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 Terminus ; tout le monde descend.

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MessageSujet: Terminus ; tout le monde descend.   Mer 12 Juil 2017, 19:04

Je vous aime, je vous aime, je vous aime.

N'oubliez pas ?

Noir sur noir sur noir, Hilde, yeux clos, retint un gémissement de douleur. Il n'y avait rien au monde qui lui ait déjà fait ressentir quelque chose d'aussi poignant ; une déchirure si intense qu'elle crut, littéralement, en mourir. Ça courait dans ses os et sa chair, lui électrifiait les sens. Un instant elle était comme prise au piège d'une prison de glace lui refusant le moindre mouvement et la suivante, sans transition aucune, elle avait l'impression d'être plongée au cœur d'un volcan de lave en fusion. Ça faisait mal. Peur. Elle était déboussolée, perdue, désorientée, sans le moindre moyen de reconnaître le haut du bas ou même de savoir si oui ou non elle était éveillée, endormie, morte, en vie. Rien n'allait. Des milliers de voix se répercutaient dans sa tête en stéréo, comme une chaîne hi-fi mal réglée ; et elle avait beau les reconnaître, parvenir à mettre des noms et des visages dessus, ils s'enfuyaient aussitôt plus loin que sa main tendue n'aurait su aller pour les atteindre. Ils s'en allaient. Sa mémoire s’effritait. C'était comme se sentir tomber en morceaux, assez littéralement.

Inutile de dire que ce n'était pas agréable du tout.

« Uhhhh... »

Recroquevillée sur elle-même en position fœtale, la jeune femme sentit une larme rouler le long de sa joue avant même d'avoir réussi à entrouvrir les yeux. Le blanc de l'endroit lui grilla les rétines ; paupières entrouvertes, elle étouffa un gémissement entre ses lèvres mordues. Ça faisait mal. Elle avait toujours peur. Il y avait comme une sensation étouffée dans son estomac qui lui susurrait que rien n'irait plus jamais comme elle le souhaitait ; un trou béant dans sa petite tête blonde qui l'empêchait de s'accrocher au peu de souvenirs qui lui restait. Elle aurait à peine été capable, après réflexion, de donner son nom. Ce furent ses réflexes qui sauvèrent son identité.
Qui t'es ? Hilde. Je suis Hilde.
C'était venu tout seul quand elle s'était posée la question, comme la plus simple et banale des évidences. Pourtant, à répéter ce mot dans sa tête – Hilde, Hilde, Hilde – il perdait de plus en plus son sens et sa substance. C'était étrange, de se sentir à ce point étranger à soi-même. Elle avait la drôle de sensation d'être dans une pièce de théâtre et de ne pas réussir à rentrer convenablement dans son rôle.
Bras pliés sous elle pour mieux la redresser, elle laissa sa tête dodeliner. Il n'y avait rien de familier dans le blanc éclatant des murs, dans le vide inquiétant des lieux. Rien que des choses qu'elle ne pensait jamais avoir vu et la certitude vague qu'elle n'aurait pas dû être là. Qu'elle n'avait rien à faire là.
Mais là où, et pourquoi ?

A genoux, mains posées devant elle, la jeune femme plissa les yeux pour tenter de déterminer les contours de la pièce. Pas de porte à l'horizon. Pas de quoi que ce soit à l'horizon, en fait.
Faisant de son mieux pour réprimer la vague de panique qui menaçait de la faire chanceler à tout instant, elle inspira bien fort et s'évertua à chasser de son esprit toute théorie foireuse sur le pourquoi du comment de sa présence ici. Ce n'était pas le moment. Elle y réfléchirait... Plus tard. Voilà. Plus tard, ça semblait bien. Rien de mal n'allait lui arriver.
Redressée sur ses deux pieds, pas plus en équilibre qu'un jeune faon, elle posa sur les murs un regard implorant.

Et maintenant quoi ?

___________________________________________________


« I over-communicate and feel too much ;
I just complicate it when I say too much.
I laugh about it, dream about that casual touch -
Sex is fire, sick and tired of acting all tough.
I'm hooked on all these feelings ; I know exactly what I'm feelin'.
This love asylum, like an island, just me and you.
Spent the night, you got me high -
Oh, what did you do?

I'm hooked on all these feelings.»

Going ‘round in circles ‘til my heart is lost :
 
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