Ancien métier : étudiait par correspondance le droit.
Métier actuel : Infirmière



Casier judiciaire
▬ Crimes commis :
▬ Circonstances du décès :
▬ Péché capital principal :
▬ Péché capital secondaire :
▬ Votre rapport à l'alcool :
▬ Votre rapport aux drogues :
▬ Addictions :
▬ Avez vous eu de mauvaises attitudes récurrentes :
▬ Avez vous déjà été victime :


Physique
Vous ne croiserez pas souvent Céleste. Et si jamais cela arrivait, ce serait sans doute dans le cadre de son travail. Mais parfois, on peut l’apercevoir fugacement, dans un coin, sous une table, derrière un pot de fleur, en train de vous espionner, d'espionner votre voisin ou d'asperger untel de manugel. Dans tous les cas, vous ne la verrai pas vraiment. Oh. Bien sûr quelques détails vous sauteront au visage sauvagement. Mais c'est tout. Parce que Céleste est passée maître en matière de camouflage en milieu hostile. Elle ne veut pas être vue, abordée ou tout simplement regardée. Un problème de germes imaginaires qui pourraient la rendre affreusement malade.

Cela dit, vous aurez sans aucun doute le temps d'apercevoir sa longue looooongue chevelure rouge qui lui bouffe presque littéralement le visage. Si bien qu'à part quelques morceaux de peau vous ne verrez rien. Même pas ses yeux verts qui vous scrutent furieusement, intensément même à la recherche d'un quelconque signe d'impureté, de bouton ou de maladie. Vous ne saurez jamais qu'elle a de long cils, qu'elle ne cligne pas souvent des yeux et que ses sourcils sont fins. Vous ne pourrez pas voir son visage en forme de cœur. Oui. En forme de cœur, avec un menton en pointe. Vous ne verrez pas non plus ses petites oreilles s'agiter lorsqu'elle vous entendra murmurer quelque chose. Mais rassurez vous. Vous ne manquez pas grand chose.

Ce que vous aurez aussi le temps de voir c'est que cette boule de cheveux est grande. Très grande. Elle le regrette beaucoup. Les petites choses sont plus difficile à voir. À harceler. À contaminer. Tandis qu'une grande fille comme elle, c'est difficile à manquer. Vous verrez aussi qu'elle est assez fine. La faute à un régime sans germe, composé de compléments alimentaires et d'autres végétaux bio. Ses bras sont fins et ses jambes aussi. Vous l'aurez compris, elle ressemble beaucoup à la copine de Slenderman. En plus effrayant.

À part ça vous ne verrez rien. Parce qu'elle se cache bien. Et vite. Très vite. Comme elle sait courir très très vite, même si parfois elle tombe, parce qu'elle a du mal à rester debout sur de si grandes jambes. Mais, pas de panique, parce qu'elle a toujours un kit de premier secours sur elle. Toujours. Alors peut-être qu'une fois, vous aurez le temps de la voir, cette grande nunuche, occupée à s'emballer le corps dans des bandages, parce qu'elle a très mal. Très très mal, voyez ? Et partout. Et quand ça saigne, alors là, c'est l'hystérie ! Et vous l'entendrez bien, sa toute petite voix pousser des hurlements très aiguës parce qu'elle saigne du doigt. Et même quelques petites gouttes c'est grave. Peut-être qu'elle va faire une hémorragie interne de l'index ! Et alors, si vous la croisez à ce moment, elle pourrait très bien vous demander de l'aide. Ou faire la morte, puis au bout de cinq minutes ouvrir un œil ou deux et vous affirmer qu'elle a failli mourir et qu'elle le jure sur la tête de sa cousine que c'est vrai. Et ça ne vous mènera à rien de lui prouver que, de toute façon elle est déjà morte. Parce qu'elle ne vous croira pas. Ça non. Jamais.  Puis elle repartira en rasant les murs.

Ah. Parce qu'on ne vous a rien dit ? Céleste marche en rasant les murs. (En laissant un minuscule espace entre le mur et son épaule/son dos.) Et s'il n'y a pas de mur elle se colle dos aux objets. Comme pour se cacher des germes imaginaires qui PULULLENT a Asphodèle. Et là vous ne la verrez plus. Mais vous l'entendrez murmurer rapidement à propos de tout et n'importe quoi. Surtout à propos du fait qu'elle ne va pas bien, mais alors, pas bien du tout. .


Mental
Parlons maintenant de la personnalité de Céleste. Qui n'est du reste pas tant difficile à discerner, même s'il est peu probable que vous ne lui adressiez jamais la parole une seconde fois. Parce que Céleste fait peur. Ou parce que Céleste est ennuyeuse. Ou parce que Céleste pense que vous êtes contaminé par la grippe porcine à cause de votre grain de beauté près de l'oeil. Enfin, peu importe la raison, il faut bien dire que cette fille est parfois difficile à vivre voire chiante. Déjà parce qu'elle est étrange et qu'elle ne fait pas les choses comme tout le monde. Ne vous inquiétez pas, personne ne vous accuse de Célestophobie. Oubliez vos beaux principes de tolérance universel, parce que Céleste ne vous le rendra jamais. Elle ne vous aime pas. Surtout si vous êtes un enfant ou une personne âgée. Même si elle ne vous connaît pas. Même si elle ne vous a jamais parlé. Même si elle ne vous a jamais vu. Elle ne vous aime pas, parce que dans son petit monde de joyeuse hypocondriaque tout le monde est contaminé par la peste bubonique ou/et le choléra jusqu'à ce qu'elle ait établie le contraire. Non, parce que ça ne sert à rien de lui dire que vous êtes mort et que vraisemblablement plus rien ne peut vous atteindre. Mais non. Parce que ce n'est pas une excuse, la mort ! À ses yeux vous avez l'air vivant. Tout comme elle. Et si vous insistez et bien elle vous aspergera de manugel. Et là. Sans doute. Vous pourrez commencer à discuter réellement, parce que tout risque de contamination est écarté si vous ne vous êtes pas mis à brûler comme un démon qu'on aurait aspergé d'eau bénite. Cela va de soi. Mais, on pourrait parier que cette douche forcée ne vous aura pas fait forcément très plaisir et que, vous n'essaierez plus jamais d'être tolèrent avec les timbrés.

Céleste a cependant conscience que c'est une manière un  peu … Abrupte de faire connaissance. Aussi il est probable qu'elle se mette à vous suivre pendant quelques jours, à vous espionner vous et votre entourage. Simplement pour déterminer si vous êtes « à risque »,  « potentiellement dangereux » ou  « saint de l'extérieur ». Si vous appartenez à la catégorie trois, elle viendra vers vous se plaindre au moins pendant une minute, vous laissera l'approcher sans même vous jeter des pierres et des insultes, viendra vous soigner sans mettre de masque et, petit veinard, n'étalera du gel que sur votre main. (uniquement pour être rassurée au maximum.). Si vous appartenez à la seconde catégorie, sachez alors que vous n'êtes pas forcément tiré d'affaire. Simplement en sursit. Elle prendra le temps de vous espionner quelques jours supplémentaires et vous déplacera dans l'une ou l'autre catégorie. Et si jamais vous avez le malheur d'appartenir à la première catégorie, sachez que vous risquez de vous faire attaquer au détour d'une ruelle par du manugel sauvage. Elle ne signera pas son méfait non, mais vous risquerez d'apercevoir sa chevelure rouge traîner dans le coin, prête à vous asperger quelques autres fois afin de vous « désinfecter » complètement. Et ça lui coûte beaucoup. Non, parce qu'elle n'aime pas être vue et qu'elle prend le risque d'être contaminée à son tour.  Mais c'est pour se préserver d'une contamination massive.

En définitive, il est plutôt dangereux de laisser Céleste vous tomber dessus. Il vaut mieux que vous lui tombiez dessus plutôt. Parce qu'alors elle ne serait pas préparée du tout et essaierait de prendre la fuite. Et si elle ne peu pas fuir, alors peut-être que vous aurez l'occasion de lui parler « normalement. » Quoi que. Normalement, normalement, c'est vite dit avec Céleste. Sachez cependant qu'elle n'aime pas être prise au dépourvu, alors si vous souhaitez vous venger et lui confisquer son manugel, il vaut mieux agir de cette manière. Au delà de ça, on peut voir Céleste comme une personne assez timide. Bon. On ne dirait pas comme ça, mais c'est le cas. Derrière son hypocondrie se cache une jeune fille en mal d'amour et d'amitié qui ne demande qu'à faire confiance au genre humain ! … Mouais. Ou pas. À part cela, il est difficile de voir Céleste autrement que comme une folle furieuse. Si un jour quelqu'un essayait de mieux la connaître il découvrirait d'autres qualités. Dont elle n'a même pas conscience elle-même.

Même si elle n'aime pas le genre humain et les animaux pour des raisons expliqués plus haut, Céleste aime les plantes. Les plantes en pot, les arbres, les fleurs, la nature quoi. Parce que certaines plantes ont des vertus médicinales. Parce qu'elles sont la base de son alimentation. Et parce que c'est reposant, ça ne parle pas, ça ne contamine pas. Et elle s'en occupe bien. Elle leur chante de petits airs de musique classique. Parce que quand elle veut elle peut être attentionnée. Lorsqu'elle travaille, d'ailleurs, elle fait de son mieux et fait même parfois du zèle. Mais elle vous soignera très bien. Mais, attention, elle ne vous touchera pas directement, non. Elle mettra des gants, un masque et se nettoiera consciencieusement les mains avant et après toutes blessures soignées si elle ne vous a pas classée dans la section « Saint de l'extérieur ». Parce que se toucher c'est mal. Vous n'imaginez pas le nombre de germes imaginaires qu'on se transmet juste en se postillonnant dessus. Sans parler des bactéries, lors d'une franche et belle poignée de main. Non. Aucun contact physique. Aucun. Et si jamais vous y parvenez elle 1) s'évanouira ; 2) vous hurlera dessus, 3)les deux à la fois avant de s'enfuir en vous jetant des cailloux.

Au delà de ça, Céleste est une personne cultivée et futée qui connaît un nombre incalculable de synonyme du mot « pouilleux ». Tous péjoratifs. Et ce n'est pas qu'elle soit particulièrement malpolis, non, au contraire ! Elle sait parfaitement comment vous insulter de manière très polie. Elle dit bonjour, bonne journée, merci, elle s'amuse simplement à agrémenter ses phrases de petits sobriquets un peu... spéciaux? Du reste elle est capable de vous citer beaucoup de maladies et leur symptômes. Mais ça vous vous en doutiez déjà.

En définitive, Céleste n'est pas quelqu'un de forcément méchant. Elle n'agit que pour sauvegarder sa santé. Même si pour cela elle est capable du pire.



Histoire



[Liste des personnes à traîner en justice]
•La vie.

Je suis née le soir d'Halloween. À minuit pour être précise. Et je m'appelle Lachance, Céleste Lachance. Je vous jure, un nom pareil, ça ne s'invente pas.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, je ne suis pas du TOUT chanceuse. Un peu comme si la guigne elle-même faisait une fixette sur moi. Et je ne comprends pas. Non, parce que moi je n'ai jamais rien demandé à personne. Si au moins, je comprenais pourquoi le sort s'acharne sur moi. « C'est la faute à pas de chance Céleste. » C'est ce que mes parents ont l'habitude de me répondre. Mais depuis le temps je sais pertinemment que c'est le Tout puissant qui a une dent contre moi. C'est une conspiration céleste.

Des preuves ? Vous voulez des preuves ? J'en ai à revendre. La peau de banane ? Pour moi. Le pot de fleur qui tombe du premier ? Pour mon pied. La case prison au monopoly ? Pour moi. Sept fois de suite. Et ce ne sont que de petits exemples. Non, parce que le pire, quand même, c'est que je suis faible. Ou plutôt ma santé l'est. Et du coup je suis souvent malade. Je vous jure. Toujours un rhume. Toujours la grippe, même si j'ai le droit à une vaccination en bonne et dû forme de la sécu'. Et puis j'ai toujours mal au ventre. Une fois par mois. Et c'est grave. Parce que j'en saigne même. Ça ne m'étonnerai pas si un jour je finissais par crever durant cette période. Et pourtant je fais attention. Attention à tout. Aux germes, à l'origine de la nourriture que j'avale (Bio sinon rien !), je ne vais jamais dans des toilettes publics, je ne parle à personne, je ne sors pas, j'évite d'ouvrir la fenêtre pour ne pas prendre froid et pourtant je me sens toujours, toujours mal.  Moi, je vous le dis, je suis née avec le pire système immunitaire de toute la terre.

On ne peut pas qualifier ma vie de long fleuve tranquille. Et c'est d'ailleurs pour ça que je veux traîner la vie devant les tribunaux. Laissez-moi vous raconter plutôt. Alors que je n'étais encore qu'un petit fœtus dans le ventre de ma mère, les docteurs m'ont diagnostiqué une malformation cardiaque. Opérable dès la première année de vie du bébé. Je pourrai vivre presque normalement après ça. En tout cas, moi je pense que c'était un signe. Un signe du ciel que tout au long de ma vie je devrais lutter pour survivre.

[Liste des personnes à traîner en justice]
•La vie.
•Mes parents.

Concrètement si on m'avait laissé le choix je serais restée dans le ventre de ma mère. Parce que la vie ça craint. Une mère c'est juste gentille quand vous n'êtes pas encore né. Après ça vous enguirlande tout le temps. « Fais si, fais ça. Pas comme si. Pas comme ça. Tiens toi droite. Sois sage.» Un père c'est juste gentil quand on pleure pas. Quand on ne cause pas de problème. Evidemment, le propre d'un enfant, c'est tout de même de faire des bêtises, quand même. S'ils désiraient une fille parfaite, ils n'avaient qu'à acheter une poupée. C'est vrai. De nos jour on peut acheter des poupées bébés/enfants/ados/ qui pleurent, qui rient, qui font pipis, qui vont à l'école et même des poupées qui travaillent. En tout cas, il faut croire qu'ils ont retenu la leçon. Après moi ils n'ont pas réitéré l'expérience de la parentalité.

Au début de ma vie, mes géniteurs ne m'ont pas laissé sortir. Je n'ai pas été à la maternelle. Ni même en primaire. À cause de mon cœur. Ils n'avaient pas envie que je cours ou que je sois bousculée. Cela ne m'a pas particulièrement dérangée. J'étais habituée à vivre à l'intérieur. Et puis ça ne voulait pas forcément dire que je ne sortais jamais non plus. Je restais souvent avec ma mère. Elle travaillait déjà dans une pharmacie à l'époque. Je restais donc gentiment dans ses pattes. J'avais même un petit coin à l'arrière où je pouvais dessiner sans déranger personne.

Et j'aurai très bien pu continuer à étudier sagement à la maison, le restant de mes jours. Même si j'ai longtemps désiré le contraire. Mais, fallait me comprendre. Je ne connaissais rien des écoles publiques. Et dans les dessins animés ça avait l'air sympa.

[Liste des personnes à traîner en justice]
•La vie.
•Mes parents.
•L'ensemble du collège Jules Verne. (voir noms dans la liste des personnes que je déteste.)

Mais. En réalité, c'est beaucoup moins drôle que ça en a l'air. Entre ceux qui mettent le feu aux poubelles. Ceux qui s'amusent à frapper les enfants les plus fragiles. Les professeurs qui veulent qu'on leur rendre des devoirs dans des délais impossible. Les pimbêches qui décident du style vestimentaire des autres et qui proclament qu'Hello Kitty, c'est bien pour les bébés. Sans parler de l'hygiène déplorable des sanitaires dans lesquels on vous enferme à la récré... J'ai rapidement compris que le collège, ça n'était pas fait pour moi. Et j'ai bien essayé de le faire comprendre à mes parents. Vous savez comment ils sont. Ils vous regardent, feignant la compassion et vous promettent que ça ira mieux au lycée et que de toute façon ça n'est pas si grave.

Mais c'était grave. Pour moi ça l'était. J'allais mal. Très mal. Tellement mal que l'idée de me rendre là-bas me donnait la nausée. Et c'était pire de jour en jour. Le soir, je n'arrivais plus à fermer l’œil en pensant qu'une fois la nuit passée il faudrait me préparer à y retourner. Le midi, je n'arrivais plus à avaler quoi que soit. Et croyez-moi, quand après vous essayez de vous faire vomir, ça n'est pas simple du tout. J'étais mal. Tellement mal. Comme quoi, déjà pré-ado je savais que la vie en société ça n'était pas fait pour moi. Ou plutôt que la société n'était pas prête à m'accueillir.

Au fond, aujourd'hui je les comprends, fallait bien dire qu'on était beaucoup trop différent les petites racailles et moi. J'étais arrivée à l'école en pensant que tout se passerait comme dans un  film de disney. Mais dans les films de disney personne ne vous insulte en arabe parce que vous l'avez regardé un peu trop fixement. Personne ne vous enferme dans les toilettes à la récréation. Dans les films disney tout le monde chante et danse et les professeurs sont pour la plupart sympas comme tout. Personne ne dis de gros mot non plus. Et croyez moi, j'en ai tellement entendu que mon vocabulaire s'est bien enrichi involontairement. Non. Ça n'était pas leur faute, mais la faute aux médias et à la propagande télévisuelle qu'on appelle dessin animé éducatif.

La vie c'est bien plus terrible qu'on essaie de vous le faire croire à la télé. Forcément. Qui aurait envie d'évoluer dans une société qui a fait du collège une sorte d’exutoire où les plus faibles doivent se faire écraser et violenter par les plus forts, afin qu'ils se déchargent de leur agressivité primitive et en faire des hommes, des vrais. Moi ça ne me plaît pas. Même, pas du tout. Ce n'est pas très cool d'être le marche-pied de quelqu'un d'autre.


Pendant les quatre années que j'ai passé au collège,  j'ai souffert et cela se voyait. J'avais des cernes, des troubles alimentaires importants, je faisais des terreurs nocturnes, je m'étais encore plus renfermée sur moi-même. Je faisais des syncopes un peu tous les jours. J'allais de plus en plus consulter le médecin. Je manquais les cours, parfois même je séchais. Les seuls appréciations dans mes bulletins scolaires ? « Céleste brille par ses absences. » Et j'avais beau dire à mes parents et à mes professeurs ce qui n'allait pas, ils n'arrivaient simplement pas à me croire. Comme s'il était plus logique que de mauvaises fréquentations me faisaient faire des bêtises. Alors que je n'ai jamais eu de fréquentation quelle qu'elle soit avec qui que ce soit.

En troisième pourtant, tout bascula. Quelqu'un m'avait enfermé dans les sanitaires, une fois encore, plus longtemps cette fois, beaucoup plus longtemps. Pour mon anniversaire qu'ils disaient. Parce qu'après tout, nous étions alors la veille des vacances et personne ne pourrait le « célébrer ». Et personne ne vint m'ouvrir la porte à la sortie des cours. Personne. Je suppose que c'était facile de me faire passer pour pâle, puisqu'il était de notoriété publique que Céleste était souvent absente. Et je suis restée là. Enfermée dans la plus immonde des prisons. Et j'avais beau frapper personne n'était venu. Personne. Ma mère alarmée de ne pas me voir rentrer à la maison à l'heure s'est sans doute mise à paniquer. Jamais je n'avais été en retard. Et je ne sais pas comment ils ont bien pu finir par me retrouver, là, coincée, mais je savais que l'heure du dîner était passé et que, j'avais eu l'impression d'avoir passé une éternité dans l'endroit le plus odieux et pestilentielle du monde.

[Liste des personnes à traîner en justice]
•La vie.
•Mes parents.
•L'ensemble du collège Jules Verne. (voir noms dans la liste des personnes que je déteste.)
•La télévision
•Le coiffeur rue des acacias.

Quoi qu'il en soit, cet événement traumatisant marqua la fin de mon calvaire. Il fut décidé que je passerai le reste de mon année à étudier à la maison. Que je passerai mon brevet avec les autres élèves du collège, tout en allant consulter une psychologue. Mes parents, bien trop désolés de ne m'avoir pas cru et des conséquences que cela avait engendré ne me forcèrent pas à fréquenter un lycée. Non. Ils me laissèrent suivre des cours par correspondance. Ils m'imposèrent quelques petites choses, cela dit. Histoire que je ne devienne pas une inadaptée sociale. Je me devais d'aller rendre visite à ma cousine au moins une fois par semaine. Il semblait qu'elle avait quelques petites difficultés à s'intégrer elle aussi. Comme quoi, c'était dans nos gênes tout ça.

Ma cousine... Dont le nom m'échappe étrangement était cependant difficile à suivre... Nous étions très différentes toutes les deux. Elle était minuscule et moi, je dépassais allégrement le mètre soixante-dix. Elle était bruyante et expressive. J'étais discrète et ma capacité à exprimer mes émotions visiblement défaillante. Elle aimait jouer à des jeux de guerre. J'aimais lire et parcourir doctissimo un verre de lait chaud à la main. Elle c'était Rambo et moi... Austin Powers, la poisse en plus. C'était elle qui décidait ce qu'on faisait et comment. Presque toujours. Et c'est même à cause d'elle qu'aujourd'hui j'ai les cheveux rouges. Et pourtant, au début ça n'avait pas eu l'air si terrible que ça. Ah, ça, il m'a bien eu le coiffeur de la rue des acacias. Avec ses produits bio et révolutionnaires. Une pause d'une heure pour un résultat parfait. Il nous avait promis un brun chocolat absolument délicieux. Qui ne craquerait pas pour un chocolat absolument délicieux ? Quand il nous a rincé, on s'est retrouvé avec les cheveux écarlates. Ma cousine a trouvé le résultat superbe. Ça allait sans doute faire flipper ma tante et les gens qui la traitaient de crevette selon elle. Moi, j'ai simplement pleuré. Et ma mère, ça l'a fait marrer. Fichue vie. Et c'est à cause du coiffeur que je m'étais décidée. Après le lycée je ferai des études pour être avocate. Et je traînerai le monde entier devant le tribunal.

[Liste des personnes à traîner en justice]
•La vie.
•Mes parents.
•L'ensemble du collège Jules Verne. (voir noms dans la liste des personnes que je déteste.)
•La télévision.
•Le coiffeur rue des acacias.
•Lucien le pharmacien.

Je ne sais pas exactement quand je me suis mise à être... Vous savez... Un tout petit peu obsédée par l'hygiène et les maladies. Bon, j'essaie de rester discrète à ce sujet, donc peut-être que vous ne l'avez pas remarqué... Toujours est-il que ma psychologue pense que c'est en partie à cause de  l'influence  de mon père, qui se voulait positive au début. Vous savez, avec un père médecin et une mère pharmacienne on finit par intégrer bien vite qu'il faut se frotter les mains au moins trente secondes entières, dans un ordre précis pour que le lavage de main soit efficace. Je vous assure que mon père vérifiait au début que je me lavais les mains correctement il allait même jusqu'à me chronométrer. Et je ne le remercierais jamais assez. Ensuite. Le fait d'avoir été enfermé dans des sanitaires publics, utilisés par des pré-adolescents m'a quelque peu... traumatisé. Quand je ferme les yeux je revois encore ces murs couverts de graffitis, ces tampons usagés débordant des poubelles, des toilettes bouchées, de l'odeur et des savons inexistants. Si vous aussi vous aviez été enfermé dans un endroit comme celui-ci pendant presque trois ans, je pense que vous aussi vous ne vous en seriez jamais sorti indemne. Quant à cet intérêt soudain pour les germes et les maladies ? Je dirais que c'est la faute d'internet et de la télévision.

On s’ennuie un peu quand on reste à la maison toute la journée. Et depuis l'épisode du collège je n'ai plus jamais regardé Disney Channel et leur bande d'acteurs-menteurs. J'ai commencé à regarder des émissions. Sur la santé. Parce que c'est important d'être en bonne santé. Et je suis allée regarder sur wikipédia et doctissimo pour, disons approfondir mes connaissances. Une activité très saine selon moi... Et, malgré les suggestions de ma psychologue je ne me suis jamais arrêtée de regarder. Et une fois que vous apprenez la vérité sur certaines choses vous ne voyez plus jamais le monde de la même manière. Rien que PRENDRE le métro vous fait peur. Et pour cause. Des millions de virus, de germes et de bactéries flottent dans l'air, impatients de prendre d'assaut votre corps. J'ai tout naturellement commencé à faire attention. À tout. À ma nourriture, à la qualité de l'air, à la propreté des choses. Je n'ai jamais pu remettre la main sur une poignée de porte, par exemple, à cause du reportage de la 77. Jamais. Selon moi, ça n'était pas un problème. Je faisais simplement attention à mon environnement. Malgré tout mes efforts je tombais malade. Surtout après avoir touché des choses accidentellement.

Et cela a empiré avec le temps. Il faut croire que faire attention ne suffisait pas. Plus les années passaient plus je sentais le besoin d'aller consulter. Parce que j'étais mal. Très mal vous voyez. On ne peut pas contrôler totalement son habitat. Marcher dans la rue me donnait des boutons. Ouvrir la fenêtre de ma chambre me faisait attraper un rhume. J'avais des crampes d'estomac terrible sans raison apparente. Pourtant moi je savais que j'allais mal. Très mal. Et même si mes check up dans tous les hôpitaux du département m'ont dit le contraire, moi je le savais. J'étais mal. Très mal. J'avais peut-être attrapé un cancer invisible à l’œil nu. J'étais à l'article de la mort. J'en étais persuadée.

Et. Après. Je ne me souviens pas de grand chose. Je devais aller voir la pharmacie où travaille ma mère. Des marmots avaient envahi le métro. Ils m'avaient toussé dessus. Et c'était grave parce que je n'avais plus de manugel... Je  sais que je suis allée au pas de course chercher de quoi me désinfecter. Ma mère n'était pas à la caisse. C'était le nouveau. Lucien. Je lui ai demandé  très aimablement un carton de manugel. Des pansements. Des bandages. La totale... Bah oui. J'étais sur le point de mourir ! Il ne se rendait pas compte, non. Il ne se rendait pas compte que le marmot allait me faire mourir. J'hémorrageais de l'intérieur. Il ne comprenait pas. Selon lui je n'avais pas besoin de tout ça. Qu'est-ce qu'il en savait après tout ? Hein ? Il n'était que pharmacien. Alors je me suis servie. Parfaitement. Servie. Un presque vol, parce que j'aurai fini par rembourser ma mère. J'ai voulu sortir de la pharmacie. Et puis. Rien.



[Liste des personnes à traîner en justice]
•La vie.
•Mes parents.
•L'ensemble du collège Jules Verne. (voir noms dans la liste des personnes que je déteste.)
•La télévision.
•Le coiffeur rue des acacias.
•Lucien le pharmacien.
•Le directeur d'Asphodèle.

Je pense qu'ils m'ont enfermé à Guantanamo. Un truc dans le genre... Mais ils se trompent. C'est un vol de rien du tout. Je vois même pas pourquoi ils m'ont enfermé dans un autre pays. Parce que moi je suis sûre qu'on est plus en France. Vu la tronche des habitants. C'est pas normal d'être ici. Alors moi j'essaie de me renseigner. Mais personne ne veut me répondre. Ils disent que je suis déjà morte, que nous sommes déjà tous mort, mais vous savez quoi ? Je pense que c'est faux. Une conspiration. Ou une erreur magistrale. Qu'ils ont créé cet endroit pour enfermer les gens gênant et qu'ils vont finir par nous gazer tous, comme les nazis. Moi je vous le dis. Si on ne fait rien on va tous mourir. Non ! Arrêtez ! Croyez-moi ! Puisque je vous dis qu'on va tous mourir !



         
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MessageSujet: Re: Céleste Lachance – «Puisque je vous dis qu'on va tous mourir !»    Mer 06 Aoû 2014, 22:24

Félicitation
Vous êtes officiellement validée ♥ BHA. C'est quoi ça. Pourrie de rien du tout, elle est mûre et toute belle ta présentation. TSK TSK. Sinon. Ben. C'était bien. Voilà, c'est dit. Déjà tu écris bien - mais ça je le savais déjà - et ton style est tout frais tout agréable à lire. J'adore Céleste. Elle est très attachante, c'est un personnage adorable à lire et à découvrir ; tu l'as bien rendue, je trouve, et lui a fait justice comme il se doit. Elle serait fière de toi. BJ Enfin j'espère pour toi. Sinon fais lui un procès.
Donc tadadam, tu es validée ! Bienvenue à Céleste au royaume des germes ♥

Tu peux dès à présent recenser ton avatar, ton métier et demander une chambre pour t'en faire un petit nid douillet. Tu peux également poster une demande de RP ou créer ton sujet de liens. Tu arriveras dans la pièce Ouest.

VA FAIRE LA FÊTE PETITE FOLLE.
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Céleste Lachance – «Puisque je vous dis qu'on va tous mourir !»

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